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Matières premières : Pas de scénario noir pour les MP

02 avr. 2008 16:04

Matières premièeres : scénario noir ?

"Des spéculateurs laminés... Des investisseurs choqués par les violents retracements du blé, du pétrole, de l'or... Des cours qui, après une forte et brutale progression, s'effondrent sans raison véritable... Des fortunes évaporées, des trajectoires brisées, des courbes disloquées... Une mauvaise blague de premier avril, une aberration ?... Peut-être. Quoique...De fait, à en juger par les récentes performances de la classe d'actifs à l'issue d'un premier trimestre enflammé, il n'est certes pas illégitime de se poser des questions actuellement... ce dont ne se prive d'ailleurs guère un consensus plutôt – et c'est un euphémisme... - grégaire qui, il y a quelques semaines encore, ne jurait que par les commodities...

Car le mois de mars est passé par là, entrainant à la baisse la quasi-totalité des matières premières sous l'effet cumulé de la réduction généralisée des effets de leviers mis en place par les hedge funds et des prises de profits prudentielles... Résultat : tous les compartiments de la classe d'actifs, agriculture en tête, viennent d'effacer la majeure partie de leurs gains en 2008, certaines stars de la classe d'actifs allant même jusqu'à renouer avec les niveaux de début d'année : le pétrole à 100 dollars, l'or en dessous des 900 dollars, le blé bien en-deçà des 1 000 cents... Et, signe des temps, nombre d'opérateurs réduisent désormais leurs positions longues spéculatives sur la plupart de ces sous-jacents...

Et pourtant... Nonobstant ce contexte quelque peu délétère, les matières premières parviennent toujours à dégager des rendements positifs (plus de 8 %...) en 2008... ce qui, au passage, n'est pas encore vraiment le cas des marchés actions... et ce en dépit de leur très bonne entame de deuxième trimestre... Mais surtout, la bonne tenue des matières premières dans un contexte macroéconomique très mouvementé leur ont définitivement fait gagner leurs galons de classe d'actifs à part entière... Dans ces conditions, comment ne pas voir dans les niveaux actuels des opportunités d'achat ? Car, par delà la solidité indéniable des fondamentaux des commodities, celles-ci resteront à leur corps défendant utilisées comme des instruments de couverture face à la dérive inflationniste... La montée de l'inflation ?... Voilà en effet le véritable scénario noir pour les mois à venir... Et autant dire que ceci n'est pas un poisson d'avril..."

(ABN Amro)

2 réponses

  • 17 avril 2008 20:21

    Les perturbations de l'offre poussent le métal rouge à la hausse.
    Après un fort recul au quatrième trimestre 2007, la cotation settlement de la tonne de cuivre s’est appréciée de près de 40 % depuis son point bas de fin décembre, établissant un nouveau record à 8 810 dollars le 11 avril. Parallèlement à cet envol, les stocks de métal rouge détenus par les entrepôts du LME – qui étaient remontés en début d’année au-dessus des 200 000 tonnes – retombent vers les 100 000 tonnes pour la première fois depuis juillet 2007.

    Crise énergétique au Chili

    Signe de tension sur le marché, l’ISCG indique qu’en 2007, la consommation de cuivre – tirée par la Chine, qui représente un quart de la demande mondiale – a dépassé la production de 42 000 tonnes, alors que, en 2006, un surplus de 287 000 tonnes avait été enregistré. Plus que le raffinage, c’est la production minière insuffisante qui tend le marché : en Chine, 300 000 tonnes de métal ont ainsi été soustraites au marché, suite aux tempêtes de neige.

    Le groupe minier américain Newmont Mining annonce déjà une baisse de la production de sa mine indonésienne, alors que le numéro 1 du secteur, le chilien Codelco, prévoit pour 2008 une production en recul de 6,3 % par rapport à l’an passé. Le Chili, qui assure plus de 30 % de l’offre, subit une crise énergétique telle que les trois principaux mineurs opérant dans le nord du pays ont décidé de secourir leur principal fournisseur d’énergie ; GasAtacama doit en effet utiliser du fuel plus cher, en raison de l’arrêt des livraisons de gaz argentin. Au Katanga, le manque d’électricité fragilise les nouveaux investissements. Les grèves pour les salaires persistent : Zambie, Mexique, Pérou, Chili et Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été successivement touchés.

    La capacité des nouvelles mines à accroître l’offre est systématiquement surévaluée, notait le responsable cuivre de Rio Tinto, Brett Clayton, lors de la récente conférence internationale sur le cuivre, à Santiago. Il a souligné que 55 % des projets programmés d’ici à 2017 sont situés dans des pays à risques. Le directeur de la division cuivre de Xstrata a pour sa part expliqué que la nouvelle fiscalité en Argentine pouvait remettre en cause ses investissements dans ce pays.

