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Sofidy désendette Selectirente et donne du levier à ses SCPI
Publié le 27 mars 2013
Immorente et Efimmo, les deux grandes SCPI du groupe ont davantage investi quelles nont collecté. De son côté, la SIIC Sélectirente a ramené son taux dendettement à 44,4 %.
Si vous demandez à un vieux briscard de la pierre-papier, la principale différence quil y a entre la société dinvestissement immobilier cotée en Bourse (SIIC) et les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), il y a beaucoup de chance quil vous réponde : lendettement. Car pour nombre dobservateurs, la dette na pas sa place dans les SCPI qui cultivent leur vocation immobilière, à mille lieux des excès de la financiarisation en vogue sur les marchés financiers. Avec la société de gestion Sofidy, cest aujourdhui moins vrai. Elle a introduit un effet de levier en recourant à lendettement lan dernier avec des investissements réalisés principalement par Immorente et Efimmo pour un montant proche de 390 millions deuros pour 330 millions collectés (dont 277,6 millions deuros de collecte nette pour les SCPI du groupe).
La logique est simple. Les conditions dendettement, aujourdhui très favorables permettent à ces fonds immobiliers qui trouvent des financements hypothécaires à 2 % en taux variable et à 3,7 %en taux fixe. En face, les biens immobiliers acquis le sont sur la base dun rendement immobilier net de 6 %. De quoi accroître la performance de 1,4 % par an sur lensemble des sommes investies avec un levier de 50 %. Mais ni Immorente ou Efimmo ne pratiquent un tel endettement qui se limite pour lheure à près de 10 %. C est une réponse à la stratégie de recentrage de Sofidy sur les centres villes, ou les investissements procurent un rendement moindre mais offrent plus de sécurité. Et Jean-Marc Peter, directeur général adjoint de Sofidy, ne compte pas sarrêter là. Il a déclaré mardi 26 mars devant un parterre danalystes « Nous allons poursuivre cette stratégie sur ces deux véhicules en jouant avec leffet de levier de la dette, avec lobjectif de maintenir leurs performances ».
Sofidy a également lancé lan dernier Immorente 2, une SCPI à capital fixe pratiquant un fort effet de levier. Cette SCPI est destinée à un public forcement fiscalisé et se définit comme une SCPI de capitalisation ne versant presque pas de revenus. Sur la base de ses six premiers mois dexistence, elle a offert un taux de distribution sur valeur de marché de 2,64 % avec une variation du prix moyen des parts de 4,17%. De leur côté, le rendement dImmorente en 2012 a atteint 5,16 % (assorti dune revalorisation du prix des parts de 1,56%) et celui de Efimmo a été de 5,51 % avec un prix moyen des parts stables.
Quant à Selectirente, la foncière cotée du groupe (voir pierrepapier.fr du 19 février 2013 : Selectirente a signé lune des meilleures performances des SIIC en 2012), elle a pris un chemin contraire à celui des SCPI puisquelle a poursuivi son désendettement quoi quil demeure bien plus important que celui des deux grandes SCPI du groupe présidé par Christian Flamarion. En 2012, son ratio dendettement rapporté à la valeur de son patrimoine est revenu de 45,3 % à 44,4 %. Il était encore de 49,5 % en 2009 et porté son ratio de couverture des frais financiers par les loyers encaissés de 3,8 à 4 fois. Cette prudence accompagne une spécificité de lendettement de Selectirente qui est de contracter des emprunts amortissables, là où la plupart de ses concurrents pratiquent des emprunts remboursables in fine. Et cette prudence qui na pas dimpact immédiat sur le compte de résultat et le cash-flow en forte progression lan dernier (+ 8,6 %) a le mérite de rassurer les investisseurs puisque le titre Selectirente, malgré son affligeante liquidité, affiche un gain de 10,6 % depuis le début de lannée. Ce qui a permis de réduire un peu la décote dont souffre ce titre sur sa valeur dactif net réévalué (72,46 euros droits inclus par action et 65,45 euros hors droits). Toutefois, ce désendettement se fait également sur le dos des actionnaires qui ne se voient proposer quun dividende de 2,25 euros par action ne représentant que 41,7 % du cash flow courant contre près de 70 % en moyenne pour le secteur. Concrètement, le rendement de cette action décotée nest que de 4,5 %, près de un point de moins que le rendement de lindice IEIF SIIC France (5,43 %).
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