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  • Boursorama le 18/06/2008 à 06:00

Riskedge : « Une politique de couverture du change permet de diminuer la volatilité du résultat »


Avec l’appréciation très forte de l’euro par rapport au dollar, la gestion du risque de change est devenue un enjeu crucial pour nombre d’entreprises estime Jean-Nicolas Hutin, directeur général du cabinet Riskedge, une société de conseil lyonnaise qui aide les entreprises à gérer leurs risques financiers (taux, change, crédit etc.).

Quel est l’impact du risque de change, en particulier de la forte appréciation de l’euro par rapport au dollar, sur l’activité des entreprises françaises ?

Jean-Nicolas Hutin : Une entreprise qui ne gère pas son risque de change subit de plein fouet la volatilité de la devise sur son résultat. Au contraire, une entreprise qui se couvre, n’annulera certes pas son risque de change mais diminuera fortement cette volatilité. Prenons l’exemple d’une entreprise réalisant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dont 20% à l’export en zone dollar, soit un total d’environ 300 millions de dollars par an. Depuis un an, la devise américaine a baissé de 15% par rapport à l’euro en passant de 1,34 à 1,54. Si cette entreprise ne s’est pas couverte sur cette période, elle a vendu ses dollars en moyenne à 1,45, soit une perte d’environ 17 millions d’euros par rapport au cours de 1,34.

Et si l’entreprise avait mis en place des dispositifs de couverture de change, combien aurait-elle pu économiser ?

J-N.H : D’après notre expérience sur les douze derniers mois, elle aurait pu diviser cet impact par deux ou trois et subir une perte de change comprise entre 0 et 9 millions d’euros.

Comment les entreprises se couvrent contre ce risque ?

J-N.H : La couverture du risque de change s’effectue à plusieurs niveaux. D’abord, les plus grosses entreprises se dotent d’une politique générale de couverture selon la nature de leurs flux, afin d'intervenir sur les marchés de change au bon moment en cohérence avec leurs objectifs. Les sociétés du Cac 40 sont pour la plupart équipées de dispositifs de type salle de marchés pour gérer le risque change.

A quel autre niveau les entreprises gèrent-elles ce risque ?

J-N.H : Beaucoup d’entreprises réfléchissent à un deuxième niveau de type industriel et qui aurait des effets concrets sur l’emploi en Europe. Il s’agit de mieux ventiler ces risques en implantant des unités de production en zone dollar par exemple si une partie de la production est vendue dans cette devise. A titre d'illustration, Airbus, donc EADS, réfléchit à délocaliser hors zone euro une partie de la fabrication de l’A350.

Qui sont vos principaux clients ? Que leur conseillez-vous ?

J-N.H : On travaille avec des entreprises qui font plutôt entre 100 millions et 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et qui subissent la volatilité croissante des marchés. Ajoutons que les produits de couverture à disposition des entreprises sont aujourd’hui plus complexes qu’il y a quinze ans. Nous sommes à la fois des experts et des techniciens des marchés : nous apportons à nos clients les services d'une salle de marché sans qu’ils aient besoin de mobiliser en interne des ressources coûteuses.

Comment voyez-vous évoluer la parité euro/dollar dans les mois qui viennent ?

J-N.H : Nous venons de connaître un an de baisse ininterrompue du dollar dans un contexte où le Américains s’en accommodaient. Le discours s’est toutefois infléchi ces dernières semaines. La FED et l’administration Bush sont montées au créneau. Ben Bernanke s’est publiquement déclaré préoccupé par l’inflation et laissé envisager une probable hausse des taux. L'effet de cette déclaration a été annulée par celle de Jean-Claude Trichet ouvrant la voie à une hausse des taux de la BCE, ce qui a conduit l’euro vers de nouveaux sommets. La FED semble néanmoins déterminé à ne pas laisser filer le billet vert. Par conséquent, nous pencherions plutôt pour un scénario d’appréciation du dollar par rapport à l’euro plutôt que l’inverse.

Propos recueillis par Julien Gautier



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Nikkei 225 9932.90 -0.19% 9876.61

Feb 10 CAC 40 Index (10 3647.50 +1.11%
Mar 10 E-MINI NASDAQ 10 1755.25 +1.20%
Mar 10 S&P 500 1070.50 +1.38%

Libellé Dernier Var.
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OK


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