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31 mars 2007 10:59

Faut-il quitter la France ? LIRE >
Faut-il quitter la France ?

On ne sait pas précisément combien de Français quittent chaque année le pays pour s’expatrier, on n’en connaît même pas toujours précisément les raisons, mais ce dont on est absolument certain, c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux, et que cela concerne désormais toutes les catégories de personnes, dans tous les milieux.
Le ministère des Finances annonce un chiffre de trois cents contribuables très fortunés qui s’exilent ainsi chaque année pour raisons fiscales, mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quels que soient leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire.

Le problème nécessite d’être pris très sérieux, et nul ne sait réellement l’impact qu’il peut avoir sur la société française, encore moins sur l’économie française.

Ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, des étudiants de haut niveau, des chercheurs, des cadres dirigeants, des cadres supérieurs, des créatifs, des inventeurs, des visionnaires. La nouveauté, c’est qu’ils ne sont plus seulement issus de la “matière grise”, de plus en plus de “travailleurs”, des gens dynamiques et actifs qui n’ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la “décroissance” de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

Gardons bien à l’esprit que le modèle français est considéré partout à l’extérieur comme très qualitatif, il est perçu comme un système sans faille, parfait, idéal, envié même, où tout le monde semble vivre heureux dans le meilleur environnement possible, bref une idée vieille de trente ans.

Par conséquent, le Français sera toujours accueilli de la meilleure manière qui soit partout ailleurs, le capital sympathie est tellement important qu’on ne voit plus très bien où sont les freins au départ.

Quand on regarde les choses en face, ou de l’intérieur, on est bien obligé de constater qu’il y a un écart absolument énorme entre ce que le pays est censé être, et ce qu’il est vraiment, ou encore ce qu’il est censé apporter, et ce qu’il apporte vraiment. Pendant longtemps, cet écart pouvait être supporté, mais à force de se creuser davantage, il est devenu suffisamment inacceptable pour déclencher chez certains l’impulsion du projet de départ.

On ne peut pas reprocher le manque d’objectivité de ceux qui quittent le navire avant qu’il ne sombre. On ne peut pas non plus critiquer leur manque de patriotisme, ou d’honneur. Dans un monde global, où l’individualisme est un mode de vie largement répandu et même plébiscité, il n’est pas anormal de penser qu’on puisse trouver mieux ailleurs, surtout quand cela devient criant de vérité, et qu’il suffit de voyager un peu (réellement, ou simplement sur l’Internet) pour s’en rendre compte.

La France donne des signes incontestables de déchéance. Le pays est “techniquement” en situation de faillite, et le terme n’est pas exagéré. Faillite économique et financière, d’abord, et faillite sociale ensuite. Dans tous les domaines, il est devenu très difficile de trouver des raisons valables pour rester vivre en France. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Certains affirment même que dans bien des cas, il n’est plus possible de faire machine arrière sans une rupture brutale, et forcément toujours dramatique.

On pourrait évoquer quelques domaines où le malaise est fortement présent.

Le système éducatif français n’est plus à la hauteur, il est complètement à la dérive, à tous les niveaux. Le corps enseignant est démobilisé et rendu inefficace, les infrastructures sont inadaptées, les résultats sont catastrophiques. Quand le ministère de l’Éducation annonce 82% de réussite au baccalauréat, les professeurs, eux, affirment qu’on ne dépasserait pas 30 ou 40% si l’on appliquait les mêmes règles qu’il y a dix ans. Nos universités sont des dortoirs à étudiants qui n’ont aucune vocation à y entrer. Pour bénéficier d’un environnement éducatif un peu meilleur, il faut pouvoir intégrer des établissement privés, qui ne sont donc pas à la portée de toutes les bourses.

Les nouvelles générations de Français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n’ont aucun goût pour le travail ou l’action proactive. Des idées simples, telles que “l’effort amène la récompense”, “le travail est un mal nécessaire” ou “la réjouissance passe par le travail” ont disparu de leur système de pensée.

