Menaces sur la fiscalité de l'assurance-vie :
Les équipes de François Hollande envisagent de taxer plus lourdement les revenus du placement préféré des Français.
Voici une mesure envisagée pour le moment du bout des lèvres par le Parti socialiste, mais qui si elle était appliquée, toucherait 17 millions de ménages: le durcissement de la fiscalité de l'assurance-vie. On est très loin du symbole, contrairement à la taxe de 75% réservée aux 3000 ménages dont le revenu du foyer dépasse le million par an, comme François Hollande l'a précisé mercredi.
Actuellement, les épargnants s'efforcent de conserver leur assurance-vie au moins huit ans. Car passé ce délai, les produits de ce placement ne sont taxés qu'à 7,5% (contre 35% pour une détention de moins de quatre ans et 15% entre quatre et huit ans). Mais au sein de l'équipe de François Hollande, certains réfléchissent à supprimer ce système avantageux. Michel Sapin a déclaré mardi à Latribune.fr que, si le PS est élu, «l'assurance-vie sera soumise au barème de l'impôt sur le revenu (IR)». Concrètement, cette mesure pénaliserait tous les ménages imposés à partir de la deuxième tranche d'IR, celle à 14%, c'est-à-dire ceux dont les revenus annuels dépassent 11.900 euros par part. Au lieu d'être imposés à 7,5% après huit ans, leurs produits d'assurance-vie seraient taxés marginalement à 14%, 30% ou 41%, voire même 45% et 75% si le PS introduisait ces deux taux supplémentaires dans le barème de l'IR. En outre, le PS pourrait également supprimer les abattements de 4600 euros par personne qui réduisent d'autant les revenus d'assurance-vie imposés. En revanche, les avantages fiscaux liés à la succession ne seraient pas remis en cause, d'après les déclarations de Michel Sapin. Il resterait possible de transmettre, après un décès, 152.500 euros par héritier en franchise d'impôt.
Presque plus de placements avantageux
Ce paquet de nouvelles règles ne s'appliqueraient a priori qu'aux contrats souscrits après l'élection. Les anciens contrats seraient donc épargnés. Néanmoins, ces mesures auraient de quoi déstabiliser l'assurance-vie, qui subit déjà une décollecte depuis plusieurs mois. «L'assurance-vie ne serait plus qu'un produit de transmission de patrimoine. Avec la disparition des incitations fiscales, les Français n'auraient plus intérêt à l'utiliser pour se créer une épargne de long terme, en vue de la retraite par exemple», explique Philippe Bruneau, président du cercle des fiscalistes. D'une façon générale, les épargnants voulant éviter une fiscalité trop forte se trouveraient démunis pour placer leur argent. Il ne leur resterait plus que les livrets réglementés, comme le livret A, ou pour les plus téméraires, le Plan d'épargne en actions (PEA).
«L'assurance-vie est le poumon de notre économie. Elle assure 50% du financement domestique de la dette publique française», rappelle Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). «Je voudrais faire un vu, que le cadre fiscal de l'assurance-vie se stabilise», a déclaré pour sa part Charles Relecom, président de Swiss Life France.
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50 réponses
- 01 mars 2012 •10:58
cela:
" Ce paquet de nouvelles règles ne s'appliqueraient a priori qu'aux contrats souscrits après l'élection. Les anciens contrats seraient donc épargnés. " ? - 01 mars 2012 •11:17
Mais si mais si, nos voisins l'ont fait ainsi en 2005.C'est dans le programme de convergence fiscale tout ca.D'ailleurs , pas vu de montée au créneau massive de la majorité sur ce point.
- 01 mars 2012 •11:25
- 01 mars 2012 •12:15
sur ce projet du PS particulièrement assourdissant. On les a vu hurler a la spoliation pour la tranche d IR a 75% qui concerne quelques milliers de contribuables qui de toutes façons auront les moyens d y échapper mais la, pour une réforme de cette ampleur, qui risque de bouleverser la vie de plusieurs millions de gens en matière de complément de retraite, SILENCE RADIO !!! il est temps d interpeller nos élus afin qu ils prennent des positions claires. 17 millions d électeurs pèsent lourd dans une élection à condition seulement qu ils se mobilisent et ne se résignent pas.
