Crédit immobilier : pourquoi les taux varient selon les régions
La tendance se confirme : les taux des prêts immobiliers tendent à augmenter. Mais on sait moins quil reste des écarts entre ces taux, dune région à lautre. Cest ce que met en évidence le baromètre régional du courtier en crédit immobilier Empruntis.
Selon la dernière édition mensuelle, les taux ont globalement augmenté de 0,05 à 0,10 point du 13 décembre au 15 janvier. Un prêt de 10 ans se négocie entre 4,75 et 4,80%. Pour 20 ans, la fourchette se situe entre 4,85 et 4,90%, dans des conditions standard.
Mais il reste quelques disparités entre les régions, qui permettent de bénéficier dun prêt moins cher selon la zone dachat. « Même si les écarts ont tendance à se resserrer, les taux sont traditionnellement les plus hauts dans la région Est, et les plus bas à lOuest et en Ile-de-France », explique Maël Resch, dEmpruntis.
Jusquà 0,25 point décart
Effectivement, les taux minima constatés pour un prêt de 15 ans sont en moyenne de 4,63% dans lEst, contre 4,55% en Ile-de-France et 4,60 dans lOuest. Par contre, un prêt sur 30 ans peut se négocier au mieux à 5,15% dans la région Méditerranée, contre 4,90% en région parisienne, qui reste la dernière zone en France où ce type de prêt longue durée sobtient encore à moins de 5%, mais pour un très bon dossier. Autrement, les taux standard du marché dépassent cette limite psychologique des 5% dès quon envisage un crédit supérieur à 25 ans, nimporte où en France.
Mais quest-ce qui justifie ces disparités régionales, qui ont atteint jusquà 0,40 point les mois derniers ? « Les taux pratiqués reflètent les politiques régionales des banques », souligne Maël Resch. « Certaines enseignes ont des stratégies nationales, mais dautres, comme le Crédit Mutuel ou le Crédit Agricole (ACA) sont réparties en caisse régionales qui sadaptent au marché local ». Dans ces conditions, concurrence oblige, mêmes les banques centralisées sont obligées dadapter leur offres commerciales sur le terrain.
Ajustements locaux
Avec la remontée des taux dintérêt à long terme, les banques nont plus beaucoup de marge pour lancer des opérations chocs et faire la différence avec leur concurrent. Par conséquent, les écarts se réduisent. Mais elles font quand même quelques efforts pour sadapter au marché local et à leur clientèle : « quand les prix de limmobilier sont hauts dans un secteur, les banques compensent en baissant un peu leurs taux, afin de conserver un bon volume dencours », rappelle Maël Resch. « Cest par exemple ce qui se passe à Paris. Et lorsquune enseigne veut séduire un segment de clientèle en particulier, elle fait là aussi un petit effort ». Dans une zone qui attire les primo-accédants, les banques feront un geste sur les prêts de longue durée. Dans dautres secteurs, comme le bord de la méditerranée qui attire des personnes plus âgées et plus aisées, ce sont les durées courtes qui seront mises en avant.
Face aux conditions des marchés, les taux sont-ils condamnés à monter et à se niveler sur tout le territoire en 2008 ? « Pas forcément », poursuit Maël Resch. « Les acheteurs ont de plus en plus de mal à financer leur acquisition. Des caisses régionales pourraient en profiter pour lancer des campagnes commerciales axées sur des taux réduits ». Le marketing viendra-t-il au secours de la solvabilité des ménages ?