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La moitié de lor des banques centrales 18:04 13/03/08
aurait disparu
Par : Nicolas Flamel
Les banques centrales pourraient bien ne posséder dans leurs coffres que la moitié de lor quelles prétendent détenir, déclare un groupe de veille dans une annonce publiée récemment dans le Wall Street Journal.
Le Gold Anti-Trust Action Committee (GATA), déclare que la Réserve Fédérale et le Trésor américain manipulent subrepticement les réserves dor du pays en participant à des leases non-déclarés. Le GATA pense que la majeure partie de lor loué de cette façon ne retournera jamais dans les coffres des banques centrales.
« Avec une demande dor mondiale si forte, il est devenu impossible de récupérer la majeure partie de lor qui a été loué sans faire énormément augmenter son prix », déclare le président du GATA, William J. Murphy III.
« La plupart des observateurs calcule que les réserves des banques centrales sont supposées sélever à environ 30 000 t dor dans le monde, mais nous pensons que la quantité dor qui sy trouve réellement est plus proche de 15 000 t », a affirmé Murphy, « le reste a disparu ».
Le Trésor américain réfute cette affirmation, insistant sur le fait que les stocks sont contrôlés régulièrement.
« Nous voulons révéler et stopper la manipulation du marché de lor par le Trésor américain et la Réserve Fédérale dès à présent », a déclaré Murphy, ajoutant que « lobjectif de cette annonce est dinformer les gens du monde de linvestissement de ce qui se passe dans les coulisses des marchés de lor et des marchés financiers américains ». Il a expliqué que le GATA a décidé de verser 264 000 $ au Wall Street Journal pour placer une annonce dune page entière dans lédition nationale car la presse financière na pas couvert lévénement.
Lannonce sintitule « Quelquun a-t-il vu notre or ? », et affirme que les réserves dor américaines entreposées à Fort Knox ou à West Point ont gravement diminué car la Réserve Fédérale et le Trésor américain les envoient à létranger pour régler des transactions complexes destinées à étouffer le prix de lor.
Le GATA déclare également que la stratégie de manipulation du prix de lor par le gouvernement américain a commencé à échouer.
« Lobjectif de cette manipulation est de cacher la mauvaise gestion du dollar américain afin quil conserve sa fonction de monnaie de réserve du monde », peut-on lire dans cette annonce.
« Le prix récent de lor, approchant les 1000 $ lonce, montre que le plan détouffement du prix est en train de vaciller, déclare le GATA. « Lorsque tout le monde aura compris que les banques centrales étouffent le prix de lor, son prix pourrait monter jusquà 3000 $, 5 000 $ lonce, voire plus ».
Comme preuve de la manipulation du prix de lor par le Trésor américain et la Réserve Fédérale, le GATA cite le rapport hebdomadaire du Trésor sur la position des réserves internationales de devises du gouvernement, qui depuis le mois de mai a inscrit les prêts et les swaps dor comme une composante des réserves dor américaines.
Lannonce cite également une déclaration de lancien gouverneur de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan, qui a dit au Congrès le 24 juillet 1998 que «les banques centrales se tiennent prêtes à prêter de lor en cas daugmentation de son prix ».
La déclaration la plus récente du Trésor américain quant aux positions des réserves internationales américaines, publié le 24 janvier, fait état de 71 515 000 milliards de dollars de réserves de devises internationales, dont 11 041 000 milliards de dollars dor (y compris les dépôts dor, et, le cas échéant, lor swappé).
La Banque des Règlements Internationaux rapporte que le marché des produits dérivés de lor a atteint un record de 640 milliards de dollars en décembre 2006.
Murphy souligne que faire remonter les produits dérivés vers les transactions des banques centrales, et déterminer précisément le degré dimplication de la Réserve Fédérale et du Trésor américain est impossible pour le moment, étant donné le manque de responsabilité publique et de transparence du système financier des produits dérivés de lor dans le monde entier.
