Aller au contenu principal
Fermer
Retour au sujet Matières premières

Matières premières : Le baril à 100$ déjà en 2006 ?

05 juil. 2005 16:29

Eh oui, je vous livre le petit calcul.

En regardant l'évolution des marchés ces dernières années, on note qu'il y a une élasticité de la demande de pétrole liée au prix qui est de
-0.04

Or, tous les indices concordent pour dire que le peak oil est atteint. Il ne l'est peut-être pas pour le brut mais il l'est pour les produits raffinés or c'est ceux-là qu'on consomme.

Pour avoir une raffinerie supplémentaire, il faut 2 à 3 ans or la croissance de la demande est de 2% par an....ça coince. Même si les raffineries existantes continuent à fonctionner à plein régime comme actuellement, on ne pourra pas produire plus...or le marché réclame 2% en plus d'ici l'année prochaine...on ne peut pas le créer...ce sont les prix qui feront baisser la demande. D'où l'utilité de l'élasticite de -0.04 constatée ces 2 dernières années.

Pour déterminer le pourcentage d'augmentation, il suffit d'utiliser la formule suivante

ln(offre/demande)=élasticité * ln (augmentation/diminution nécessaire des prix).

Donc, dans notre cas

ln (100/102)=-0.04*ln(x)==> On trouve x=0.60951

Malheureusement un x positif !! donc une augmentation (tiens donc)

Nous sommes à 60$ aujourd'hui, ajoutons 61% et l'inflation présumée de 3% (si elle reste à ce niveau), cela fait 99,5$ en juillet 2006 pour équilibrer offre et demande de produits finis. Rendez-vous dans un an...

8 réponses

  • 05 juillet 2005 17:04


    Pétrole, ou l'odeur d'un scénario catastrophe

    Dave O’Reilly: «Le temps du pétrole bon marché a pris fin».


    Le risque d'un baril à 100 dollars est sérieux. A ce niveau, une récession serait inévitable. L'or noir devient le principal enjeu des relations diplomatiques et une source de guerres.

    http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=159109


  • 05 juillet 2005 18:10

    Désolé, je me suis planté dans les logarithmes : j'ai fait ln(102/100) au lieu de ln (100/102) comme indiqué dans mon message.

    Voici les calculs corrects:

    Avec une hypothèse de croissance de 2% et une production qui stagne, il faut que les prix augmentent de 64% (c'est un peu plus qu'annoncé précédemment et on passe alors sans problème les 100$)

    Maintenant, on peut faire l'hypothèse que la croissance ne sera que de 1% et donc faire le ratio ln (100/101), on trouve une augmentation de 28% par rapport aux prix d'aujourd'hui. Cela donnerait quand même un baril à 80$.

    On peut aussi jouer le scénario catastrophe : baisse de la production de 1% (ouragan, explosion dans une raffinerie, etc) et augmentation de la demande de 2%==> ratio ln (99/102)

    Cela donne une augmentation de 111% d'ici un an soit un baril à 130$.

    Voilà, cela vous donne une fourchette : 80$ au mieux en juillet 2006 et 130$ au pire. Le marché du pétrole est franchement très rigide.

    C'est quasiment inévitable car toute alternative mettrait certainement plus d'un an avant d'être opérationnelle à grande échelle (essence synthétisée à partir de charbon par exemple).

    Conclusion : les actions pétrolières sont encore bon marché et on un fort potentiel.


  • 06 juillet 2005 11:14

    Une autre solution serait des mesures drastiques et contraignantes prises par les pays consommateurs de manière à diminuer la demande.

    Par exemple, insister sur les causes anthropiques du réchauffement climatique, la tarte à la crème des médias. Ce réchauffement climatique (qui, entre parenthèse et quoiqu'on en dise est surtout naturel, l'homme a beaucoup moins d'influence qu'on ne le pense mais c'est un autre débat), permettrait de justifier une super taxe sur les carburants par exemple.

    Pour l'instant, c'est plutôt l'inverse puisque le peuple demande une baisse de la TIPP pour amortir la hausse du carburant. Mais avec une soi-disant épée de Damoclès qu'est le réchauffement climatique, on peut instaurer facilement une taxe de 0.50 Euro/litre au nom de l'environnement.

    Ce serait un moyen (artificiel) de diminuer la demande et, compte tenu de l'élasticité de -.04, une mesure pareille prise à l'échelle mondial ou, du moins, à l'échelle européenne pourrait faire revenir le baril dans les 30$ US. Mais pour monsieur tout le monde, le prix à la pompe sera nettement plus cher.

    Reste que l'argent ainsi récolté par l'Etat n'ira pas dans les poches des compagnies pétrolières et pourra être utilisé à d'autres fins.

