Bienvenue au krack ! - Août 2010
Ceci nest pas une incitation à visiter le krak des Chevaliers en Syrie ; ce nest pas non plus la bande-annonce du prochain film de Dany Boon sa sortie est prévue en février 2011, à Hirson dans le Nord ; ce nest pas non plus une prédiction une de plus dun nouvel effondrement des marchés financiers, laissant cela à Roubini et autres « Black Swan ».
Tout le débat entre les « bull » et les « bear », les haussiers et les baissiers, cest laffrontement entre les tenants de linflation et de la déflation, entre ceux de la reprise en V et du « double-dip » meurtrier.
Les indices se baladent depuis 4 mois entre 3300 et 3800 pour le CAC 40, et larchitecture est la même pour les autres grands indices mondiaux. Après plusieurs aller-retours entre ces deux bornes, il va falloir choisir une sortie par le haut ou vers le bas. Cest parti.
Si les conditions du « krack à la hausse » sont réunies, ce sont les suivantes :
le marché monétaire est autour de 1% et destiné à rester bas aussi longtemps que la reprise en cours ne sera pas assise et que le chômage restera à des niveaux élevés, insupportables ;
la perception des opérateurs et le sentiment des épargnants sont manifestement négatifs vis-à-vis des investissements à risque, en particulier les actions cotées ;
les marchés obligataires, de ce fait, jouissent dun « nirvana » pour le moins suspect, aggravé dun doute à propos des achats de soutien des banquiers centraux ;
les sociétés industrielles, commerciales et même financières semblent sortir de la crise plus fortes et avec des trésoreries reconstituées, des plans dexpansion naturellement orientés vers les pays en développement requinqués ;
les rendements payés en 2010 sur les actions battent ceux payés par les obligations, de manière significative. En France, cest 4,10% pour le CAC contre moins de 3% pour les obligations souveraines à 10 ans ; au Japon, cest 2,20% contre 1,20%. Spectaculaire.
les valeurs à la casse des actions sont au-dessus des capitalisations boursières dans de nombreux cas. Cest le cas sur le tiers des valeurs du CAC 40, mais aussi de la moyenne des sociétés cotées au Kabuto-Cho. Une situation inédite.
Dexia, une grosse ligne de Valfrance et de Prigest Participatifs, cotait début juillet la moitié de sa valeur intrinsèque (NAV book value). Ce qui explique sans doute le rattrapage brutal de 40% en un mois, un petit krack à la hausse des valeurs financières, assassinées non sans raison pendant deux ans, et interdites de séjour dans les portefeuilles institutionnels.
Last but not least, les opérations financières sur certaines sociétés se font jour à nouveau, les prédateurs reprenant la chasse aux bonnes affaires.
Inutile de répéter que cest par la santé des sociétés privées, désendettées, assainies, restructurées et profitables que léconomie globale trouvera son salut.
Les intervenants qui sont restés avec leur montagne de cash, rémunéré misérablement, viendront tôt ou tard rejoindre les artisans du krack à la hausse Welcome to the Club!
Christian Cambier