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ASSYSTEM : article " piqué" sur forum d'akka

28 févr. 2011 17:48

18/02/2011 à 21:42
Loi du plus fort : les sociétés d'ingénierie aussi souffrent.
Bosser pour Eads, Renault-Nissan, Thales, Alcatel ou Alstom n'est pas de tout repos pour les sociétés d'ingénierie et de conseil en technologies ! Le rapport d'Emmmanuel Sartorius pointe les difficultés dans les relations donneurs d'ordre sous-traitants rencontrées par ce secteur petit par la taille, grand par sa matière grise. Cinglant !

Par Etienne Gless pour LEntreprise.com, publié le 17/02/2011



Emmanuel Sartorius, ingénieur général des Mines vient de remettre à Eric Besson, ministre de l'Industrie, un rapport particulièrement sévère pour les grands donneurs d'ordre. Dans la lignée du rapport de Jean-Claude Volot, médiateur de la sous-traitance, ce document pointe les détestables pratiques que subit ce secteur de l'ingénierie et du conseil qui emploie en France 70.000 ingénieurs et techniciens et réalise 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Sogeti, Altran, Alten, Segula, Geci ou Assytem sont les fleurions du secteur des ICT. Le grand public ne les connait pas, elles sont souvent indépendantes sur le plan du capital et de taille moyenne. Beaucoup sont nées dans les années 80 répondant au besoin d'externalisation d'activité périphérique par les grands groupes.

Menaces, non respect des clauses et renégociations forcées...

Comme toutes les entreprises de sous-traitance, les sociétés d'ingénierie et de conseil technologiques subissent les mêmes pratiques « commerciales » détestables dénoncées par le Médiateur de la sous-traitance. Le catalogue des misères imposées par les grands donneurs d'ordre est impressionnant. Qu'est-ce qu'il ne faut pas accepter pour bosser avec Renault-Nissan, EADS, Thalès, Alcatel, Safran, Areva et les autres !

Sont devenues monnaie courante les menaces permanentes de ruptures des contrats en cours ainsi que de déréférencement, malgré les engagements contractuels pris : tout est bon pour obtenir une renégociation des prix à la baisse. Visiblement els méthodes reprochées aux acheteurs de la grande distribution ont largement essaimé dans l'industrie. Les donneurs d'ordre n'hésitent pas non plus renier leurs engagements par exemple en n'honorant pas le dédommagement de l'entreprise pour lui avoir débauché des salariés.
Les renégociations contractuelles forcées, pour le prix des hommes x jour est aussi une pratique relevée par le rapport. Autres joyeusetés, les jours de travail gratuit que n'hésitent pas à extorquer des donneurs d'ordre. La pratique des marges arrière, elle aussi inspirée du secteur de la grande distribution, fait toujours des ravages. Le principe : « Le donneur d'ordre impose çà son sous-traitant une réduction de son montant facturé et donc un baisse de son chiffre d'affaires et de sa marge ».

La loi LME sur les délais de paiement est allègrement violée, comme L'Entreprise s'en était déjà fait l'écho : notamment par la combine consistant à faire passer la commande par une filiale du donneur d'ordre dans un pays étranger où la loi LME ne s'applique pas. Sinon il reste la bonne vieille combine du « Notre service comptable est en congé » dont savent si bien user et abuser nos grandes entreprises.

Plus original, le transfert de coûts de production sur le sous-traitant ou l'imposition de la mise en place d'infrastructure à ses frais. Inédit aussi, la pratique consistant à exiger une ristourne au titre du Crédit impôt recherche : « Les SICT qui ont développé des activités de recherche propres peuvent bénéficier de ce fait d'un crédit impôt recherche », pointe Emmanuel Sartorius. « Certains donneurs d'ordres sans vergogne n'hésitent pas à exiger des SICT concernées qu'elles leur ristournent une partie du montant de leur CIR ». Enfin, les sociétés sous-traitantes sont abondamment spoliées de leurs droits de propriété intellectuelle : les donneurs d'ordre n'hésitent pas à réutiliser sans dédommagement les innovations développées par leur sous-traitant ».

Achat de prix au lieu d'achat de valeur.

Les SICT souffrent également des pratiques d'achat déplorables : les acheteurs peu au fait des réalités industrielles s'en tiennent exclusivement au critère du prix (le Taux Journalier Moyen) : à ce compte là l'ingénieur roumain ou indien est forcément plus compétitif et les sociétés françaises ne peuvent décemment pas s'aligner. « Les acheteurs sont dans une logique étroite d'achat de prix au lieu d'achat de valeur et la longueur des chaînes hiérarchiques chez le donneur d'ordre n'arrange rien. Chaque niveau ajoute à l'effort de réduction de prix demandé par le niveau hiérarchique supérieur ». L'approche comptable bête et méchante par le prix de l'homme x jour a pousse aux délocalisations. « A trop faire de zèle les acheteurs créent les conditions du déclin de leurs fournisseurs et après celles du déclin de la France », dénonce le


rapport.


http://www.lentreprise.com/contrat-de-travail/loi-du-plus-fort -l es -societes- d-ingenierie-aussi-souffrent_28823.html

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