Article Le Monde Economie
09/05/2012 à 10:03
Solvay, une fusion qui a tenu ses engagements
LE MONDE ECONOMIE | 09.05.2012 à 09h23
A Londres, le 24 avril, Jean-Pierre Clamadieu a tenu la première grand-messe d'investisseurs pour présenter le nouveau groupe Solvay et sa stratégie. Juste un an après une OPA surprise du belge Solvay sur le français Rhodia pour un montant 3,4 milliards d'euros (6,6 milliards en incluant les dettes).
Une opération amicale dans un secteur, la chimie, qui souffre de sa sensibilité aux cycles économiques. M. Clamadieu, qui avait redressé Rhodia, et Christian Jourquin, le président exécutif de Solvay, avaient promis le 4 avril 2011 : "Nous ne sommes pas des sauvages, il n'y aura pas de restructuration majeure."
Jusqu'ici, ils ont tenu parole. Ce qui n'est pas si courant dans les concentrations industrielles en période de ralentissement économique. Le nouveau groupe, désormais numéro trois européen de la chimie derrière l'allemand BASF (premier mondial, hors pays émergents) et le néerlandais Akzo Nobel (sixième mondial), profite d'une amélioration de ses ventes au premier trimestre 2012 par rapport à une fin 2011 en berne.
Devant les investisseurs, M. Clamadieu a fixé un objectif d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 3 milliards d'euros en 2016, soit 50 % de plus que les 2,01 milliards de 2011.
POLYMÈRES DE HAUTE PERFORMANCE
Les moteurs de la croissance du groupe seront les polymères de haute performance, la chimie pour la grande consommation (additifs alimentaires, détergents, etc.) et les silices et terres rares. Ces trois activités représentent déjà 44 % de son chiffre d'affaires et plus de la moitié de ses profits.
La croissance interne passera par des investissements dans l'innovation et "l'augmentation des capacités de production dans les régions à forte croissance"... c'est-à-dire hors d'Europe. Ces régions, essentiellement l'Asie et le Brésil, représentent 40 % du chiffre d'affaires du chimiste européen.
Des acquisitions devraient également être au programme de Solvay qui compte 30 000 salariés dans 55 pays. Ses points faibles viennent notamment de son exposition au secteur du bâtiment pour lequel il produit du PVC.
Le nouveau groupe, coté à la Bourse de Paris depuis janvier, espère pouvoir intégrer rapidement l'indice CAC 40. Une prétention légitime au regard de sa capitalisation boursière qui atteignait 7,8 milliards d'euros le 4 mai. Ce qui placerait Solvay au 31e rang des valeurs du principal indice de la Bourse de Paris, derrière Alstom et devant Publicis.
Jean-Baptiste Jacquin