- 01 mars 2012 •12:29
peut être dans le fait qu Hollande ne fait que continuer par le biais de l IR ce que Sarkosy avait déjà bien commencé avec les prel.sociaux. ils ne sont peut-être pas trop à l aise sur le sujet.
- 01 mars 2012 •14:04
"Ce paquet de nouvelles règles ne s'appliqueraient a priori qu'aux contrats souscrits après l'élection. Les anciens contrats seraient donc épargnés." ?
Je pense que très rapidement, il s'agira de lire : les versements déjà effectués sur les anciens contrats seront épargnés ...
Très probable que les nouveaux versements (postérieurs à la loi qui fixera les nouvelles règles ...), effectués sur des nouveaux contrats, seront concernés par la nouvelle réglementation ... - 01 mars 2012 •14:07
"il est temps d interpeller nos élus afin qu ils prennent des positions claires. 17 millions d électeurs pèsent lourd dans une élection à condition seulement qu ils se mobilisent et ne se résignent pas."
Pour le coup, je suis d'accord, et là, il serait utile de disposer d'une pétition de grande ampleur ...
Et si possible acompagnée d'une campagne massive de retraits appuyés ; et pas besoin d'attendre septembre pour y procéder ...
01 mars 2012 •14:26Le fait que l'AV soit imposée au barême de l'IR ne me choque pas tant que ça dans l'absolu. Par contre, ce que je trouve totalement aberrant, c'est que la taxation ne tienne pas compte de l'inflation.
Prenons un contrat moyen qui a rapporté 3% en 2011. Etant donné que l'inflation a été de 2.5%, le gain réel est de 0.5% seulement. Il serait logique que la taxation porte sur ces 0.5% et dans ce cas, une imposition au barême + prélèvements sociaux serait tout à fait acceptable, même pour des contribuables des tranches à 30% ou 41%.
Ce que je trouve ahurissant, c'est de taxer un gain fictif de 3% : on voit bien que toute taxation supérieure à 16.7% (=0.5%/3%) revient à taxer à plus de 100% le gain réel (de 0.5%).- 01 mars 2012 •14:45
de diminuer le cout des intérêts de la dette détenu par les assureurs, mais si demain ils achètent moins d OAT il faudra trouver d autres acquéreurs et a quel prix. Pan !!une balle dans le pied.
- 01 mars 2012 •16:27
On peut discuter et tirer des plans sur la comète sans fin sur ces nouvelles futures confiscations.. tout cela est inéluctable et imparable . La dette accumulée du fait de l'irresponsabilité de nos gouvernants depuis 35 ans et l'interdépendance financière et économique des pays ne laisse pas le choix : il faut prendre largent dans les derniers dispositifs encore taxables et les plus fournis en nombre de contribuables . On n'y échappera pas tant que les politiques se refuseront à faire les réformes de fond touchant l'état que d'autres pays ont courageusement faites. Il n'y a malheureusement plus aucune solution de rechange si ce n'est consommer la chandelle par les deux bouts et attendre les aides sociales
Comme je l'ai déjà écrit car je le pense vraiment : on a les élus que l'on mérite!
... aux urnes donc pour ce choix pitoyable qui nous est proposé! (mais sans moi!)
01 mars 2012 •16:57Moi, je ne vote pas étant étranger dans ce beau pays. Seuls voteront mon épouse, ma belle fille, mes petites filles. Toutes quatre assez unanimement et, me connaissant un peu plus que quelques autres intervenants, vous devinerez sans doute qui sera l'élu de leur coeur.
Ne pas voter, c'est être d'accord avec le choix des autres.- 01 mars 2012 •17:56
le vote blanc sera compté comme un suffrage exprimé...
La démocratie par les urnes est un tromperie telle qu'elle est utilisée.
Quand à votre inclination pour ces présidentielles , je ne reprends pas "l élu de votre cur" car jose croire que c'est une expression bien optimiste dans les circonstances actuelles où l'on n'a qu'un choix des plus pitoyables entre la peste et le choléra, je m'en doute et vous comprends
bonne soirée
03 mars 2012 •19:18" Ce paquet de nouvelles règles ne s'appliqueraient a priori qu'aux contrats souscrits après l'élection. Les anciens contrats seraient donc épargnés."