    Si on diminue la TIPP, la consommation restera quasiment stable et le scénario 120$ dans un an est tout à fait possible. Le résultat à la pompe sera quasiment le même qu'en instaurant une super taxe. Donc, quoiqu'on fasse, dites adieu au diesel à 1 Euro/litre...cap sur les 1.5 Euro.

    Donc une spéculation à la baisse du baril est possible aussi en cas de politique forte des pays consommateurs.


  • 06 juillet 2005 17:09

    Oil 'will hit $100 by winter'

    Worst-ever crisis looms, says analyst · Surging demand to keep prices high

    Heather Stewart, economics correspondent
    Sunday July 3, 2005
    The Observer

    Oil prices could rocket to $100 within six months, plunging the world into an unprecedented fuel crisis, controversial Texan oil analyst Matt Simmons has warned.
    After crude surged through $60 a barrel last week, nervous investors were pinning their hopes on a build-up in US oil-stocks to depress prices in the coming months.

    But Simmons believes surging demand will keep prices bubbling well above $50. 'We could be at $100 by this winter. We have the biggest risk we have ever had of demand exceeding supply. We are now just about to face up to the biggest crisis we have ever had,' he said.

    Opec producers held emergency talks last week to consider making their second 500,000 a barrel increase in production quotas in a fortnight: but the discussions were suspended last Thursday after prices dipped back below $60.

    The looming oil crisis is not high up the agenda at this week's G8 meeting, although the heads of state are expected to repeat their finance ministers' call for greater transparency from Opec and other oil-producing nations about their reserves.

    However, global warming is one of Britain's two major priorities, and Tony Blair hopes to secure a pledge to pour more cash into developing alternatives to the oil-intensive technologies that cause climate change.

    Simmons believes such moves will be too little, too late. He will publish a hard-hitting book this week in which he argues that Saudi Arabia, the world's largest producer, is running out of oil, and further price rises are inevitable as supplies decline. He warns that the scramble for resources could eventually descend into war.

    Many analysts expect extra production over the next year, as high prices boost investment by energy firms. But Simmons says after many years of underinvestment, there is even a shortage of drilling rigs.

    'Many of these projects are aspirations; many of them won't create peak production in the first year, and many of them within five years will be in decline,' he said.

    However, the Economist Intelligence Unit predicts that oil prices will peak by the end of this year, and decline by 10 per cent in 2006 as the Chinese economy slows, reducing demand. Chinese imports have been crucial to propping up the oil price in the last two years.

    But the EIU warned that its forecasts - which show a 30 per cent increase in oil prices for 2005 - could prove too conservative if there are further wobbles in supply. 'The narrow margin of spare production capacity has made prices vulnerable to unforeseen reductions in supply or rises in demand,' it said.

    Paul Horsnell, head of commodities analysis at Barclays Capital, said supply constraints would continue to bit.e for the rest of the year. 'It's all getting a bit tight'

    Brent crude closed almost $2 a barrel higher in New York on Friday night, while futures contracts for heating oil, widely used in the US, hit a record high, which analysts said was unusual for summer.

    'It's fear,' said Kyle Cooper, an analyst at Citigroup. 'It's not based on what is happening now. It's based on fear of what could happen.'


    http://observer.guardian.co.uk/business/story/0,6903,1519745,00.html


  • 15 juillet 2005 14:56

    deux années à venir.

    Ca devrait soulager un peu la demande puisque le problème vient essentiellement de là.

    Mais ce serait reculer pour mieux sauter peut être...


  • 20 juillet 2005 11:06

    Si l'élasticité de la demande de pétrole est, par analyse des données de l'évolution des cours récentes (quelques années) de 0.04, cela veut dire qu'une augmentation du prix de quelques dizaines de pourcent n'a que peu d'influence sur la demande.

    Avec un doublement du prix, nous n'aurions qu'une diminution de la demande mondiale de 4%. C'est pas grand chose.

    Le ralentissement de la croissance de la Chine ne sera pas suffisant pour faire baisse les prix. Attention aux mots : ralentissement de la croissance ne veut pas dire récession==> il y a toujours croissance de la demande !!! Et c'est bien là que réside le problème.

    L'augmentation des prix a peu influencé la demande en Europe car les taxes sur les carburants jouent un rôle de balast. Si le prix du produit de base double, cela ne représente qu'une modeste hausse de 20% à la pompe, pas de quoi changer ses habitudes ou si peu. Admettons un budget moyen de 100 Euros par mois de carburant l'année passée, nous sommes maintenant à 130 Euros par mois. Trouver 30 Euros en plus pour rouler, le consommateur européen n'a pas vraiment à se plaindre. Pour l'Américain, c'est un peu différent mais son budget est passé de 50 euros par mois à 100 euros par mois (il roule plus). Cela ne fait qu'une augmentation de 50 Euros. Pas la mer à boire. Quand on sait acheter une voiture à 15000 Euros, ce n'est pas 50 Euros qui vont nous ruiner.

