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Retraite : Rome et le mepris du Travail

13 mars 2013 11:11

La Grèce antique : le travail méprisé

À travers les textes de Platon et d'Aristote, on voit se mettre en place un idéal de vie individuelle et collective d'où le travail est exclu ou presque. La structure sociale grecque elle-même en est la preuve : l'ensemble des tâches directement liées à la reproduction matérielle est en effet entièrement pris en charge par des esclaves, et sa théorisation repose sur l'opposition loisir/travail. Toute la philosophie grecque est en effet fondée sur l'idée que la vraie liberté, c'est-à-dire ce qui permet à l'homme d'agir selon ce qu'il y a de plus humain en lui commence au-delà de la nécessité, une fois que les besoins matériels ont été satisfaits. Sans nourriture, sans vêtements, sans confort, pas de philosophie, de vie conforme à la raison
A l'opposé de la sphère de la liberté, qui nous rapproche du divin, se déploie la sphère de la nécessité, qui est celle du travail, et en premier lieu du travail pénible, par essence serviles.

Chez Platon, l'ensemble des activités manuelles est regroupé sous ce terme et est exercé par la « troisième classe », laboureurs et autres artisans, à laquelle correspond, dans la tripartition de l'âme platonicienne, l'appétit sensuel, celui qui pourvoit aux besoins élémentaires de nutrition, de conservation et de reproduction.

1 réponse

  • 13 mars 2013 11:14

    L'empire romain

    Tout au long de la domination de l'Empire romain, et même jusqu'à la fin du Moyen Âge, la représentation du travail ne connait pas de bouleversement majeur.
    L'Empire romain n'accorde en effet aucune place particulière au travail, et persiste au contraire, sur le modèle grec, à le mépriser. Ce sont toujours les esclaves qui prennent en charge la majeure partie des travaux pénibles et la classification des activités, telle qu'on la trouve exposée par exemple chez Cicéron, se fait autour de l'opposition libéral/servile, les activités serviles étant celles qui sont effectuées sous la dépendance d'un autre, et les activités libérales, exercées pour elles-mêmes, étant au contraire le fait des hommes libres.
    « On regarde comme ignobles et méprisables les gains des mercenaires et de tous ceux dont ce sont les travaux et non les talents qui sont payés. Car, pour ceux-là, leur salaire est le prix d'une servitude» Et aussi celle des commerçants, qui se « spécialisent » dans les affaires et le négoce. De surcroît la nécessité sociale d'inventions qui permettraient de rendre plus faciles les travaux humains ne se fait pas sentir.


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