Certes, mais quid des nouveaux versements complémentaires sur d' anciens contrats ??- 03 mars 2012 •19:57
revirements en si peu de temps, difficile de faire confiance pour l avenir. Je pense que c est le seul enseignement que l on peut en tirer, pour le fond on est dans l improvisation complète .
- 03 mars 2012 •21:57
Voir mes posts qui donnent mon point de vue sur l'avenir de l'AV après les élections.
- 03 mars 2012 •22:02
"Car on vote surtout par défaut en France."
C'est le système électoral français à deux tours qui veut cela en France ...
Au premier tour, on donne sa préférence, au second, on est obligé de tenir compte de celle de ses voisins ...
Je réside dans une municipalité qui vote assez fortement FN, et qui dispose d'un maire UMP ...
"Des présidents ont quand même été élus avec moins d'un quart des suffrages exprimés au 1er tour ..."
Oui, et encore, il faudra que l'élection présidentielle, on procède comme pour les municipales, à savoir que de maintiennent les condidats ayant plus de 15 ou 18% des suffrages exprimés (bulletins blancs inclus ...)
"Cela pose quelques problèmes bien qu'on sache que ce soit impossible qu'il y ait unanimité et aussi que le moteur principal dans ce pays, concernant la conviction politique majoritaire, est l'envie."
Là, je nai rien compris !
L'envie de qui et pour quoi ? - 03 mars 2012 •23:50
cette semaine prouve si besoin était que la classe politique est à mille lieux de ce que vivent les gens au quotidien, car pour la plupart des détenteurs d assurances-vie ,c est avant tout l épargne d une vie de travail et d effort en prévision d un complément de retraite ou pour couvrir un risque de dépendance. La légèreté dont ils font preuve par tous leurs revirements lorsqu ils traitent du devenir de cette épargne, l amalgame qui est entretenu en permanence entre spéculation et épargne (on stigmatise les uns pour mieux taxer les autres),tout cela est ressenti par bon nombre de citoyens comme de l injustice et du mépris .Il ne faut pas s étonner si après les citoyens votent avec leurs pieds ou ne votent plus du tout.
- 04 mars 2012 •09:40
"Ce que nous venons de vivre cette semaine prouve si besoin était que la classe politique est à mille lieux de ce que vivent les gens au quotidien"
Certes et nos politiques ne vivent pas dans la même sphère que nous ; un exemple, un journaliste qui posait une question simple à l'une de nos représentantes politiques (NKM), à savoir le prix d'UN ticket de métro ...
Et la réponse fut ?
Autour de 4.5 Euros ...
"Car pour la plupart des détenteurs d assurances-vie ,c est avant tout l épargne d une vie de travail et d effort en prévision d un complément de retraite ou pour couvrir un risque de dépendance."
Exact, mais le problème c'est que l'on peut aussi disposer d'un contrat d'assurance-vie dans un autre cadre que celui d'une opération de prévention pour palier la faiblesse de nos systèmes de retraite ... - 04 mars 2012 •10:47
Il est vrai que l'on nous a incité à épargner depuis 30 ans pour compenser des régimes de retraite bien souvent insuffisants .Il serait d'autant plus mal venu aujourdhui de se voir ponctionné cette épargne pour aller combler les déficits de ces mêmes régimes que les gouvernements successifs n ont pas eu le courage de réformer en temps utile.
04 mars 2012 •11:10Si les gouvernements n'ont pas réformé les régimes des retraites c'est parce que nous avons préféré élire ceux qui nous promettaient la retraite plus rapide dès 60 ans.
Et quand le gouvernement a voulu réformer à 62 ans, cela a été accueilli par des grèves et des manisfestations très importantes.
Donc, la faute est-elle aux gouvernements ou au peuple qui se comporte comme un enfant gâté et irresponsable ?- 04 mars 2012 •11:50
"Si les gouvernements n'ont pas réformé les régimes des retraites c'est parce que nous avons préféré élire ceux qui nous promettaient la retraite plus rapide dès 60 ans."
Cela date de 1981 ...
"Et quand le gouvernement a voulu réformer à 62 ans, cela a été accueilli par des grèves et des manisfestations très importantes."
Ce qui aura provoqué grèves et manisfestations, ce n'est pas tant le report à 62 ans, mais la façon dont le gouvernement aura mené ce qu'il appelle les négociations ...