La France disposerait a priori d’un bon réseau de santé et offre une bonne couverture sociale. Malheureusement, l’accueil qu’on nous réserve dans les hôpitaux se dégrade. Le niveau des équipements et des technologies n’est plus pertinent. On ne peut pas facilement être pris en charge dans des unités spécialisées pour bénéficier des meilleurs soins, on entend même ici ou là que pour se faire opérer par un spécialiste, il faut pouvoir payer des honoraires supplémentaires... plus ou moins discrétionnaires.

On ne cesse de le répéter, la France est championne du monde de la fiscalité la plus lourde, mais aussi la plus injuste. Cette seule raison pourrait suffire à tous nous faire fuir, parce que partout ailleurs la charge qui pèse sur le fruit de notre travail serait inférieure.

Dans le domaine de l’entreprise, créer une société ou se “mettre à son compte” implique désormais des risques qui peuvent rapidement s’avérer insurmontables, les gens sont découragés lorsqu’ils observent l’expérience de ceux qui s’y sont essayés. Les “mauvaises surprises” s’accumulent quotidiennement, sans compter la dégradation de l’image du “patron” dans le pays. L’entrepreneur devrait être valorisé avec la plus haute distinction, puisqu’il est l’unique maillon de la chaîne économique qui est à l’origine de la création des richesses, et qui œuvre surtout pour les autres, en définitive.

La France offre une grande liberté de façade, mais en réalité la complexité de ses règles, et la multiplicité des associations dont le but est d’augmenter les droits de certains en diminuant ceux des autres font qu’il devient de plus en plus difficile d’évoluer librement, ou d’entreprendre librement.

En France, la Justice est à deux vitesses, voire à trois vitesses (on observe un traitement différent pour les riches, pour les pauvres, et pour les affaires médiatisées). Quand on interroge les Français au sujet de la Justice, ils sont 75% à penser qu’elle est injuste dans leur pays.

On pourrait passer des heures à lister tous les problèmes qui s’accumulent en France, on pourrait parler du pouvoir d’achat qui baisse du fait de l’augmentation des prix, de l’impact de l’euro, de l’augmentation des charges directes et indirectes inévitables sur les individus, de la situation des entreprises qui étouffent et se retrouvent souvent au bord du gouffre, et de tout ce qui est soutenu artificiellement, on pourrait encore parler d’injustice, de criminalité en hausse, d’insécurité, et de la dégradation de la qualité de vie en général.

Certains se demandent s’il ne faudrait pas tout recommencer à zéro, en mettant tout à plat une fois pour toute, en tapant du poing sur la table. Politiquement, le pays ne devrait-il pas être dirigé par un “dictateur visionnaire et sage” plutôt que par des alternances de droite et de gauche qui l’ont mené où il est aujourd’hui, et qui continueront dans une voie similaire, probablement dans un cadre démocratique qui n’en porte plus que le nom ?

Pourquoi reste-t-on en France aujourd’hui ? Pour une majorité d’entre nous, il est encore difficile d’admettre qu’on puisse laisser derrière soi l’endroit où on a toujours vécu, son travail, sa famille, sa maison, ses projets, son pays, ne serait-ce que par principe. Le véritable frein aujourd’hui, ce n’est pas le patriotisme, mais plutôt un facteur psychologique lié à la peur de l’inconnu, qui s’estompe néanmoins.

Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que ceux qui quittent la France le font exclusivement pour des questions financières, la majorité des expatriés que je rencontre partout dans le monde (en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient ou un peu partout en Europe) certifient qu’ils ont surtout cherché une meilleure qualité de vie, plus de tranquillité, plus de liberté, moins de criminalité, plus de visibilité à long terme, plus de sécurité, moins de pressions diverses, plus de joie de vivre. L’argent vient souvent après toutes ces considérations naturelles et humaines.

Un autre élément troublant est que la plupart de ces gens qui partent ne souhaitent pas revenir en France si la situation s’améliore, certains garantissent même qu’ils ne reviendraient pour rien au monde.

