« Le secteur de l?immobilier coté, en Europe, est injustement déprécié. » C?est ce qu?affirme Pierre Dinon, responsable de la gestion des fonds d?action d?AllianzGI France. « Lorsque l?environnement économique est hostile, comme il l?a été en 2008 et fin 2011, l?immobilier coté apparaît aux yeux des investisseurs comme un secteur financier, avec l?idée que les foncières confrontées au mur de la dette, ne pourront pas honorer leurs échéances. C?est une vision qui nous semble excessive. Aujourd?hui, la décote de l?immobilier coté, qui tourne autour de 25 à 30 %, n?est pas justifiée », précise-t-il, prenant soin de rappeler « que les multiples de résultats (cash flow) demeurent à des niveaux raisonnables ».
Confiant dans ce secteur, le partisan de l’immobilier coté ne manque pas d’arguments pour faire valoir le caractère défensif des foncières européennes. En premier lieu, leurs rendements « solides et récurrents, de l’ordre de 6 % en zone euro ». « Les fondamentaux sont là », assure Pierre Dinon, qui liste tour à tour les taux d’occupations élevés (de l’ordre de 95 % en 2011), les baux de longue durée (supérieurs à 5 ans), signés avec de grands groupes, les actifs de qualité, l’indexation ayant un impact positif sur les loyers...
En plus d’être créatrices de valeurs, les foncières ont aussi mis en place d’importantes politiques de désendettement, revenant à des niveaux de loan-to-value de l’ordre de 45%. « Leur endettement est raisonnable et géré activement, assure le responsable. Les foncières ont aussi démontré qu’elles étaient capables de lever d’importants capitaux », ajoute-t-il, faisant référence aux dernières émissions obligataires émises avec succès par Gecina (650 M€), Mercialys (650 M€) ou encore Unibail-Rodamco (750 M€). Enfin, les foncières cotées tendent à rassurer, par la mise en œuvre de stratégies actives créatrices de valeur, vues ici sous l’angle de la consolidation. « Quelques opérations récentes illustrent ce phénomène : le recentrage du britannique Hammerson sur les centres commerciaux, l'opération de croissance externe d’Icade qui se rapproche de Silic, ou l'entrée de l’américain Simons Property au capital de Klépierre », cite en exemple Pierre Dinon, qui recommande une nouvelle fois, et plutôt deux fois qu’une, ce secteur.
Source : Business Immo