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FCPI : Un millésime de sortie de crise

10 nov. 2009 18:25

Un millésime de sortie de crise

Par Dimitri Moucheroud le 06/11/2009



Après une campagne de printemps assez décevante, les gestionnaires de FIP et de FCPI semblent avoir retrouvé la confiance en cette fin d’année Pour cela, ils mettent en avant les avantages du non-coté tant au niveau de la diversification que des opportunités offertes par cette classe d’actifs



Malgré une collecte en forte baisse enregistrée au printemps dernier lors de la campagne pour l’impôt de solidarité sur la fortune (lire l’encadré), les professionnels des fonds d’investissement de proximité (FIP) et des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) anticipent une fin d’année plus favorable. « Les distributeurs semblent avoir retrouvé un certain optimisme avec une visibilité meilleure pour les prochains mois »,estime ainsi Grégory Sabah, directeur du développement et des relations investisseurs chez NextStage.

Une classe d’actifs à part entière.
Trop souvent réduits par le passé à de simples produits de défiscalisation, les FIP et les FCPI sont aujourd’hui présentés par les professionnels du capital-investissement comme une alternative à la chute des marchés financiers, capables de délivrer de la performance. Au mois de septembre dernier, les porteurs de parts du FCPI Innovation 1 d' A Plus Finance, lancé en 2001, ont ainsi été remboursés à hauteur de 145 % de la valeur de leur investissement. Un résultat à mettre en parallèle avec les -20 % réalisés par le CAC 40 sur la même période. « Le secteur du non-coté semble donc avoir trouvé sa place, à côté des actions et parts de fonds cotés certes plus liquides, mais aussi plus volatils »,estime Guillaume de Trogoff, directeur commercial d' A Plus Finance.
Les professionnels soulignent également le rôle du capital-investissement dans le financement de l’économie.« Dans un contexte de durcissement des conditions d’accès au crédit bancaire et aux marchés, les particuliers sont sensibles à la dimension concrète et citoyenne du produit, qui permet à de petites entreprises de se développer »,explique pour sa part Christophe Vernières, directeur associé de Label Finance, qui distribue les fonds d’Innoven Partenaires.

De nouveaux secteurs.
Les gestionnaires entendent aussi répondre aux nouvelles attentes morales des investisseurs particuliers. Un nombre croissant de sociétés proposent ainsi des fonds axés sur la santé et les technologies liées au développement durable, incluant par exemple le traitement des déchets ou le secteur de l’eau: « Notre fonds A Plus Planet 3, qui fait l’objet d’une convention de mécénat avec les équipes de GoodPlanet.org, la fondation de Yann Arthus-Bertrand, suscite ainsi de plus en plus d’intérêt »,commente Guillaume de Trogoff.
Le constat est le même du côté de la Financière de Champlain qui vient de lancer un FCPI thématique Champlain Innovation sur l'économie durable en partenariat avec Siparex. « Au-delà des énergies éolienne et solaire, nous allons chercher les nouvelles technologies liées à la biomasse, à l'efficience énergétique ou encore à la chimie verte et à la sécurité alimentaire », présente Barthélémy Renaudin, responsable du pôle Santé de la Financière de Champlainet du projet FCPI avec Siparex. « Ces secteurs nécessitent une expertise importante mais offrent une perspective de plus-value plus élevée, la concurrence y étant moins forte »,poursuit-il.

Un investissement à durée indéterminée.
Si les professionnels déploient autant d’efforts,c’est que l’investissement dans des parts de FIP et FCPI reste cependant risqué et sa durée est hasardeuse. La plupart des produits prévoient une durée de vie de huit ans pouvant être prorogée deux fois pour une période d’un an. Pour Christophe Vernières, près de 90 % des fonds lancés en 2001 ont ainsi été prorogés. « La prorogation ne doit pas être perçue comme un événement négatif, mais bien comme un outil permettant au gestionnaire d’assurer aux porteurs de parts une meilleure sortie. L’essentiel, dans ce cas, est de bien expliquer la situation au client »,explique Christophe Vernières.
A l’issue de la durée du produit, une période de liquidation débute. « Censée durer douze mois, cette période de liquidation peut, en réalité, dans des circonstances exceptionnelles, être reconduite autant de fois que nécessaire pour sortir les lignes à leur juste prix dans l’intérêt du souscripteur »,précise Christophe Vernières.

Anticiper la sortie dès le lancement du fonds.
Afin d’éviter la multiplication de ces situations, les gérants de FIP et de FCPI tentent donc d’anticiper le plus précisément possible le mode et le niveau de sortie. « Nous commençons toujours l’étude d’un dossier en pesant le risque que cette entreprise ait disparue ou non à l’échéance du fonds et réfléchissons dès l’entrée à la sortie idéale : cession industrielle, cession à des fonds secondaires, introduction en Bourse, ou leverage buy out (LBO) »,détaille Guillaume de Trogoff. « Depuis la crise, nous avons beaucoup revalorisé le critère sur la visibilité de sortie en ayant une approche extrêmement minutieuse sur les possibilités de sortie indépendamment des précautions d'usage des pactes d’actionnaires », confirme Christophe Vernières.
La valorisation croissante accordée à la sortie a conduit de nombreux professionnels à concentrer leurs portefeuilles en cherchant à accompagner toutes les lignes jusqu’à l'échéance. Partant de 20 à 30 lignes, beaucoup de fonds entendent se limiter désormais à 15, voire 10 participations par portefeuilles. La stratégie consistant à miser sur l’explosion des multiples de 20 % des lignes pour compenser la disparition des 80 % restants semble donc aujourd’hui dépassée.

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