"Donc, la faute est-elle aux gouvernements ou au peuple qui se comporte comme un enfant gâté et irresponsable ?"
Je ne crois pas que le peuple soit aussi irreponsable que vous le prétendez, même si les syndicat ne font pas tous preuve de la souplesse nécessaire ; par contre, le gouvernement, il aura démontré sa capacité de passer en force, et n'aura pratiquement rien négocié du tout, même pas la pénibilité de certaines professions qui sont pourtant exposées, et cela c'était Woerth, sur ordre présidentiel ... - 04 mars 2012 •11:57
"Il resterait une solution consistant à réduire drastiquement les gabegies de l'Etat et d'avoir des budgets à l'équilibre."
Il faudrait surtout que nos gouvernants montrent l'exemple, et force est de reconnaître qu'ils ne se précipitent pas pour le faire ...
Il faudrait qu'ils soient placés comme à l'Unesco, avec des contributeurs qui peuvent se retirer (c'est le cas des USA) ; et croyez-moi, l'Unesco, elle est bien obligée d'ajuster son budget et de résuire à la fois ses gabegies et des ambitions ...
"Il faudrait pour cela que François aille demander outre-Rhin à Angela (et à son prédécesseur Gerhard) quelques recettes."
Pas besoin d'aller demander des recettes, il faut simplement dégraisser le Mammouth (dixit Allaigre ...)
"Mais cette chancelière ne chancelle pas sur sa décision de ne pas le recevoir en ce moment."
C'est bien trop tôt ...
elle sait ce qui existe aujourd'hui, et ajustera (éventuellement) en fonction de ce qui existera demain ... - 04 mars 2012 •13:25
un intervenant dans cette file disait qu'il ne fallait pas confondre épargne et spéculation, et qu'on profitait du rejet par l'opinion de la spéculation pour pouvoir taxer l'épargne..
C'est tellement vrai que je vous invite à découvrir le texte concocté par celui qui nous dirige depuis 5 ans et qui fut d'ailleurs aussi ministre des finances dans un gouvernement précédent, au sujet de la fameuse "taxe sur les transactions financières"..
Les "établissement teneurs de marchés" en seront exonérés.. Autrement dit les banques qui émettent et tiennent les carnets d'ordre de tous les dérivés et qui sont les seuls intervenants de marchés à pouvoir disposer de plateformes de HFT ne seront pas concernées.
On découvre aussi que les capitalisation inférieures à 1 milliards d'euros ne seront pas concernées.. ce qui exclue de facto tous les instruments dérivés..
Bref on taxera le bon père de famille qui fera un achat sur son PEA de quelques actions Air Liquide (je cite sciemment un titre plutot stable) et les gros iront de toutes façons faire mumuse au luxembourg, en suisse, ou mieux sur les "darkpool", ChiX en étant le parfait exemple.
Je ne voterai pas hollande mais il est plus que temps que le président en place débarrasse le plancher ! - 04 mars 2012 •15:59
"Comme j'aimerais quand même bien avoir un marocain, je demande juste que l'on recrée spécialement pour moi le ministère du temps libre"
Gal el Maleh ne vous convient pas ?
A moins que vous ne parliez de l'instrument ministériel (mais cela vient alors de la maroquinerie), de telle sort que vous travailliez à la façon de bien l'utiliser, ce temps libre ? - 04 mars 2012 •18:56
les gens commencent peut-être à douter des élus, de leur compétences et altruisme dans leur mission de diriger le pays. Celà ne les empêchera pas de croire à l'un ou l'autre des prétendants au trône et de voter le moment venu car le septicisme est fugace et la mémoire courte quand on a envie de croire. Mais on peut se demander pourquoi ne se tournerait- on pas vers des gouvernements formés essentiellement de techniciens (en écomomie notamment) pour redresser la barre et faire les réformes structurelles indispensables ? Après tout c'est ce que fait l'Italie dans la douleur mais avec une adhésion certaine des gens pour Monti. Quand les idéologies disparaissent du discours politique comme depuis déjà longtemps et que tout tourne autour de la gestion économique et financière on peut penser que celà ne peut -être plus mauvais que ce qui est aussi mal fait depuis si longtemps
- 04 mars 2012 •20:48
même celui qui se réclame de l'apolitisme pour présenter ses orientations
"la politique en son sens le plus large, indique le cadre général d'une société organisée et développée"
Donc politique ne veut pas dire idéologie notion qui d'ailleurs a totalement disparu des discours des principaux partis politiques
Quand à dire que la démocratie est liée au choix d'une orientation politique, je crois que les choses ne se posent pas ainsi car c'est seulement bien aprés l'élection que l'on peut se rendre compte de ce que les élus font de la notion de démocratie qui au départ est supposée un acquis incontestable non remis en cause - 04 mars 2012 •20:50
même celui qui se réclame de l'apolitisme pour présenter ses orientations
- 15 mars 2012 •17:04
quand je parlais ci dessus de techniciens pour en finir avec les politiques incapables et citais Monti en Italie......
