BULLETIN DU MATIN: 14 juin 2011 14/06/2011 08:00
Les Bourses européennes devraient tenter une avancée
ACTIONS
Les places boursières européennes pourraient ouvrir dans le vert mardi, mais la région est toujours confrontée à son problème de dette souveraine, ce qui pourrait limiter l'appétit pour le risque.
IG Markets prévoit que le FTSE ouvrira en hausse de 12 points, à 5.785 points, tandis que le DAX prendrait 21 points, à 7.106 points, et le CAC 3 points, à 3.811 points.
"Dans l'immédiat, le marché est clairement préoccupé par l'issue du débat sur la dette grecque", observe Lloyds Bank Corporate markets.
"Il est clair que les enjeux sont importants cette semaine", ajoute Simon Derrick, chez Bank of New York Mellon. "Si l'Eurogroupe ne parvient pas à trouver un accord applicable d'ici la fin de sa réunion [de mardi], alors le risque de voir ce que Wolfgang Schaeuble décrivait la semaine dernière comme le premier défaut désordonné en Europe deviendra réel."
Les contrats à terme américains sont orientés à la hausse mardi. L'indice Dow Jones a gagné un peu de terrain lundi, grâce à l'activité de fusions-acquisitions. Les craintes d'ordre économique, à l'origine de six semaines consécutives de baisse, ont toutefois entretenu un climat de prudence et pesé sur le secteur technologique.
Les places boursières asiatiques progressent mardi, les pertes initiales ayant été balayées grâce à la publication en Chine de statistiques montrant une inflation conforme aux attentes et une production industrielle légèrement supérieure aux prévisions.
OBLIGATIONS
Les prix des emprunts d'Etat européens devraient être stables en début de séance, alors que le marché attend la réunion de l'Eurogroupe sur la Grèce mardi.
"Le potentiel de baisse devrait être limité, car les investisseurs continuent d'acheter sur repli dans le contexte actuel d'incertitude sur la Grèce", estime un opérateur. La crainte que les divergences politiques entraînent un report de l'aide continue de miner le moral des investisseurs.
Sur le front des statistiques, les chiffres de l'inflation britannique ne devraient pas montrer d'évolution en mai. La Banque d'Angleterre s'attend à ce que le taux d'inflation atteigne environ 5% cette année, mais peu d'économistes anticipent une accélération avant fin 2011.
Les prix des emprunts du Trésor américain se replient mardi. Ils ont reculé lundi, les investisseurs ayant décidé d'empocher leurs bénéfices après le récent mouvement de hausse. Le marché semble cependant enclin à repartir sur une phase ascendante, comme le laisse apparaître le rendement de l'emprunt de référence à dix ans, qui est resté en deçà du seuil psychologique des 3% lundi et lors des huit séances précédentes.
"La question est de savoir si les chiffres de cette semaine souligneront la crainte croissante d'un ralentissement aux Etats-Unis et entraîneront une baisse des rendements", explique Christian Cooper, qui dirige le négoce de dérivés libellés en dollars chez Jefferies & Co. à New York.
CHANGES
L'euro gagne du terrain mardi, les investisseurs ayant décidé de faire fi de la décision de Standard & Poor's de déclasser la note de la dette souveraine de la Grèce au niveau le plus bas du monde pour se concentrer sur la probabilité que les dirigeants de la zone euro parviennent à un accord pour éviter un défaut du pays.
"L'Europe s'en sortira à la fin et fera ce qu'il faut pour ne pas perturber exagérément les marchés", estime Alan Ruskin, directeur de la stratégie de changes pour le G10 chez Deutsche Bank à New York.
La tendance demeure toutefois prudente, ajoute-t-il. Certains investisseurs continuent de craindre un défaut de la Grèce, tandis que d'autres se focalisent sur le ralentissement de l'économie américaine et les statistiques mondiales, redoutant qu'ils ne signalent un affaiblissement plus marqué de la croissance.
Compte tenu de l'arrivée à échéance du programme d'assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale, des craintes à l'égard de la Grèce et du ralentissement économique mondial, "l'appétit pour le risque devrait être très limité", note A. Ruskin.
Cela devrait limiter la progression des devises à rendement élevé telles que l'euro, ainsi que celle des actions américaines.
PETROLE
Les cours pétroliers s'inscrivent en baisse mardi en Asie, pénalisés par la décision de Standard & Poor's d'abaisser la note de la dette souveraine de la Grèce et par le ralentissement de l'économie chinoise, indiquent des analystes.
Vers 7h00, le contrat sur le brut léger doux pour livraison en juillet coté au Nymex, perdait 12 cents, à 97,18 dollars le baril. A 6h00, le Brent de mer du Nord pour livraison en juillet cédait 17 cents, à 118,93 dollars.
Selon un rapport de Phillip Futures, les cours pétroliers ont pâti pendant la séance asiatique de la baisse de la note de crédit de la Grèce et des signes de ralentissement de l'économie chinoise, qui ont engendré des craintes de ralentissement économique mondial.