J’ai bien peur que par la force des choses, de plus en plus de gens vont trouver évident de quitter la France pour trouver mieux ailleurs, ils découvrent que ce projet personnel est finalement assez réaliste et plutôt facile à faire aboutir.

Nous sommes à un seuil où les Français les plus actifs, vivant seuls, et ils sont nombreux, n’auront plus aucun complexe à quitter la France, et pourquoi pas l’Europe. Ce mécanisme me paraît inéluctable et hautement dangereux, et je ne vois pas bien ce qui pourrait le limiter ou l’inverser ; il résulte naturellement d’une politique nationale et européenne déplorable dans bien des domaines.


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17227

25 réponses

  • 05 avril 2007 11:46

    jour en jour. Quelques exemples : Les salles de spectacle, comédies musicales, sont vides à Paris. 40 spectateurs ont assisté au dernier show de Polnareff qui avait pourtant fixé le prix du billet à 5 Euros.

    Les restaurants se vident.

    Dans les salles de classes, plus personne n'a de téléphone portable: Trop cher.

    Les vacances approchent et plus personne ne part au ski. Les autoroutes sont vides.

    Sur les plages du midi, plus personne, ni dans les restaurants. La Rochelle et ses restaurant est vide.

    Les producteurs donnent leur foie gras et le saint Emilion aux cochons faute d'acheteur.

    Vite, appelez Spielberg pour qu'il vienne tourner un fim catastrophe en France !


  • 05 avril 2007 12:18

    augmentation de la TVA CSG RDS PV bourse AMENDE un nouveau impôt sur les retraites annulation du bouclier fiscal a 60% augmentation des impôts direct ISF revu a la hausse


  • 05 avril 2007 12:26


  • 05 avril 2007 12:31

    ca ne sert à rien que vladimir nous rabache la même chanson.On le sait et on se prépare gentiment à l'exil si on est de ton avis,ce n'est pas la peine de le clamer partout.Tu vas augmenter l'ire des autres
    Il suffit d'un brin de jugeotte pour prendre la decision adequate en fonction de beaucoup plus de critères que tu penses (famille,biens possédés,langues et capacités......)
    Dans ma classe en 1943 il y avait déja des va nu pieds c'était pire que de ne pas avoir de portables!!
    bonne chance


  • 06 avril 2007 20:13

    "mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quels que soient leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire."

    Mais ce n'est pas un phénomène nouveau ; ce qui est nouveau, c'est la progression du nombre d'expatriations pour des raisons fiscales.

    Au début de ma carière (c'était juste après 1968), j'avais fait des études et je paraissais plus que mon âge ...

    Mais j'avais le handicap de l'expérience compatible avec mon niveau d'études, et je ne trouvais pas de poste correspondant.

    Par contre, des entreprises implantées à l'étranger n'hésitaient pas à recruter de jeunes cadres, afin de leur confier la responsabilité de centres de profits ...

    Cela a donc durée une bonne dizaine d'années, et ensuite je suis rentré en France, avec l'âge et l'expérience qui me permettait de pouvoir me présenter aux postes auxquels on ne donnait pas suite auparavant.

    Il est donc certain que lorsque le marché de l'emploi, ou les pratiques de recrutement ne donnent pas satisfaction, cela conduit à ce que les candidats recherchent des postes ailleurs ; c'est d'ailleurs le cas de nombreux jeunes qui se rendent au Royaume-Uni où ils finissent par obtenir du travail dans une spécialité qui est la leur, alors qu'en France, on ne leur propose rien ...

    Par contre, pour les expatriations fiscales, il n'y aura de renversement de tendance que si la fiscalité venait à devenir moins confiscatoire, et surtout plus stable ....


  • 07 avril 2007 12:26

    Ce n'est pas la fiscalité qui fait émigrer, mais la place qu'on lui attribue dans son échelle de valeur.

    Qu'est ce qui se à changé le plus vite ? la fiscalité ou l'echelle de valeur?


