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QUADIENT : Denis Thiery

29 mars 2013 18:46

Denis Thiery

Président Directeur général de Neopost

"Nous travaillons déjà chez Neopost sur une liste d'opportunités d'acquisitions"


Publié le 28 Mars 2013
Un commentaire rapide sur vos résultats 2012 ? Sans entrer dans le détail des chiffres, l’année a été caractérisée par la réallocation de vos objectifs commerciaux aux Etats-Unis, par une nouvelle organisation de votre distribution en France et par une accélération de sa croissance en Asie-Pacifique. Quelques mots sur ces sujets ?
Aux Etats-Unis, la Poste américaine avait rendu obligatoire le remplacement de certaines générations de machines à affranchir à fin 2006 et à fin 2008. Nous avions alors connu des pics d’activité. Or il faut savoir que nos machines sont essentiellement placées en leasing avec des contrats d’une durée de 5 ans. Ainsi, 5 ans plus tard, à l’échéance de ces contrats, la décertification de 2006 a provoqué un nouveau pic d’activité en 2011 et celle de 2008 devrait impacter favorablement 2013. En 2012, nous nous sommes retrouvés dans un creux avec une baisse du nombre de machines arrivant en fin de leasing. Nous avons redéployé nos forces commerciales vers la vente d’autres équipements. L’adaptation des commerciaux aux nouveaux objectifs a demandé du temps. La productivité commerciale s’est avérée plus faible jusqu’au quatrième trimestre 2012 ce qui explique notre croissance légèrement négative outre-Atlantique.

En France, nous avons également été confrontés à une situation spécifique. Nous avions décidé fin 2011 de fusionner nos deux réseaux de distribution Neopost France et Satas. L’organisation commerciale a été quelque peu perturbée par cette opération. La productivité commerciale s’en est trouvée affectée. Mais là aussi, l’activité s’est progressivement redressée et devrait revenir à son niveau normal cette année.

Concernant l’Asie-Pacifique, nous avions annoncé nos ambitions dès 2011. Nous avions prévu un déploiement dans cette région pour y réaliser rapidement 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 12 millions en 2010. Nous avons ainsi racheté notre distributeur en Australie, créé un bureau de représentation à Singapour, et avons réussi de ce fait à générer une croissance organique forte dans la zone, d’environ 15%. Le chiffre d’affaires 2012 s’élève ainsi à 66 millions d’euros. Et nous devrions être en mesure d’atteindre la cible des 100 millions d’ici 2 à 4 ans.

Vous tablez sur une croissance de votre chiffre d'affaires 2013 d'au moins 5% hors effets de change. Vous êtes néanmoins sensible à la parité euro/dollar. A quel impact vous attendez-vous pour cette année ?
L’effet de change a un effet différent sur la marge opérationnelle et sur le chiffre d’affaires. Notre taux de marge opérationnelle est peu sensible à cet effet de change. Nous achetons et dépensons autant en dollar que nous vendons en dollar. Et cela est également vrai pour les autres grandes devises que nous utilisons, comme la livre et l’euro. La marge de Neopost est naturellement protégée contre les fluctuations des devises.

Le chiffre d’affaires est en revanche très sensible à cet effet devises puisque nous publions nos comptes en euros Or près de 40% de notre chiffre d’affaires % est réalisé aux Etats-Unis, 12% au Royaume-Uni, 6% en Asie-Pacifique. Mais il ne s’agit là que d’un effet de conversion de notre chiffre d’affaires. Nous avons fait nos projections de l’année 2013 avec un dollar à 1,30 et une livre à 0,85, ce qui correspond peu ou prou aux niveaux actuels. Il nous est difficile de prévoir quelle sera l’évolution des devises au cours des 12 prochains mois. C’est pour cela que nous donnons une prévision de croissance à taux de change constants.

La dégradation de la conjoncture économique qui pourrait impacter plus durement l'investissement des entreprises ne vous inquiète-t-elle pas ?
Près de 70% du chiffre d’affaires de Neopost est récurrent. Il provient de contrats de location, de services, qui ne sont pas touchés par le contexte général de l’économie. Ce n’est que sur les placements de machines et la vente de logiciels et de licences que nous pouvons être touchés. La nette reprise aux Etats-Unis, le dynamisme en Asie devraient compenser la morosité en Europe, notamment en Angleterre et en France.

De quelle manière appréhendez-vous l’essor d’Internet, du numérique, de la digitalisation par rapport à votre activité courrier ?
Le courrier devrait rester une composante importante de la communication des entreprises. Parallèlement, nous observons une montée en puissance régulière des médias dématérialisés. Nous y voyons plus d’opportunités que de craintes. L’environnement de nos clients se complexifie. Les petites entreprises ont de plus en plus de difficultés pour déterminer le mix de communication idéal et les nouvelles technologies pour supporter ce mix. Nous avons l’ambition de faciliter la vie de ces clients en leur mettant à disposition des solutions adaptées. En outre, Internet et la dématérialisation génèrent de plus en plus de colis. Nous voulons nous imposer comme acteurs incontournables dans la préparation, l’expédition, la livraison de ces colis.

