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Après un été marqué par la poursuite du rebond initié en mars, la rentrée de septembre aura confirmé la bonne tenue des actions. Sans parvenir à maintenir leur rythme de progression, ce qui pouvait aisément s’imaginer, les indices européens s’adjugent 3,5 %. L’anniversaire à la mi-septembre de la faillite de la banque Lehman Brothers laisse aux marchés l’impression d’avoir traversé un trou noir où les valorisations avaient perdu tout sens. Un trou noir dont les entreprises seraient en train de sortir, retrouvant un niveau comparable à celui précédant cette faillite, soit au-delà de 4.000 points pour l’indice CAC 40. En recul significatif de 30 % sur les sommets de l’été 2007, ce niveau était alors justifié par la dégradation des économies et par les perspectives assombries des entreprises. Le réveil est étonnant. Il a pris de court la plupart des investisseurs et des professionnels des marchés. Les placements sans risque n’assurant pratiquement plus aucune rémunération, les investisseurs retrouvent le goût du risque et soutiennent les marchés obligataires comme les marchés d’actions. Ceux qui attendent une correction pour revenir significativement le font en vain, car pour l’instant chaque début de consolidation se transforme, avorté, en séquence haussière. Il faut dire que d’autres sonneries viennent de retentir aux oreilles des investisseurs : les annonces d’opérations financières. Alors que les rapprochements d’entreprises dans cette période noire ne visaient, à l’exemple de l’automobile, qu’à la survie pure et simple du secteur, les annonces d’opérations stratégiques de conquête de parts de marchés ou de zones géographiques se multiplient à un rythme effréné depuis la rentrée.
Kraft Foods, connu du grand public au travers de ses marques de café (Carte Noire, Jacques Vabre, Grand-mère, Maxwell) et de chocolat (Milka, Côte d’Or, Suchard, Toblerone, Daim) lance une offre de 11,7 milliards d’euros sur Cadbury. Le groupe souhaite mettre la main sur les chewing-gums (Trident, Hollywood, Clorets ou Stimorol), sur les chocolats (Poulain) et les nombreux bonbons et autres friandises de son concurrent.
En Angleterre, ce sont les géants France Telecom et Deutsche Telekom qui décident d’unir leurs filiales Orange et T-mobile UK, sous la marque Orange, pour créer une entreprise commune dans le mobile et prendre la tête de ce marché face à Vodafone. Vivendi envisage d’acquérir l’opérateur téléphonique brésilien GVT pour 2 milliards d’euros (prime de 16 %).
Plus près de chez nous, Qatari Diar apporte sa filiale Cegelec contre une entrée au capital de Vinci, devenant même le premier actionnaire du groupe après les salariés au travers des fonds d’épargne.
Aux Etats-Unis, les studios Disney « recrutent » les super héros de Marvel (licences Batman, Spider-Man, X-Men, Hulk, Iron Man) pour 4 milliards de dollars (prime de 29 %). Dell fait une offre sur Perot Systems de 3,9 milliards de dollars (prime de 67,5 %) tandis que Xerox met la main sur ACS (externalisation informatique) pour 6,4 milliards de dollars (prime de 34 %) et qu’Adobe, le géant des logiciels, propose aux actionnaires d’Omniture 1,8 milliard de dollars (prime de 45 %) pour en prendre le contrôle. Le retour des opérations financières est un facteur de soutien majeur aux valorisations des actions. D’une part, elles permettent aux entreprises de dégager des synergies qui viennent renforcer leur rentabilité. D’autre part, les primes que sont prêtes à payer les entrepreneurs pour prendre le contrôle de leur cible apportent, tel un diapason, un prix de référence aux marchés pour chaque secteur de l’économie.
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