Fiorentino dit pareil (en mieux) ce jour :
IL NOUS FAUT UN GOUVERNEMENT SANS POLITICIENS
Avant vendredi à 18 heures les candidats à l'élection présidentielle devront déposer leurs 500 signatures. Le suspense continue pour certains candidats.
Il faudra ensuite attendre les mois de Mai et Juin pour savoir qui nous gouvernera. Quel président. ? Quel premier ministre un choix sans importance si Nicolas Sarkozy est élu car il cumule depuis cinq ans les fonctions de Président et de Chef du gouvernement, un choix essentiel si François Hollande est élu car il a plus le profil d'un président du conseil de la 4ème République et que Aubry ce n'est ni Sapin, ni Moscovici, ni Ayrault. Quel gouvernement ?
Mais nous n'avons pas besoin d'attendre pour parvenir à la seule conclusion qui nous intéresse : quel que soit le président, quel que soit le premier ministre, quels que soient les ministres, nous serons gouvernés par des politiciens. Et des politiciens sont incapables de gérer un pays. Gérer au sens premier du terme. Gérer nos finances, gérer notre budget, gérer notre dette, gérer nos emplois, gérer notre avenir. On n'apprend pas la gestion « basique » dans les écoles d'administration et même ceux qui ont fait un passage par des écoles de commerce ont oublié depuis longtemps les règles élémentaires de la gestion à force de compromis et de manoeuvres politiciennes.
Cela fait trente ans ou presque que la situation économique et financière du pays se dégrade.
Si vous êtiez actionnaire d'une société gérée par la même catégorie de personnes depuis 30 ans et que l'endettement s'aggravait année après année, que le déficit se creusait et que les dirigeants passaient la moitié de leurs temps, au mieux, à faire des calculs pour conserver leurs postes, leurs statuts, leurs voitures de fonction, est ce que vous continueriez à recruter le même profil de dirigeants ? Non.
Etant donné que nous n'avons pas des politiciens qui parviennent à faire passer l'intérêt du pays avant leur ambition personnelle comme c'est le cas en Allemagne, nous devons faire comme l'Italie : nommer un gouvernement de techniciens.
J'ai dit de techniciens. Pas de technocrates. Surtout pas de technocrates. Des professionnels. Des vrais. Pas des professionnels de la politique.
Des hommes et des femmes qui connaissent les règles du fonctionnement du monde réel.
Il y a trois mois, l'Italie était au fond du gouffre et était la risée du monde entier.
En 100 jours, Mario Monti a plus réformé l'Italie qu'en 30 ans. En profondeur.
Pourquoi ?
Parce que ses ministres ont été nommés à leurs postes en fonction de leurs compétences et pas pour répondre à des savants équilibres post électoraux. Et parce que ni Mario Monti ni ses ministres ne cherchent ni à défendre leurs petits privilèges ni la prochaine élection.
Il nous faut le même gouvernement. Composé de techniciens et d'entrepreneurs. Mario Monti chef du gouvernement et ministre de l'Economie est un économiste et un homme qui connaît les entreprises.. Le ministre du Développement économique est un chez d'entreprise. Le Ministre des affaires étrangères a fait toute sa carrière à l'étranger, le ministre de la Défense est un amiral, la ministre de la Justice est une vraie avocate pas une politicienne devenue automatiquement avocate parce qu'elle a été ministre.
