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Matières premières : la manipulation sur Or et Argent...

28 avr. 2009 12:34

L'exploitation de données officielles du gouvernement US permet de mettre en évidence que JP Morgan dans le cas de l'argent, et HSBC dans le cas de l'or, sont les deux grands acteurs de la manipulation du prix des métaux précieux sur le marché du COMEX. Ces deux banques ont vendu des positons futures massives pour tenter de contenir le prix de l'or et de l'argent. Alors que l'attrait des investisseurs pour ces métaux précieux n'en est qu'à ses prémices, et que des quantités considérables de devises sont recyclées dans l'achat de métaux précieux, le levier utilisé par ces banques va se retourner contre elles. La hausse de l'or et de l'argent semble inévitable, et scellerait dans ce cas le sordide destin de ces deux banques.

Manipulation sur le COMEX

Sur le site marketforceanalysis.com, Adrian Douglas fait une investigation très détaillée de la manipulation du marché des produits dérivés de l'or et de l'argent sur le marché du COMEX.

Tout d'abord, qu'est-ce que le COMEX? Il s'agit d'une division du New York Mercantile Exchange (NYMEX), qui consitue le principal marché sur lequel sont négociés des futures et des options sur les métaux précieux.

Sur ce marché, les banques commerciales sont presques toujours vendeuses sur l'or et l'argent. L'exploitation des données disponibles depuis le CFTC sur les interventions réalisées sur ce marché révèlent que de Juillet à Novembre 2008, deux banques commerciales ont augmenté leur détention de positions vendeuses sur l'argent de 9 à 99%, et donc en contrôlant pratiquement la totalité des positions vendeuses, ont contrôlé le prix de l'argent, ce qui est illégal.

La corrélation entre ces positions vendeuses et le cours de l'argent est évidente. Sur le graphe suivant, la courbe rouge représentée en échelle inversée correspond aux rapport des positions vendeuses nettes (NS pour "Net Sales") des banques par rapport à l'ensemble des négociants professionnels. La quantité vendue était équivalente à 1/3 de la production minière annuelle.


Dans le cas de l'or, de Juillet à Novembre 2008, trois banques commerciales ont augmenté leur détention de positions vendeuses jusqu'à détenir 66% du total des positions vendeuses des négociants professionnels

Ces trois banques ont acheté des contrats sur l'or afin de le faire monter, pour mieux le faire baisser ensuite, en détenant une majorité des positions vendeuses, ce qui revient à un contrôle du prix de l'or, ce qui illégal. Ces positions vendeuses était équivalente à 10% de la production d'or annuelle.

Ce sont - encore une fois me permettrais-je de dire, les grandes banques commerciales qui manipulent les marchés des métaux précieux, tout comme ce sont de grandes banques commerciales qui manipulent les marchés financiers, bien que ce ne soit pas forcément les mêmes. Il semblerait que ces établissements se soient distribués les tâches, ou plutôt les sales besognes, de tripotage des marchés.


Qui sont les pirates du COMEX?

En exploitant de nouveau les données du CFTC, Adrian Douglas met en évidence que les deux banques principalement impliquées dans ces manipulations ne sont autre que JP Morgan et HSBC, qui détiennent à elles seules une majorité des contrats dérivés OTC (pour "Over The Counter"), des produits négociés de gré à gré.

La raison pour laquelle ces deux banques ont manipulé le COMEX est qu'elles détenaient des positions monstrueusement excessives et non régulées de dérivés, qu'elles devaient à tout prix réduire. Par ces interventions sur le COMEX, la réduction de la valeur combinée des détentions des dérivés sur l'or et les métaux précieux a atteint 20 milliards de dollars sur une période de trois mois, de quoi acheter 54% de toute la production annuelle d'or et d'argent.

Coïncidence: JP Morgan est le gardien de l'argent qui est supposé être acheté pour le compte du fonds d'investissement SLV, tandis que HSBC est le gardien de l'or qui est supposé être acheté au nom du fonds d'investissement GLB. Le SLV, tout comme le GLB, sont négociés sur les marchés financiers. Ces deux banques ont néanmoins parié à l'aide de dérivés sur des marchés non régulés des montant bien supérieurs aux seules quantités physiques qu'elles ont été en mesure d'acquérir, un comportement bien étrange pour des entités qui sont censées être les garants des dépôts de leurs clients.

Bien entendu, ces manipulations, mises en évidence par l'exploitation de rapports gouvernementaux exclusivement, reçoivent l'approbation des autorités financières. Les marchés de l'or et de l'argent ont été bridés depuis plus de 15 ans dans le but de maintenir des taux d'intérêts bas et un dollar fort afin de permettre aux Etats-Unis de vivre au dessus de leurs moyens, selon la conclusion de Douglas.

Qui a acheté de l'or?

La manipulation du cours de l'or et son incapacité à s'affranchir définitivement de la barrière des 1000 dollars conduit au commentaire maintes fois entendu que le prix de l'or est excessif, et que l'engouement des investisseurs a conduit à la formation d'une bulle.

Il convient tout d'abord de remarquer que la proportion de l'or dans les portefeuilles d'investissement est à ce jour quantité pratiquement négligeable. Hormis quelques investisseurs visionnaires, très peu de personnes individuelles ne détiennent physiquement de l'or.

Selon plusieurs sources, il apparait que tout au plus 1% de la population du monde occidental aurait réalisé des investissements dans l'or ou l'argent, tandis que la plupart des placement diversifiés ont un taux d'investissement dans l'or de 0%, alors même que des fonds de placement spécialisés commencent seulement à attirer les investisseurs.

