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Europe de l Est : Les zones d'ombre du conflit gazier ent

08 janv. 2009 12:17

Les zones d'ombre du conflit gazier entre Moscou et Kiev

Jouer les arbitres dans la nouvelle guerre du gaz entre la Russie et l'Ukraine ne sera pas chose facile pour l'Union européenne. Alors que les négociations entre Kiev et Moscou devaient reprendre jeudi 8 janvier, la confusion est totale sur les responsabilités de chacune des parties.

Officiellement, c'est Gazprom qui a donné l'ordre d'arrêter le transit du gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine. "Coupez !", a ordonné le premier ministre russe, Vladimir Poutine, au président de Gazprom, Alexeï Miller, lors d'un entretien retransmis par toutes les chaînes de télévision, mercredi. Pour Moscou, il s'agissait d'empêcher le "vol" du gaz russe par Kiev, une imputation rejetée par les Ukrainiens.

Pourtant, Gazprom accuse l'Ukraine d'avoir fait fermer les quatre gazoducs qui transitent vers le Vieux Continent. Qui faut-il croire? Les observateurs européens censés être déployés à la frontière devront se rendre à l'évidence : la guerre du gaz entre Kiev et Moscou n'a rien d'une dispute commerciale.

En surface, le différend porte sur le prix du gaz russe livré à l'Ukraine. Que la Russie mette fin aux subsides de l'époque soviétique, quand les "républiques sœurs" achetaient leur gaz à un prix dix fois inférieur au marché, Kiev n'y trouve rien à redire. Mais l'Ukraine veut une augmentation graduelle. Le 31 décembre 2008, elle a refusé la proposition de Gazprom d'un gaz à 250 dollars les 1000 mètres cubes.

En l'absence d'un contrat pour 2009, le géant russe a eu toute la liberté d'interrompre ses livraisons à l'Ukraine. Depuis, les relations se sont envenimées et le tarif proposé par Gazprom a doublé, à 450 dollars. Ce prix est un pari impossible pour l'Ukraine, durement touchée par la crise mondiale. Confrontée à la chute des prix des métaux, son principal poste d'exportation, l'industrie ukrainienne risque de se retrouver en situation de faillite si le gaz, dont la métallurgie est grande consommatrice, coûte aussi cher. Entrés en année électorale – législatives en mars, présidentielle dans douze mois –, les politiques ukrainiens voudraient éviter une augmentation des tarifs aux particuliers.

STRUCTURE OPAQUE

Ces désaccords sur le gaz durent depuis 1992. Comme en 2006, Gazprom a choisi la période électorale en Ukraine pour fermer les vannes. Récemment, Rossiiskaïa gazeta (du 23 décembre 2008), le journal officiel du gouvernement russe, a ouvertement invité les Ruthènes, une ethnie de l'Ukraine occidentale, à réclamer leur indépendance et à s'emparer du réseau de gazoducs qui traverse la Transcarpathie.

Depuis 2006, toutes les transactions gazières entre les deux pays se font via une structure opaque, RosUkrenergo. Sise dans le paradis fiscal du canton de Zoug (Suisse), cette société, détenue à 50 % par Gazprom et à 50 % par des oligarques ukrainiens proches du pouvoir à Kiev, empoche tous les bénéfices. Aucune taxe n'arrive dans les caisses des Etats concernés mais l'argent va à des oligarques russes et ukrainiens mal identifiés.

En période électorale, les politiques au pouvoir à Kiev ne sont pas prêts d'y renoncer et Gazprom, qui a toujours eu du mal à se faire payer, n'y est guère disposé. En Ukraine comme en Russie, la prééminence de la loi ou la bonne gouvernance des entreprises ne sont pas vraiment des priorités.


6 réponses

  • 08 janvier 2009 12:18


  • 08 janvier 2009 12:23


  • 08 janvier 2009 12:25

    tout est bien + compliqué... en outre le syphonnage des pipe russe par les ukrainiens ou par les russes vivant en ukraine agissant sur commandes plus excatement est une tarte a la creme, ca a toujours existé. Miller sur ordre de la douma a besoin de trouver une moyen de pression pour pourrir la situation politique deja calamiteuse de Yuchenko avant fin 2009 -elections- et pour tenir kiev dans son giron loin des bisous fait par l'OTAN, principal raison de la guerre habituelle certes qui se durcit sur fond de credit crunch et de baisse terrible des commodities.


  • 08 janvier 2009 12:27

    je file feter tout cela en famille avec qqs perochkii et un peu d'ikra bien entendu


  • 09 janvier 2009 11:56

    «Le but de la Russie et de l'Ukraine est d'instrumentaliser l'UE»
    INTERVIEW

    Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue «Pétrole et gaz arabes», décrypte pour Libération le conflit gazier entre la Russie et l'Ukraine.