Moi aussi "I have a dream"
Je rêve que les politiciens de tous les camps reconnaissent leur incapacité à nous sortir de la crise et s'accordent à nommer un gouvernement composé de professionnels. Un gouvernement de techniciens. Sans politiciens. Pendant deux ans au moins - 15 mars 2012 •20:11
si je partage votre point de vue sur l'incompétence généralisée de nos politiciens pour "gérer", et si je partage votre point de vue sur le constat que leur seul objectif est de tenter de conserver leur poste aux élections suivantes (ce qui forcément les incitent à prendre des décisions clientélistes), je n'adhère pas du tout au fait qu'on parachute 2 ex cadres de Goldman Sachs à la tête de 2 pays européens, et un 3eme à la tête de la BCE..
Je ne partage pas non plus l'idée que les seules réformes nécessaires et applaudies de Monti soit de faire payer le peuple (retraites, prestations sociales, souplesse du droit du travail, etc..)
Si Monti n'apparait pas comme cherchant à défendre ses intérêts personnels, il est en tous cas dans la lignée de tout ce qu'on fait depuis 2007 à savoir uniquement vouloir sauver le systeme financier libéral (en prenant des mesures qui permettent de calmer les "marchés" sur la dette italienne).
Cette pensée unique et dominante me saoule au plus haut point : aucun des responsables de 2007 / 2008 n'a payé pour les dizaines de millions de chomeurs créés de par le monde par la crise provoquée par l'inconscience de ce systeme.
On a absolument tout truqué dans les règles du jeu en nationalisant les pertes bancaires, en changeant les règles comptables in extrémis en 2008, et résultat 3 ans après la BCE inonde le marché de faux billets pour permettre aux banques de se refaire une santé, pendant qu'on impose rigueur et austérité aux populations.
Alors personnellement, des "techniciens" de ce genre, au cerveau préformaté à la solde de ce modèle, non merci !
15 mars 2012 •20:38Chimien président, Isasport premier ministre, Crazycoq ministre des finances, Dalli ministre du budget, Combela ministre de l'Education, Paal ministre des affaires étrangères, User ministre de la Défense.
Et Nicky ministre de la Culture!- 15 mars 2012 •23:36
Saut du sage ?
- 15 mars 2012 •23:39
"Chimien président, Isasport premier ministre, Crazycoq ministre des finances, Dalli ministre du budget, Combela ministre de l'Education, Paal ministre des affaires étrangères, User ministre de la Défense."
Il vous remercie de votre proposition, mais il n'est pas fait pour la politique, fut d'une mouture de techiciens ministériels ...
Qu'il soit donc clair que je ne suis candidat à aucun poste ministériel ...
J'aime trop ma liberté d'action ... - 16 mars 2012 •09:04
le peuple prend tout sur le dos avec ces mesures de pompiers qui ont eux mêmes allumé le feu.
Mais ce que Monti fait payer en Italie aux peuple n'est rien d'autre que ce que nos candidats d'opérette une fois élus vont faire et ceci sans réformer le système dans le fond...
De toute manière si je devais choisir entre Pecresse/Baroin et un technicien froid et "préformaté" même ancien d'une agence de notation je n'hésiterais pas.. - 18 mars 2012 •14:15
La "règle d'or" consiste dans l'inscription dans la Constitution des règles prévoyant un retour progressif à l'équilibre budgétaire d'un pays ...quoi de plus technique que ce genre de préc
- 18 mars 2012 •14:21
quoi de plus technique que ce genre de précaution budgétaire de "bon père de famille"?
Mais je suis d'accord avec vous Chimien c'est aussi une décision politique car tout est politique en ce sens que celà entre dans le cadre général de l'organisation d'une société. - 18 mars 2012 •15:46
personnellement je suis opposé au fait d'inscrire cette mesure dans la constitution, non pas que je sois favorable au déficit permanent, mais pour une raison simple :
la constitution doit à mes yeux fixer le cadre de fonctionnement, pas l'objectif à atteindre.
Que la constitution fixe par exemple la methode de mesure du déficit, oui, mais pas le montant du déficit.
En effet, quelle règle d'or ?
Sur une année fiscale, ou sur une législature ?