Murphy a déclaré que son groupe a formulé une requête à lintention du Trésor américain et de la Réserve Fédérale « afin de découvrir ce quil en est de cette composante des réserves dor américaines ».
« Quen est-il réellement de lor américain qui est supposé appartenir au peuple américain ? », demande-t-il. « Lor américain a-t-il été mis en jeu sans que le Trésor ou la Fed ne mette le peuple américain au courant ? »
Une déclaration sur le site du Trésor affirme que le Fonds de Stabilisation des Échanges na pas été utilisé afin de manipuler le prix de lor. Mais impossible de trouver sur le site du Trésor une déclaration qui nie catégoriquement que celui-ci procède à des swaps dor, des leases ou des contrats à terme pour dautres raisons que celle de manipuler le prix de lor.
La London Bullion Market Association publie sur son site Web une liste de plus de 80 membres travaillant en tant que « faiseurs de marché pour les banques dinvestissement » dans les marchés mondiaux de lor et des matières premières, et qui sont à lorigine et participent à divers produits dérivés de lor, dont les leases et les swaps.
Les membres américains de la liste de la London Bullion Market Association comprennent Bear Stearns Forex Inc., Goldman Sachs International, JP Morgan Chase Bank, Bank of America, Citibank, Merrill Lynch et Morgan Stanley.
Un mémorandum rédigé le 28 février 2003, au nom de Barrick Gold Corporation, un grand producteur dor affilié à la banque dinvestissement J. P. Morgan, reconnait que Barrick se livre, avec les banques centrales, à des leases dor et à dautres transactions liées à lor, sans toutefois admettre que ces transactions sont réalisées au nom de la Réserve Fédérale et du Trésor.
En septembre 1999, après une réunion des banques centrales européennes à Washington, celles-ci ont signé ce qui est maintenant connu sous le nom d « Accord de Washington », un accord dans lequel les banques ont accepté de limiter leurs ventes dor à 400 tonnes par an et de ne pas étendre leurs opérations de leasing au cours des 5 ans que couvre laccord.
Dans le cas dun lease dor, une banque centrale prête de lor à une banque dinvestissement avec un taux dintérêt nominal, habituellement 1%.
Ensuite, la banque dinvestissement met lor prêté sur un marché, tel que le London Bullion Market, où lor physique est vendu, augmentant ainsi la quantité dor disponible sur le marché.
Des problèmes surgissent lorsque le prix de lor augmente beaucoup comme cela a été le cas au cours des derniers mois, avec une once à plus de 900 $.
Et quand, à la fin de la période de bail, il faut rendre à la banque centrale lor prêté, il se peut que la banque dinvestissement doive retourner sur le marché et acheter de lor à un prix bien plus élevé que lorsquil a été prêté.
Afin de se couvrir contre ce risque, la banque dinvestissement achète habituellement des contrats à terme ou des options dachat dor pour sassurer dêtre fournie à une date et à un prix futurs spécifiés.
Dans le monde des produits dérivés de lor, il existe une grande diversité de contrats, dont des transactions dans lesquelles les banques centrales séchangent leurs réserves dor afin de pouvoir poursuivre le leasing ou dautres transactions dérivées de lor, qui utilisent lor de lautre banque centrale et non le leur.
Les swaps dor rendent les transactions des banques centrales encore moins transparentes et plus difficiles à suivre.
Daprès les règles actuelles du FMI, les banques centrales ne sont pas tenues de révéler, sur leur déclaration financière, la quantité dor qui devra servir pour honorer des contrats sur des produits dérivés de lor, dont des leases et des swaps.
Pas plus que les banques dinvestissements ne sont tenues de révéler au public les contrats par lesquels elles prêtent de lor qui appartient aux banques centrales.
Lor atteint aujourdhui de nouveaux records, avec des contrats à terme se rapprochant chaque jour de 1000 $ lonce sur le New York Mercantile Exchange.
Nicolas Flamel
Alchimiste moderne
..ou comment faire de lor avec du papier