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BOUYGUES : les Echos

16 mai 2013 11:12

Péril en la demeure
Par Les Echos | 16/05 | 07:00
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Bouygues résiste grâce au BTP.


Les fondations d'une maison sont décisives pour la solidité de l'édifice. Bouygues teste depuis quelque temps celle de l'ordre des compagnons du Minorange. Avec succès. Car, même en période d'austérité et de restriction budgétaire, le BTP réussit à porter à bout de bras le groupe, ébranlé par l'irruption de Free dans la téléphonie mobile. Les résultats du premier trimestre 2013 attestent bien de la stabilité de cette activité, qui fait mieux que résister, avec un carnet de commandes en progression de 3 %. Dans les télécommunications, si le groupe réitère ses objectifs pour l'année, c'est grâce à de nouveaux efforts d'économies. Pour certains analystes financiers, il y a, malgré ce pilier, péril en la demeure. Car la situation déficitaire de Bouygues Telecom prive la société mère d'un dividende historiquement compris entre 360 et 450 millions d'euros. Pour l'heure, Martin Bouygues reste très discret sur le plan d'action qu'il entend mener pour restaurer l'équilibre financier. Il ne délivre aucune indication sur une éventuelle réduction des investissements, des dividendes voire sur une cession d'actifs. L'équipe de direction qui l'entoure est proche de la retraite, mais sa succession n'est pas publique. Du coup, les investisseurs ont bien du mal à se projeter dans un groupe qui, en août 2011, en pleine crise de l'euro et juste avant le lancement de Free Mobile, a racheté plus de 1,2 milliard d'euros d'actions à 30 euros par titre, avec une prime de 29 % sur la moyenne d'un mois. Le cours de Bourse est aujourd'hui 28 % en dessous de ce coup de truelle qui a bétonné le contrôle familial, mais laissé en sous-sol la création de valeur.

1 réponse

  • 16 mai 2013 11:13

    CRIBLE
    IDÉES LE CRIBLE
    Les pigeons et la pomme
    Par Guillaume de Calignon | 16/05 | 07:00
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    Le titre Iliad fait une pause en Bourse.


    La loi de la gravitation universelle s'appliquera-t-elle un jour à Iliad ? Depuis plus d'un an, les marchés achètent l'histoire de Xavier Niel et de ses offres mobiles low cost. On comprend les investisseurs : en pleine récession, les performances commerciales de Free sont bluffantes. Les abonnés affluent, toujours nombreux. Les forfaits mobiles convertissent de nouveaux consommateurs à la Freebox alors que Bouygues Telecom, SFR et Orange sont incapables d'arrêter l'hémorragie. La capitalisation d'Iliad, qui a doublé depuis janvier 2012, est à plus de 10 milliards d'euros. Pourtant, la majorité des nouveaux abonnés ne paient que 2 euros par mois. Pas sûr que cela suffise à financer des investissements estimés par les analystes à 300 millions d'euros dans le mobile par an quand SFR et Bouygues Telecom investissent près du double chaque année. Sans compter que l'antitrust veille désormais à ce que l'utilisation du réseau d'Orange par Free soit rationnée à partir de 2016. L'achat de fréquences, intrinsèque au métier d'opérateur mobile, ne semble pas non plus interroger les investisseurs, qui ne doutent pas qu'il soit possible à Free de continuer à recruter sans sortir son carnet de chèques ni subventionner les smartphones. De quoi poser quelques questions sur le caractère tenable de ce modèle économique à terme. On ne saurait trop recommander de garder en mémoire le conseil de l'homme qui a découvert la gravité, Isaac Newton : « Ne tenez pour certain que ce qui est démontré. »


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