Avec 6% de rendement moyen
(hors SCPI fiscales) en 2009
selon les dernières statistiques publiées
par lAssociation française
des sociétés de placement immobilier
(Aspim) et lInstitut de lépargne
immobilière et foncière (IEIF),
les SCPI prouvent encore une fois
leur solidité aux yeux des investisseurs
particuliers. Battant la plupart
des placements, y compris
lassurance-vie en euros, la pierre
papier confirme ainsi sa réputation
de produit de rendement. Un statut
quelle occupe depuis vingt ans
avec des rendements annuels sur
cette période oscillant entre 5%(en
1994) et 8% (en 1999).
Un attrait indéniable
«Rendement élevé, faible volatilité
et risque diversifié, les SCPI
constituent un placement de rendement
relativement sécurisé », précise
Daniel While, analyste à lIEIF.
Comment ? En permettant, via
lachat de parts de sociétés civiles
de placement immobilier dont
lobjectif est lacquisition et la gestion
dun patrimoine immobilier
locatif, dinvestir dans la pierre de
manière beaucoup moins coûteuse
quun achat immobilier traditionnel.
«Lannée 2009 a confirmé les
qualités intrinsèques des SCPI, qui
font bénéficier leurs associés dun
accès optimisé à linvestissement
immobilier. Maintien des revenus,
bonne tenue du marché des parts,
stabilité du rendement : les principaux
indicateurs de ces fonds immobiliers
témoignent de leur attractivité
continue », indique Patrick de
Lataillade, président de lAspim.
Exception faite des frais de souscription,
qui représentent en règle
générale de 5% à 12% du montant
investi. Seule solution pour les
amortir, concevoir ce placement
dans une optique de long terme.
Cest-à-dire conserver ses parts au
moins dix ans.
Oubliée, donc, la légère déception
de 2008 avec « seulement »
5,74% de hausse, les SCPI continuent
à jouir de la faveur des investisseurs
particuliers. En atteste une
collecte globale de 869 millions
deuros, en léger recul par rapport à
lannée précédente. Et un marché
secondaire qui, lui aussi, se porte
bien avec quelque 385 millions
deuros de transactions, en augmentation
de 11,3%.
Les SCPI Scellier en vedette
Pour autant, si le succès de ce
placement ne se dément pas, ce
sont les SCPI spécialisées dans le
logement qui tirent leur épingle du
jeu, enregistrant en 2009 une collecte
historique de 490 millions
deuros. Soit une hausse de 201%
par rapport à 2008. Principales responsables
de cette augmentation
sans précédent, les SCPI Scellier,
rendues attrayantes par lavantage
fiscal quelles proposent, constituent
à elles seules 95% de la collecte
totale. «En achetant des parts
de SCPI Scellier plutôt que des appartements
entiers, on peut ainsi
mobiliser une somme modique
pour linvestir dans un patrimoine
immobilier vaste avec un risque diversifié,
et géré par des professionnels.
Cest la force de la mutualisation
», analyse Daniel While.
Car, à limage du dispositif Scellier
classique, les personnes physiques
qui souscrivent au capital initial
ou aux augmentations de
capital dune SCPI bénéficient
dune réduction dimpôt étalée sur
neuf ans et égale à 25% du prix
dacquisition. Et ce dans la limite
de 300.000 par an. Ce taux de
réduction passe à 20% pour les investissements
réalisés en 2011 et
2012. Un avantage fiscal dautant
plus séduisant quil est accordé au
titre de lannée de souscription des
parts et non à compter de la date
dachèvement de la construction,
comme cest le cas lors dun achat
Scellier en direct.
les SCPI classiques
délaissées
Quant aux SCPI « classiques »,
sans les bouder complètement, les
particuliers préfèrent faire preuve
de prudence. Et cest donc
379 millions deuros qui ont été
consacrés à ces produits. Un chiffre
en nette diminution ( 46,7%)
par rapport à 2008.Mais si les SCPI
«murs de magasins » ont limité la
chute avec un recul de seulement
21%, les SCPI classiques diversifiées
ont, elles, beaucoup plus
souffert du désintérêt des investisseurs
avec un effondrement de la
collecte de 62%. Un recul à apprécier
« dans le contexte général
daversion au risquemanifestée par
les épargnants par rapport aux
produits dépargne de long terme
sans garantie de capital », tempère
lAspim.
Anne-Lise Defrance
Rebond en 2009. Lan passé, le rendement moyen délivré par les SCPI a rebondi, pour atteindre 6 % contre 5,74 % en 2008. La collecte globale, en léger recul,
a surtout été tirée par le succès des « SCPI Scellier », qui permettent aux investisseurs de bénéficier dune réduction dimpôt étalée sur neuf ans.
Ce type de SCPI sest ainsi accaparé 463 des 869 millions deuros collectés en 2009.
Questions sur la liquidité
La bonne collecte réalisée par les
SCPI, surtout fiscales, a donné
un peu doxygène au marché secondaire.
Mais cette situation ne
doit pas faire oublier la question
de la liquidité du placement.
Lannée dernière, deux SCPI ont
dû prendre des mesures dexception
pour faire face à des retraits
massifs dinvestisseurs institutionnels.
Un sujet ancien
Déjà, lors de la crise du début
des années 90, la liquidité était
apparue comme lun des principaux
points faibles des SCPI. De
nombreux porteurs de parts
sétaient trouvés durablement
dans limpossibilité de revendre.
En 2003, une réforme a instauré,
pour les sociétés à capital fixe,
un marché de confrontation des
vendeurs et des acheteurs.
Mais le problème de la présence
massive dinstitutionnels reste
entier. «Le mélange avec des personnes
physiques peut être problématique,
expliquait Laurent
Fléchet, président de Ciloger,
dans Investir Magazine. Il est nécessaire
de respecter un équilibre
entre les deux types dinvestisseurs