On pourrait imaginer un systeme dans lequel on serait autorisé à faire du déficit sur une année (investissement) pour ensuite en récupérer les fruits l'année suivante. Après tout certaines entreprises acceptent de perdre de l'argent pendant plusieurs années sur un produit, le temps d'occuper le terrain, pour ensuite en gagner (je pense à la Xbox de microsoft par exemple).
Le problème est bien évidemment que nos politiques, trop soucieux du court terme rythmé par les élections suivantes, s'autoriseraient du déficit en promettant de le combler l'année suivante, puis invoqueraient une excuse ou une autre (baisse de la conjoncture au niveau mondiale) pour justifier le non retour sur investissement.
Par ailleurs, il y a plus que matière à discuter sur la notion de déficit..
a) si le cout de financement du déficit est inférieur à l'inflation, alors il n'est pas nuisible.. Il ne vous a pas échappé que les taux à 10 ans en allemagne ou aux USA sont inférieurs à 2%.. dans ce contexte, il faudrait être stupide pour ne pas emprunter...
b) juges et partie : quand je pense qu'on nous a présenter la loi de 73 (dite rotschild) qui retirait à la banque de france le pouvoir de financer l'état comme une mesure de saine gestion, qui obligerait les gouvernants à ne plus recourir à la planche à billets.. On mesure aujourd'hui les conséquences d'avoir confié la dette de l'état dans les mains des banques privées et des agences de notation..
Par ailleurs on voit aujourd'hui que les "acheteurs" de papier (les banques) sont en même temps les SVT de l'agence France Tresor (HSBC, JPM, GS, BNP, etc), c'est un peu comme si vous invitiez les représentants de vos fournisseurs à votre conseil d'administration.
Pour ne rien arranger, on trouve les mêmes entités actionnaire de Markit, société qui d'un coté publie les fameux "PMI" (tiens c'est drôle non, les actionnaires de l'organisme qui publie les indices de conjonctures sont ceux là même qui "font" les marchés à coup de HFT, faisant parfois prendre 2% à un indice en moins de 10 secondes, mais non il n'y a pas de délit d'initié..).
Pour en rester sur Markit, cette société est égalemetn propriétaire de l'indice sur les CDS, et propriétaire de la plateforme sur laquelle on les échanges, le tout en parfaite opacité (darkpool).
J'ai certes dérivé du sujet initial, mais pas tout à fait : la constitution devrait justement interdire tout cela et fixer des règles du jeu saines et dénuées de tout conflit d'intéret.
c) déficit primaire et règle d'or..
Vous vous souvenez sans doute il y a quelques mois (à l'automne) de l'agitation autour de la dette et du déficit italien..
Saviez vous que le budget italien présentait un excédent primaire ?
Autrement dit, en ne comptant pas la charge de la dette (les intérets), le budget italien n'était pas en déficit.. sans parler de l'auto détention de la dette italienne, dans une proportion très forte..
Alors lorsqu'on nous parle d'excédent brut d'exploitation pour une entreprise, qu'on fasse de même pour un état..
Tout cela au final est effectivement technique.. mais les "techniciens" qui finiront par nous imposer la règle d'or ne sont pas des techniciens, ce sont de banquiers, pas des comptables, et ils présenteront le tout dans un seul objectif : assurer leurs rentes.
Ces mêmes "techniciens" ont changé unilatéralement les règles comptables en 2008 pour éviter que la plupart des banques ne tombent.. et se moquent éperdument que de très nombreuses PME soient tombées.
Je ne qualifie donc pas ces gens de "techniciens" mais au mieux de tricheurs..
Je viens donc de replonger dans l'aspect politique..
Car aujourd'hui la politique en Europe ou aux USA c'est faire de la rigueur et maintenir des taux proches de 0%..
Et je ne suis pas loin de penser qu'il faudrait faire le contraire : remonter drastiquement les taux pour faire chuter le prix des actifs (immo en particulier), et faire de la relance, pour en récolter les fruits à moyens termes, mais c'est politique.. - 18 mars 2012 •18:19
en effet il en faut de l'optimisme
P. Bouvard citation :
Il faut croire que, en France, la taille moyenne des hommes politiques est supérieure à celle des électeurs puisqu'ils sont les seuls à apercevoir le bout du tunnel.
ou bien :Le bout du tunnel n'est pas loin: pour le voir il suffit de se retourner.
En tout cas des commentaires très intéressants des deux derniers intervenants
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