Aller au contenu principal
Fermer
Retour au sujet Matières premières

Matières premières : Le secteur de l'eau est dans l'impasse

22 mai 2008 07:52

Le secteur de l'eau est dans l'impasse : agissez avant qu'il ne soit trop tard !
Olivier Cros

Cher lecteur,

Chaque jour, je prends le métro à heure fixe pour me rentre aux Publications Agora ; lorsque je rentre le soir, je croise souvent une personne sans-abri qui fait le plein d'eau au robinet de la station de métro juste en bas de chez moi.

Je me dis souvent que ce pauvre homme ne devrait pas avoir à vivre de la sorte... mais il m'arrive de penser aussi que dans sa misère, il a au moins une chance : il a un accès gratuit et illimité à l'eau potable, ce qui n'est pas le cas d'un sixième de la population mondiale.

Un défi d'envergure planétaire : la réduction du stress hydrique...
Selon les normes retenues par la Banque Mondiale, tout pays en-dessous du seuil de 1 000 à 2 000 m3/hab/an est en situation dite de "stress hydrique".



Si les 70% de la carte ci-dessus sont bleus... l'eau douce consommable sans traitement ne représente que 3% des ressources mondiales -- une infime proportion de ses réserves -- et 1,2 milliard d'êtres humains consomment chaque jour de l'eau insalubre.

Prenons l'exemple du monde arabe : il est tout entier confronté au défi gigantesque de la raréfaction de l'eau. Pas moins de treize pays arabes, dont les Etats du Golfe, sont officiellement en situation de "stress hydrique".

Cela me rappelle la visite du dictateur Kadhafi en France -- le nez dans la poudre aux yeux -- qui entre deux accords "avions Rafales contre infirmières bulgares", se munissait d'un réacteur nucléaire, soi-disant pour faire tourner une centrale de désalinisation d'eau de mer libyenne, le tout un jour de célébration des droits de l'homme... parenthèse fermée !

A noter que le manque d'eau concerne aussi bien les puissances comme la Chine et l'Inde, principales concurrentes à la course à la première place économique mondiale dans les décennies à venir. La pollution engendrée par une industrialisation à marche forcée et la pression d'une démographie en croissance constante ont déjà évaporé une bonne partie de leur potentiel.

Le maillon faible hydrophobe : les infrastructures
Le problème vient en grande partie des infrastructures. Comme le rappelait notre collègue Sylvain Mathon :

"Ressource stratégique et locale, l'eau a été prise en charge, dans la quasi-totalité des pays, par les pouvoirs publics."

"Face à la montée de la demande, ils sont désormais confrontés aux problèmes de capacité et de vieillissement des infrastructures existantes. Dans de nombreuses métropoles, la question du traitement des eaux usées a pris une dimension critique..."

Le monde est donc devant un problème de taille : une population qui s'accroît sans cesse, une demande exponentielle de l'industrie agro-alimentaire et des coûts d'acheminement exorbitants -- trois facteurs qui privent encore aujourd'hui 1/6 de la population mondiale d'eau potable.

La situation de l'eau dans le monde est critique : qui peut faire quoi ?
En finir avec cette situation dramatique fait partie des Objectifs du Millénaire fixés par l'ONU. Mais au sein même de cette organisation, aussi bien qu'au sein de l'OMC ou du FMI, des conflits d'intérêts perturbent l'intérêt général.

Il y a quelques années, un journaliste interrogeait Jean Ziegler [rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des nations unies de 2000 à mars 2008, ndlr ].

Ce dernier expliquait le rôle de l'ONU dans le monde et révélait que la charte de l'ONU contenait "les éléments essentiels de la civilisation: la sécurité collective, la justice sociale planétaire et les droits de l'homme."

"Or, ces trois piliers", disait-il, "sont attaqués par l'unilatéralisme de l'actuel régime américain, qui nie la sécurité collective en Irak, envoie Wolfowitz à la Banque mondiale [aujourd'hui Robert Zoellick, intime de l'administration Bush, ndlr] et dénonce la Convention sur la torture que les Américains avaient pourtant signée."

Enfin : "Depuis la première législature de Bush, une cellule a été installée au sous-sol de la Maison-Blanche pour surveiller tous les cadres supérieurs des Nations unies. Tous ceux qui ont un intérêt contraire aux intérêts immédiats des Etats-Unis sont combattus. A ce rythme, les Nations unies risquent de disparaître..."

Si l'ONU n'a pas encore disparu, il semble que sa mission soit bien orientée par les intérêts de l'administration américaine, thèse que d'aucuns qualifieraient de conspirationniste -- si elle n'était pas sortie tout droit de la bouche d'un insider, membre de l'ONU.

