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Matières premières : Le diesel s'enflamme

30 mai 2008 04:01

"c dans l'air"

=>http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_article=2915

Alors que le prix du baril a explosé la barre des 135 dollars, les 52 % de propriétaires d’une voiture diesel s’inquiètent. En cinq mois, l’écart historique avec le sans-plomb 95 s’est volatilisé. Encore de 15 centimes par litre en janvier, la différence est tombée à 3 centimes à la mi-mai, et à ce rythme, le litre de gazole pourrait devenir plus cher que l’essence.

C’est historique. Dans un pays où le diesel signifie rouler à "l’économie", le prix moyen du gazole en France pourrait bien dépasser, très prochainement, celui du super de base, le Sans-Plomb (SP) 95. Car alors que la demande de gazole explose dans le monde, et particulièrement en Europe, son prix hors taxes augmente chaque jour sur les marchés internationaux, L’essence, elle, connaît un cours (hors taxes) actuellement à la baisse, grâce à une demande moins soutenue, notamment en raison du ralentissement de la consommation des automobilistes américains.

Sur les marchés, le gazole est donc désormais plus cher que l’essence, mais jusqu’à présent, cette évolution est atténuée en France grâce aux taxes : la fameuse TIPP, plus la TVA qui impose un différentiel de 0,18 euros en faveur du gazole. Mais jusqu’à quand ?

L’écart disparaît, les prix à la pompe explosent et les colères montent. Celle des marin-pêcheurs qui, malgré l’obtention, vendredi 23 mai 2008, d’un engagement écrit de leur ministre de tutelle Michel Barnier, sur la pérennité d’un mécanisme d’aide permettant de ramener le coût du gazole à 40 centimes le litre au lieu de 75 centimes actuellement, continuent, pour certains, à bloquer des ports et des raffineries.

En Bretagne, des pêcheurs ont mené plusieurs actions, comme à Lorient et dans les environs, où ils ont vidé plusieurs entrepôts dans la nuit de dimanche à lundi. Et à Boulogne-sur-Mer, une cinquantaine de pêcheurs de la Manche et de la Méditerranée se sont réunis pour discuter des suites d’une action au niveau européen. Car, si certains blocages ont été levés - tels ceux des ports des Sables d’Olonnes et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée -, leurs revendications ont été reprises dans d’autres pays voisins, comme en Italie, en Belgique, en Espagne ou au Portugal, et commencent à faire tache d’huile dans les autres secteurs du transport.

Les routiers, à l’instar des pêcheurs, veulent eux aussi bénéficier d’un plan de sauvetage afin d’atténuer le choc de la flambée du gazole. La Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) a ainsi demandé des audiences aux préfets de région. Les autocaristes ont également demandé des mesures de soutien pour les entreprises de transport de voyageurs…

L’Union Nationale des Organisations Syndicales des Transporteurs Routiers Automobiles (UNOSTRA), qui représente les PME, a prévenu que le week-end du 30 mai servirait à sensibiliser la population avant de déclencher, le 2 juin, une opération escargot à l’échelle de tout le pays. Le syndicat patronal demande la réduction de la fiscalité sur le gazole mais aussi sur les autoroutes et une baisse de la future écotaxe prévue par le Grenelle de l’environnement.

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