Cette situation contraste très fortement avec celui d'une bulle sur le point d'imploser, contrairement à ce qui s'est par exemple produit sur le pétrole durant l'été 2008, époque à laquelle il était estimé qu'au moins 60% du prix du pétrole était la conséquence de la spéculation non régulée sur les futures de la part des fonds spéculatifs, des banques et des groupes financiers.

Nous sommes actuellement à des lieues d'une situation d'euphorie généralisée et de participation massive de la part des investisseurs en ce qui concerne l'or et les métaux précieux, au contraire de ce qui s'est passé sur l'immobilier ou les actions par exemple.

Si beaucoup de personnes parlent de l'or, c'est peut-être pour se rendre intéressantes et montrer qu'elles y connaissent quelquechose, mais bien peu ont réellement franchi le pas et pris la décision tout à fait audacieuse de retirer des billets à la banque pour les échanger contre des pièces ou des lingots. La prochaine fois que quelqu'un vous dit qu'il faut acheter de l'or, posez lui donc la question de savoir s'il y a déjà procédé par lui-même...


Y a-t-il une bulle sur l'or?

La comparaison entre la bulle de l'or et celle du pétrole est couramment citée. Pour avoir une vision claire sur ce sujet, j'ai donc représenté côte-à-côte le prix des futures sur ces deux sous-jacents, en étalonnant les deux graphes sur plus ou moins le même type de point bas, celui d'une longue période de congestion qui a pris fin au début des années 2000. J'ai également ajusté l'échelle de la progression du prix en pourcentage.

La surprise est grande quand on se rend compte que le pétrole léger avait progressé de plus de 1400% par rapport à son point bas de 1986 (j'aurais aussi pu choisir celui de 1996, qui en est très proche), tandis que l'or a tout juste pris 260% par rapport à son point bas de 2001.



Il apparait très clairement sur le graphe de droite que la spéculation a joué un grand rôle dans l'envolée du prix du pétrole. Ce ne peut être la spéculation qui entraine le prix de l'or à la hausse puisque, comme nous l'avons vu, le prix des métaux précieux est contrôlé par des positions vendeuses pour qu'il ne monte pas. Le phénomène spéculatif joue donc dans le sens inverse de ce qui s'est passé pour le pétrole, et il est donc tout à fait faut de parler de bulle d'un point de vue spéculatif.


L'or, investissement ou placement spéculatif?

L'or n'étant actuellement toujours pas considéré comme un placement, il suffirait d'un très faible niveau de réallocations des liquidités en sa faveur de la part des seuls investisseurs les plus fortunés, pour provoquer un impact majeur sur son prix.

Ce mouvement a déjà commencé, car comme le rapporte Reuters le 23 Avril, les fonds d'investissement basés sur l'or ont reçu 456 tonnes d'or supplémentaires au cours du seul premier trimestre 2009, contre 321 tonnes pour toute l'année 2008, d'après le World Gold Council.


Dans le même temps, la Chine continue d'accumuler de l'or grâce à ses réserves de dollars US, selon le communiqué du 24 Avril posté sur lesaffaires.com. En six ans, la Chine a ainsi amassé plus de 400 tonnes d’or, soit l’équivalent du montant que le Fonds Monétaire International se propose de vendre lors des trois prochaines années. La Chine serait certainement très intéressée par le rachat de l'or du FMI, plutôt que de conserver des dollars US dont la valeur se déprécie jour après jour. La Chine détiendrait actuellement des devises étrangères pour une valeur d'environ 2,3 trillions de dollars, et dont la majeure partie sont effectivement des dollars. Avec cette monnaie, la Chine serait en mesure de se payer d'un seul coup près de 80 000 tonnes d'or.

Tandis que les prix futures de l'or sur le COMEX restent modérés, le prix réel du lingot affiche une prime conséquente compte tenu du manque de vendeurs face à une demande forte. Des pénuries semblent se répandre pour ce qui concerne les lingots de petite taille notamment et les pièces.


HSBC, ça va baisser!

Dans le premier article de cette série, il était expliqué que JP Morgan et HSBC sont dans le classement de tête des banques détentrices de produits dérivés. Les positions vendeuses sur le COMEX en font partie, si je ne m'abuse. Entre le prix des métaux précieux qui ne demande qu'à monter, et les gardiens de ces mêmes métaux par le biais du SLV et du GLB, qui ne détiennent très probablement pas les quantités physiques de métal qu'elles sont censées conserver, il suffirait probablement qu'une proportion modeste d'acheteurs du GLB ou du SLV demande à recevoir la contrepartie physique de leurs avoirs pour mettre ces banques en faillite.

Cette faillite pourrait tout aussi bien se produire si le prix de l'or ou de l'argent se mettait à progresser brutalement, comme le démontre le graphe suivant sur lequel on constate que l'évolution du prix de l'or et celui du cours de HSBC sont pratiquement symétriques.


Ces pirates implacables que sont les banques commerciales JP Morgan et HSBC, qui ont vendu des promesses qu'elles ne seront pas en mesure de tenir, finiront par être prises à leur propre piège. Le levier qu'elles ont utilisé contre les investisseurs depuis si longtemps scellera leur propre arrêt de mort.

Les problèmes ont d'ailleurs semble-t-il commencé à entamer sérieusement les fondations de la banque anglaise, qui cherche à vendre pour 3 mds d'euros d'immeubles: son siège de Londres, son siège de Paris, ainsi que plusieurs bureaux de New-York, pour n'en être plus que locataire. Cette décision intervient suite à la levée récente de 12,9 milliards d'euros par le biais d'une augmentation de capital.

lu sur daily-bourse.fr

Nicolas, alias philippulus

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