Vous venez de remporter avec et Capgemini et BearingPoint un contrat avec le ministère français de la Défense portant sur la conception, la réalisation et la mise en place du SILRIA (Système d'information logistique de suivi de la ressource inter-armées). Quel rôle devrait jouer Neopost dans ce projet ? Ce rôle est-il aussi important que les deux autres acteurs ?
SILRIA est un système d’information dédié à la gestion des acheminements des matériels et équipements de défense et à leur traçabilité qui intègre une forte composante RFID. Tandis que Cap Gemini est le maître d’œuvre de ce système, Neopost va fournir la technologie et les solutions permettant d’identifier et de tracer le matériel. Nous allons mettre au point et déployer les outils requis tels que les encodeurs de tags RFID, les imprimantes de code-à-barres et les dispositifs de lecture des tags, portiques pour camion ou lecteurs portables de terrain, tout ceci devant être intégré dans l’architecture du système global. Après une phase pilote en 2013, ce système sera déployé en 2014 et 2015. Cet accord est un contrat significatif pour Neopost ID.

Vous avez récemment acquis trois importantes sociétés GBC Australie, GMC Software Technology, Human Inference. Des synergies vont être recherchées et des restructurations vont être entreprises? Quel coût cela aura-t-il ? En termes d’amortissements ? De licenciements ?
Il y a lieu de distinguer entre ces acquisitions. GBC Australie était notre distributeur. Il a été acquis en 2011 et a grandement favorisé le dynamisme de notre activité en Asie Pacifique. Les autres acquisitions sont stratégiques et concernent des domaines complémentaires à ceux dans lesquels Neopost intervient actuellement.

Les synergies de coûts avec ces acquisitions sont relativement mineures. Nous sommes néanmoins en train de combiner nos opérations de gestion de la communication client (custumer communication management) et composition de documents chez Neopost avec celles de GMC. Le centre de recherche & développement et de support de Neopost se trouvait en Suisse à quelques kilomètres du siège de GMC. Nous allons donc fermer le site de Neopost. Entre 20 et 25 personnes sont concernées. Nous ne voulons pas supprimer de postes mais certains de nos employés ne seront peut-être pas enclins à accepter de rejoindre GMC.

Il ne devrait donc pas y avoir de licenciement sec…
Non. Les départs seront compensés par de nouvelles arrivées.

Avez-vous une visibilité sur le nombre de départs possibles ?
Non. L’annonce du rapprochement a été faite il y a quelques jours à peine.

Les provisions pour optimisation s’élèvent 4 millions d’euros ?
C’est ce que nous avons passé dans nos comptes de 2012. Ils concernent la dépréciation possible de certains actifs marginaux et les départs potentiels. Cette restructuration devrait générer une économie d’au moins 2 millions d’euros par an à partir de 2014.

De quel montant est l’enveloppe consacrée aux licenciements ?
L’enveloppe consacrée aux départs est incluse dans la provision de 4 millions d’euros que nous avons passée dans nos comptes 2012.

D’autres acquisitions de ce type pourraient-elles être annoncées cette année ?
Cela n’est pas à exclure. Nous avons une liste d’opportunités sur lesquelles nous travaillons déjà.

Auriez-vous à faire appel au marché ou à de nouvelles lignes de crédit pour financer ces acquisitions ?
Non. Nous avons aujourd’hui une situation financière et un bilan très solides. Le cash flow opérationnel est fortement récurrent par nature et il est très élevé puisqu’il représente environ 15% du chiffre d’affaires. Côté dette, nous venons de terminer une campagne de refinancement. Nos échéances de prêts sont suffisamment longues, quatre ans en moyenne, et nous disposons de lignes de crédit non tirées pour plus de 450 millions d’euros.

S’agissant de vos actionnaires, certains analystes avancent que leur confiance reste toujours entamée par l'avertissement inédit sur résultats en 2007. Qu’en pensez-vous ?
Par souci de transparence, nous avons peut-être eu le tort en 2007 d’être parmi les premiers à anticiper la récession et reconnaître que la croissance de notre activité aux Etats-Unis ne serait pas aussi forte qu’attendu alors que la crise des sub-prime venait d’éclater. Le marché nous a fortement sanctionnés car nous n’avions connu aucun incident boursier auparavant et certains investisseurs avaient probablement fini par croire que Neopost était totalement immune aux soubresauts de la conjoncture économique.

Quel regard portez-vous sur le cours de bourse. Celui-ci a évolué de plus de 17% depuis le début de l’année après avoir chuté de 40% depuis le début 2011.
Notre travail est de faire de Neopost une société créatrice de valeur. Nous sommes en train d’y parvenir. La croissance organique est pérenne. La croissance externe est dynamique. Et le marché semble le reconnaître puisque, effectivement, notre cours de bourse s’est bien apprécié depuis le début de l’année.
Maintenant, si l’on compare notre cours par rapport à son niveau d’avant la crise, il me semble que la baisse est en ligne avec celle du reste du marché parisien.

Quid du dividende ?
Il est le même que celui de 2011, à 3,90 euros. Cela représente un rendement par rapport au cours actuel de plus de 8 % et un taux de distribution par rapport au résultat net de 82%, ce qui est très significatif.


Propos recueillis par Imen Hazgui

1 réponse

  • 09 avril 2013 12:30

    qu'il stoppent ses larguages de titres..


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