  • 13 avril 2007 18:34


  • 16 avril 2007 08:40

    la fiscalite vient d un etat d esprit du pays qui decourage l initiative et la creation de richesse, au profit de l etat providence
    ce n est pas tant le niveau des impot qui est le probleme c est la raison qui fait que ces impots soient en augmentation permanente qui fait desesperer les gens actifs


  • 19 avril 2007 08:02

    fait peur !

    plus que le niveau de l'impot lui meme ce sont les remises en questions permanente par les politiques qui finissent par user

    bouclier à 50%, non bouclier à 60% NON en cas d'éléction des socialos on le suprime........

    BASTA au bout d'un moment on reve tous d'une retraite tranquille en suisse ou ailleurs sans etre obligé de jouer l'avocat fiscaliste 2 ou 3 mois chaque année.


  • 20 avril 2007 10:31

    les gouvernements français ont souvent été nuls,s'engageant dans des guerres absurdes(Charles VIII,Louis XII,François Ier),restreignant les libertés(Louis XIV),abandonnant de bonnes alliances et des territoires immenses(Louis XV),sans parler des 2 derniers siècles.Actuellement,nos gouvernants et ceux qui les inspirent préfèrent faire fuir les boones valeurs et accueillir toute la misère du monde,au détriment de ceux qui ne peuvent pas ou n'osent pas partir.


  • 10 novembre 2007 11:50

    je pense aussi à quitter la France si mon pouvoir d'achat baisse, particulièrement quand je serais à la retraite.j'aime mon pays, mais tout devient cher.


  • 10 novembre 2007 13:13

    J'ai passé 25 ans à l'étranger,

    Je viens de rentrer

    Pour payer l'ISF, l'IR certes ( mais en défiscalisant au paradis des niches fiscales)
    Mais aussi pour boire mon café au comptoir, revoir les restaus, aller au théatre, et bénéficier du service de santé français (quoique j'en bénéficiais déjà grâce à la CFE et mon assurance rapatriement)

    Au lieu de vous plaindre tout en restant en Francer, pensez plutôt que de nos jours
    L'anglais et le hollandais viennent habiter en France
    Le français va travailler en Chine
    Le Chinois va en Afrique ..
    etc..

    Le mal français c'est peut être de se plaindre tout en ne prenant pas son sort en main
    BOUGEZ,



  • 10 novembre 2007 17:22

    Justement, quand on vient de rentrer en France on ne peut pas réaliser totalement l'état de délabrement avancé de ce pays, : fiscalité, sécurité, assistanat généralisé, santé (je connais bien ce problème) : la relève, notamment des chirurgiens, anesthésistes, obstétriciens n'existe tout simplement plus, quant au nombre de scanner et IRM, on est derrière la Turquie... Bon courage pour le restant du séjour à notre futur ex-impatrié.


  • 10 novembre 2007 19:18

    je parie que tu tiendras 2 ans au plus


  • 12 novembre 2007 18:36

    et on parle de sécurité ??????
    C'EST LA GALèRE QUAND IL PLEUT ON n'Y VOIS RIEN
    pauvre FRANCE


  • 19 novembre 2007 20:35

    Interessant article criant de vérité :))


  • 21 novembre 2007 18:49

    peut en voir ses néfastes effets sur certains forums, où les alcolo-dépressifs viennent déverser leur bile - normal, ils ont le foie fragile - et leur fiel - et les intestins aussi - par l'intermédiaire de leur clavier, en usant de lieux communs usés jusqu'à la corde.


  • 21 novembre 2007 21:15


  • 23 novembre 2007 13:26

    la vie de mes enfants sera vraiment en danger !! Je suis comme tout le monde : une "râleuse" invétérée mais l'herbe n'est pas aussi UNIFORMEMENT verte ailleurs. L'idéal n'existe pas il n'y a que des situations faites d'avantages et d'inconvénients. A chacun de voir dans quel sens penche la balance pour LUI


  • 05 mars 2008 22:33

    suis parti, par contre je SAIS pourquoi je ne reviendrai pas: LES TAXES.


  • 06 mars 2008 12:23


  • 06 mars 2008 17:32


  • 06 mars 2008 22:07


  • 14 mars 2008 20:51


  • 23 mars 2008 04:16


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