    « La demande est une vraie tempête, mais l’offre est un vrai cauchemar, renchérissait lors de ce congrès Owen Hegarty, le directeur d’Oxiana. Les coûts de mise en activité d’une mine ont augmenté de 75 % en moyenne. » Dans ce contexte, les analystes de Goldman Sachs ont remonté leurs prévisions de prix moyen de la tonne de cuivre. Et tablent désormais sur 7 791 dollars en 2008, et 9 500 dollars l’an prochain.

    Daniel Krajka

    Rédaction L'Usine Nouvelle 17/04/2008





  • 17 avril 2008 20:42

    Les matières premières devraient protéger le Canada de la récession

    Signe des temps : on ne spécule plus désormais sur l'arrivée ou pas d'une récession, mais sur sa durée ou son ampleur, tout en tentant d'examiner quels pourraient être les "miraculés" d'une telle situation, en essayant de comprendre les raisons qui pourraient les préserver de ce nouveau "fléau".

    Le Canada va échapper à la récession annoncée aux Etats-Unis, en raison de la flambée des prix de l'énergie et des matières premières, dont il dispose en abondance, affirme ainsi la banque canadienne CIBC. Espérons que cela soit en toute objectivité.


    Dans ses plus récentes prévisions économiques, la CIBC constate que "les prix mondiaux des matières premières et de l'énergie se maintiennent à des niveaux record, malgré le ralentissement américain, et favorisent la croissance fulgurante des revenus au Canada, tant pour les particuliers que pour les entreprises".

    "Les dépenses des ménages, qui affichent une hausse notable, et les coffres bien garnis de l'Etat illustrent ces gains", note la banque.

    "Le secteur des matières premières jouit toujours de conditions économiques très favorables et cela demeurera le cas au cours des quatre prochains trimestres », affirme ainsi le responsable du secteur économique de la banque, pour lequel le moment ou le rythme de la reprise américaine n'aurait pas d'influence sur la teneur de ses estimations.


    La banque envisage une croissance de 1,6% de l'économie canadienne en 2008 et de 3% en 2009. Ces prévisions sont nettement plus optimistes que celles du Fonds monétaire international, qui table plutôt sur une croissance de 1,3% et 1,9% au Canada pour ces mêmes années.

    En janvier 2008, le FMI évaluait qu’un "choc" de 1 point de croissance aux Etats-Unis aurait un impact de 0,5 à 0,75% sur le PIB canadien (à travers les échanges commerciaux, les services financiers ou le prix des matières premières). Certaines provinces canadiennes, dont le Québec et l’Ontario qui représentent 57% du PIB canadien et 63% des exportations canadiennes vers les Etats-Unis en 2006, seraient plus touchées que d’autres, si l'on en croit le Fonds.

    La Banque centrale (PIB +1,8% en 2008) et les banques (Royal Bank of Canada : PIB +1,5% au premier semestre 2008 et +2,5% au second semestre 2008 ; Merrill Lynch : +1,2% en 2008) tablent elles aussi sur un fléchissement de la croissance du Canada qui serait dû principalement au ralentissement économique aux Etats-Unis, à la faible productivité canadienne et à la perte de compétitivité de secteurs structurants (bois, automobile) victimes de la hausse du CAD par rapport à l’USD.

    Mais il demeure quasi certain que le prix élevé des matières premières (pétrole, uranium) et une gestion budgétaire saine permettent à la fois de décaler dans le temps et de limiter l’impact sur l’économie canadienne des difficultés annoncées.


    La CIBC estime par ailleurs que l'économie américaine est entrée en récession au premier trimestre, mais que celle-ci sera de "courte durée", puisqu'elle ne se prolongera pas au-delà du second trimestre.

    La Banque prévoit que la croissance américaine atteindra 0,9% en 2008 et 2,3% en 2009.

    Selon l'établissement, la demande internationale en pétrole et en matières premières a créé des emplois dans ce secteur au Canada, offrant parallèlement des entrées d'argent supplémentaires pour l'Etat, via une augmentation importante des redevances et des impôts perçus.

    Les sommes ainsi collectées auraient permis de financer l'embauche de personnel dans le secteur public, d'énormes dépenses dans les infrastructures.

    Seule ombre à ce tableau idyllique : le secteur manufacturier – principalement l'industrie automobile d'Ontario - resterait vulnérable face à la récession aux Etats-Unis, et ce d'autant que le cours du dollar canadien ne faiblit pas.

    Sources : AFP, CIBC, Mission Economique Ambassade de France


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