    22 réactions

    Recueilli par PHILIPPE BROCHEN

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    La Russie a coupé jeudi l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un accord sur le prix des livraisons pour 2009, faisant craindre une répétition du scénario de 2006, où le différend russo-ukrainien avait perturbé l'approvisionnement de plusieurs pays d'Europe.

    Comment en est-on arrivé à cette situation ?

    C'est tout d'abord un nouvel épisode de ce conflit récurrent entre la Russie et l'Ukraine, puisqu'on se souvient d'une crise de pareille ampleur il y a trois ans. Et plus largement, chaque année à la même période, il y a des situations tendues entre les deux pays, même si elles n'ont pas débouché sur des réductions de l'approvisionnement. Mais chaque fois, on assiste à une épreuve de force.

    Quels sont les motifs de ces tensions?

    C'est une crise qui relève à la fois de facteurs économiques et politiques. Côté russe, Gasprom présente toujours ce conflit comme purement commercial. Et dans cette logique, lorsque vous avez un pays importateur qui ne paye pas, vous coupez les livraisons. C'est la présentation de la Russie, et il y a une part de vérité, même si elle est partielle. Mais Moscou a du mal à dissimuler la partie politique de ce conflit. A plusieurs reprises, les autorités russes ont dit: «L'Ukraine n'a pas d'argent, elle n'a qu'à en demander à l'UE et au FMI.» Cette déclaration officielle montre bien le dépit russe face au rapprochement avec le camp occidental.

    Le nerf du conflit n'est donc pas uniquement financier ?

    Non. L'Ukraine paie un prix largement inférieur au prix payé par les Etats de l'UE. Même si la Russie souhaite depuis plusieurs années aligner le prix payé par l'Ukraine sur les prix payés par les Européens. Elle n'a pas pu le faire, car les deux pays ont une capacité d'influence l'un sur l'autre. Moscou peut couper le gaz à l'Ukraine. Du côté de Kiev, la menace peut être de perturber le transit du gaz russe vers l'Europe occidentale. Une sorte de «Je te tiens, tu me tiens par la barbichette».

    C'est-à-dire que si l'Ukraine n'avait pas ce pouvoir de «nuisance», la Russie aurait pris des mesures beaucoup plus drastiques à son encontre ?

    Exactement. Il ne faut pas oublier que 80% du gaz russe destiné à l'UE transite par l'Ukraine. D'où les projets de Moscou de créer de nouveaux gazoducs (comme sous la mer Baltique pour arriver directement en Allemagne) afin de contourner l'Ukraine. Mais cela prend du temps.

    Les deux pays s'accusent mutuellement. La Russie accuse l'Ukraine de détourner son gaz. L'Ukraine accuse la Russie de réduire ses fournitures de gaz. Qui a raison?

    Il est difficile d'y voir clair actuellement. On n'a que les affirmations des uns et des autres. Difficile, donc, de dire qui a raison. Ce qui est sûr, c'est que Moscou et Kiev ont intérêt à internationaliser la crise pour que l'UE intervienne et fasse pression sur l'autre partie. Chaque pays est donc tenté d'instrumentaliser l'Europe à son profit. C'est une partie de poker dont le but est de faire entrer l'UE dans la danse.

    Quelle peut-être la sortie de crise?

    Eh bien que l'UE intervienne. Mais elle ne veut pas le faire tout de suite. Et elle le fera de façon discrète et diplomatique en incitant les deux parties à revenir à la table des négociations.

    Pour négocier quoi ?

    Un nouveau compromis pour un accord pour l'année 2009 sur le prix des livraisons de gaz russe. La Russie veut toujours augmenter ses prix vis-à-vis de l'Ukraine. En 2008, Kiev payait 175 dollars pour 1.000 pieds cube de gaz. Actuellement, la Russie voudrait des prix supérieurs à 400 dollars. Et plus l'Ukraine tarde à signer, plus la Russie augmente ses prix.

    La France sera-t-elle affectée par ce conflit?

    Je crois qu'on a raison d'être assez serein par rapport à cette crise. Primo, il est peu vraisemblable que cette crise soit de longue durée. Secundo, la France accorde beaucoup d'importance à la sécurité de ses approvisionnements. Avec une dizaine de fournisseurs, c'est le pays européen le plus diversifié. Tertio, la Russie ne fournit que 15% du gaz français, derrière la Norvège et Algérie, et à égalité avec les Pays-Bas. Enfin, la France a développé une importante capacité de stockage de gaz, avec douze sites qui représentent 20% de la consommation annuelle française. Il n'y a donc pas de risque de rupture de fournitures.


  • 11 janvier 2009 22:13

    refusent désormais de l'appliquer, à part cela il s'agit d'un pays de droit :o))


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