    Par contre pour le chauffage, c'est un autre problème puisque la facture a pratiquement doublé en un an. Quelques économies auront lieu, surtout dans les ménages à revenus modestes et encore. L'économie réalisée dans ce domaine sera plus que compensée par la croissance de la Chine (même si celle-ci est probablement en ralentissement).

    Et puis, n'oublions pas ceux (et ils ne sont pas si rares que cela) qui consomment plus PARCE QUE c'est plus cher. Juste pour faire pâlir le voisin d'envie.

    Les prix du pétrole ne peuvent que monter. Certains parlent de bulle spéculative mais je vous rappelle qu'il s'agit ici de quelque chose de bien réel : du pétrole et qu'il s'agit d'une ressource finie. La capacité de production étant à son apogée, la pression sur les prix est énorme.

    Pour construire une rafinerie, il faut 2 ans minimum pour qu'elle soit opérationnelle. Quelques investissements ont été décidé mais ils ne porteront leur fruit que d'ici fin 2006 au plus tôt. Il y a encore un hiver à passer et une saison d'été aux Etats-Unis. Une saison d'ouragan avec des menaces dans le golfe du Mexique. Une probabilité non nulle d'attentat contre des installations de rafinage. Faites le compte : beaucoup d'incertitudes pèsent déjà sur l'offre alors que la demande ne fléchi pas car les prix sont toujours acceptables.

    Ceux qui parlent de bulle spéculative, de possibilté de correction vers les 40$ sont ceux qui entretiennent un marché pour le pétrole. A partir du moment où tout le monde est persuadé que le pétrole ne fera que monter : il n'y a plus de marché. Les prix s'envollent en quelques heures pour trouver un nouvel équilibre entre ceux qui penseront à une correction et ceux qui soutiendront une poursuite de l'envolée.

    Là où il y a spéculation, c'est bien sur les marchés d'actions. Tout le monde regarde les résultats et trouve qu'ils sont meilleurs que prévu mais c'est artificiel. En effet, plusieurs entreprises profitent des taux artificiellement bas pour faire des investissements à crédit. La plupart des dettes des entreprises sont à très court terme. L'équilibre est donc très précaire.

    Tant que les prix pétroliers restent dans les 50-60$, l'inflation en dessous de 3%, les taux court terme ne bougeront pas et les intérêts de dettes resteront sous contrôle.

    Dès que le système bascule, c'est le retour de manivelle : pétrole à 80$, inflation = 5%, taux court terme +50% et charges d'intérêt idem.

    Pour l'instant tout tient en place grâce à la peur entretenue par le climat de terrorisme ambiant. Les gens épargnent parce qu'ils ne savent pas de quoi demain sera fait et ils sont prêts à le faire à taux d'intérêt négatif. En effet, les comptes épargnes sans risque rapporte du 1.5% et l'inflation est au dessus de 2% donc taux réel de -0.5%. Combien de temps accepteront-ils d'agir de la sorte ? Tant qu'ils ont peur, on peut tirer sur la corde mais arrivera un moment (et bien malin qui pourra le prévoir) où les gens retireront leur épargne pour faire autre chose avec. A ce moment là, les banques n'auront d'autres choix que d'augmenter leur taux d'intérêts (au risque d'étouffer l'économie), pour attirer des capitaux pour financer les emprunts.

    Bref, nous sommes sur la corde raide. Les financements se font dans le vide avec de l'argent qu'il sera difficile de rembourser.

    Le scénario que je privilégie est une augmentation brutale des cours du pétrole vers septembre, au moment où tout le monde devra bien faire le plein de sa cuve à mazout dans l'hémisphère nord. Toutes les enquêtes le prouvent : la plupart des cuves à mazout sont à présent vides alors que généralement les gens profitent des prix bas en mai-juillet pour faire le plein, ils se disent qu'ils peuvent encore attendre car c'est cher. En plus, les vacances sont là et on n'a pas envie de les sacrifier.

    Donc les stocks US qui sont publiés hebdomadairement et qui constituent pratiquement la seule information tangible dans ce flou marché sont fausés puisqu'ils se reconstituent artificellement. Pour bien faire, il faudrait le comparer avec les commandes de l'année passée.

    L'an passé, les stocks étaient chez les utilisateurs, cette année ils sont toujours chez les producteurs. Mais il faudra bien remplir sa cuve...


  • 20 juillet 2005 13:25

    long, mais cela vaut le coup d'etre lu


  • 01 avril 2008 07:19

    Bien vu


Signaler le message

Fermer

Qui a recommandé ce message ?

Fermer
Retour au sujet Matières premières

8 réponses

Mes listes

valeur

dernier

var.

8 203,43 +0,05%
91,57 -2,70%
140,15 -10,42%
50,35 -7,44%
76,47 -1,12%
Chargement...