Les problèmes sont parfois des écrans de fumées cachant les vraies injustices
Pire encore : un certain "aléa moral" empêche l'annulation de la dette extérieure des pays en voie de développement et freine aujourd'hui toute négociation en faveur de leur indépendance économique.

Il faut savoir que ces pays en voie de développement sont accablés depuis la Seconde guerre mondiale par des dettes privées (banques, fonds...), bilatérales (d'Etat à Etat) et multilatérales (Banque mondiale) qui ont contribué à leur situation actuelle, notamment par le recours à des taux d'intérêts variables.

En cas d'insolvabilité, c'est le FMI qui prend le relais... et lorsqu'un pays emprunte au FMI, son gouvernement prend des engagements à l'égard des politiques économiques et financières -- dispositions qui sont connues sous le nom de "conditionnalités". En fait, ces conditionnalités sont la prise de contrôle pure et simple de la politique économique du pays -- qui devient une usine à faire entrer les devises coûte que coûte et à rembourser les créanciers.

Autre pouvoir du FMI : lancer des "initiatives d'allégement de la dette multilatérale" (IADM) ou des "allégements de dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés" (PPTE) qui ont pu redonner l'espoir à 48 pays en voie de développement sur les 165 concernés.

Mais autant dire que tous les créanciers n'acceptent pas ces allégements qui sont autant de manque à gagner et que pour bénéficier de ces "coups de pouce" les étapes sont nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long !

Cette lenteur parait absurde quand on sait que la dette extérieure de tous les pays associés est une infime partie des fonds perdus lors de la courte crise financière de 1987... dont l'économie s'est plutôt bien remise -- biffer cette dette n'entrainerait donc en aucune façon un déséquilibre de l'économie mondiale.

Pour finir le tableau : des études ont montré que la production agricole mondiale actuelle pourrait faire vivre pas moins de 12 milliards d'êtres humains... soit deux fois plus que ce que nous sommes ! En attendant que ces dirigeants retrouvent la raison, toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt emporté par la famine ou ses conséquences directes.

Mais la situation générée par des lobbys décomplexés, par l'agiotage et par l'agressivité structurelle du néolibéralisme qui veut que l'on trouve toujours de nouveaux systèmes technologiques, stratégiques, juridiques, financiers et boursiers pour satisfaire le désir du marché, condamne les producteurs locaux et profite aux 500 sociétés les plus riches de la planète -- parmi les 85 000 recensées par l'ONU -- qui se partagent 52% du PIB mondial... rien que cela.

Reste une seule solution pour améliorer l'accès à l'eau : les investisseurs...
On ne peut donc pas compter sur les grandes institutions internationales... les pouvoirs publics n'ont pas les moyens de gérer ces milliards d'investissement... il apparaît donc que la seule façon d'agir est de faire jouer la concurrence et de passer par des organismes privés.

Dès lors on peut raisonnablement se poser une question aux implications terrifiantes : l'eau sera-t-elle bientôt plus chère que le pétrole ?

Selon certaines projections, c'est possible -- pour le moment un litre d'essence vaut environ trois fois plus cher qu'un litre d'eau minérale... mais combien de temps faudra-t-il pour que la situation s'inverse ?

L'explosion des prix de l'eau va-t-elle s'infiltrer et contaminer nos habitudes ? Va-t-elle se répercuter sur notre facture mensuelle ? Pourrez-vous lutter contre ?

Jean-Claude Périvier, spécialiste de la bourse et macro-économiste, s'est intéressé à ce défi mondial et aux moyens dont nous disposons aujourd'hui pour y faire face.

Mais le problème de l'eau est loin d'être le seul que le monde devra affronter -- Jean-Claude en a tout un stock, qu'il a analysé et transformé en opportunités d'investissement : pensez au traitement, recyclage et incinération des déchets ou encore au développement du secteur agroalimentaire pour face à l'explosion de la demande mondiale...

Aujourd'hui, vous avez la possibilité d'investir sans difficulté sur ces secteurs de demain : lisez son rapport sans plus tarder pour découvrir comment cette situation unique dans l'histoire du monde générera des plus-values exceptionnelles pour les investisseurs qui se seront positionnés à temps.

Cordialement,

Olivier Cros
Chargé de recherches
L'Edito Matières Premières


1 réponse

  • 22 mai 2008 12:07


Signaler le message

Fermer

Qui a recommandé ce message ?

Fermer
Retour au sujet Matières premières

Mes listes

valeur

dernier

var.

8 259,16 +0,73%
92,17 -2,06%
53,4 -1,84%
0,2685 +0,56%
155,65 -0,51%
Chargement...