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Assurance Vie : C dans l air

26 avr. 2012 19:09

Fiorantino et Bernard Maris assènent devant les téléspectateurs que la seule solution aux problèmes de dettes des pays européens serait à leurs yeux un haircut de 20 a 30% sur l ensemble de la dette détenu en partie par les fonds euros des contrats d ass.vie.
Ces propos ne seront pas de nature à calmer la décollecte, c est certain.

15 réponses

  • 26 avril 2012 19:15

    faibles sur les fonds en euro sur les années à venir,
    c'est un mal dont je m'accommoderais,

    par contre, ce qui m'inquiète beaucoup plus,
    c'est une possible perte en capital, la défaillance d'un (ou plusieurs) assureurs ...


  • 27 avril 2012 02:45

    fin juin il annonçait un "rallye d'été" juste après le vote grec, "pb réglé"..

    j'avoue, il n'avait pas précisé le sens de la pente...


  • 27 avril 2012 16:10

    Bonjour,

    Ayant moi aussi vu cette émission hier, je me pose quelques questions auxquelles vous pourrez peut être apporter des réponses :
    - cette coupe de 20-30%, est-elle crédible et envisagée par d'autres "spécialistes" ?
    - pourquoi le prix de l'immobilier serait-il affecté ?
    - les livrets B, les livrets des banques en ligne, ect... seront-ils touchés de la même manière ? Si non, sont-ils des solutions à court terme en attendant que la "tempête passe" même si la rémunération proposé est faible ?

    Merci d'avance.


  • 27 avril 2012 18:10

    et je ne suis pas sur que Fiorantino et Maris soient très crédible non plus.
    Pour le reste on peut tout imaginer, mais si un tel événement venait a arriver les conséquences sont difficilement mesurables sur toutes les classes d actifs qui de toute façon seraient impactées directement ou indirectement.


  • 27 avril 2012 20:42

    Merci de ta réponse.


  • 28 avril 2012 08:11

    "Le gros défaut de cette émission que j'appréciais beaucoup au début, c'est qu'il n'y a pas assez de renouvellement des invités."

    Il apparaît exact que sur un thème spécifique, il n'y a pas plus de 15 personnes (invités) qui soient de nature à créer une certaine rotation à la fois des avis et des prises de position ; comme on en prend 5 à chaque fois, on revoit souvent les mêmes ...

    "Ce sont toujours les mêmes petites équipes que l'on fait tourner en fonction des sujets et je me méfie de ces « experts », qu'ils soient d'un bord ou d'un autre."

    Alors que vous éprouviez une certaine méfiance vis-à-vis de ces "mêmes petites équipes", c'est votre position, mais ce que j'observe c'est qu'effectivement, et lorsqu'un sujet comme l'élection présidentielle déborde largement le flot normal de l'actualité (depuis 5 ou 6 semaines, les thèmes ne tournent qu'autour de cela, et les autres sujet ne font que rarement l'actualité), on a effectivement l'impression de tourner en rond ; cette émission aura toutefois réussi à parler des radars, des armes et de leur détention, des robots, sans oublier le Concordia qu'on aura presque oublié, et du mal logement qui reste une difficulté récurrente de notre société ...

    On oublie juste un peu que, quel que soit le président élu, les mêmes contraintes extérieures seront toujours là, et que la marge de manoeuvre restera toujours très étroite ...

    Mais il est exact qu'actuellement, les problèmes liés à la crise, à l'euro, aux dettes souveraines, il n'y est juste fait qu'allusion et de façon feutrée, alors que tout le monde s'accorde pour indiquer que c'est quand même un sujet majeur ...

    "Après plusieurs émissions où les sujets reviennent, on entend toujours rabâcher les mêmes positions sensées s'opposer pour générer du débat et justifier la tenue du plateau."

    On peut avoir cette impression, mais sur un sujet dont l'évolution n'est pas fulgurante, et dont il conviendra en fait de le laisser gentiment décanter, au lieu de secouer la carafe toutes les demi-heures (car en fait, nous auront la réponse le 6 mai vers 23:00, sinon quelques minutes plus tôt, et qu'il suffit de fermer la radio et la télé – toutes chaînes confondues, pour reprendre une activité normale …).

    Ce que nous éprouvons, c'est une surdose d'information qui me semble relever de la manipulation médiatique, et cela n'est pas bon du tout !


  • 28 avril 2012 08:33

    "Ayant moi aussi vu cette émission hier, je me pose quelques questions auxquelles vous pourrez peut être apporter des réponses :
    - cette coupe de 20-30%, est-elle crédible et envisagée par d'autres "spécialistes" ?"

    Crédible ?
    Certainement, mais est-elle imminente, c'est une autre question ...

    Il y a en fait des gradations dans la prise de garantie d'un prêteur, et ce que nous observons aujourd'hui, ce sont :
    - une défiance des prêteurs de deniers, vis à vis de solidité financière de certains Etats, alors qu'auparavant, un Etat c'était ce qu'il y avait de plus solide en terme de garantie, fut-ce la Grèce ou l'Espagne et l'Italie ...

    - la première influence de cette défiance se porte sur les taux d'intérêts, au fur et à mesure que la crédibilité de l'émetteur se réduit ...

    - la sanction ultime, c'est l'absence de crédibilité qui ferait que plus un prêteur n'aurait confiance dans la crédibilité d'un émetteur, et c'est ce que nous vivons avec la Grèce à un certain degré , qui aura fait un haircut, mais de portée limitée tout en étant important en terme de pourcentage …

    - si cet haircut devait affecter une économie de plus grande surface (Italie, Espagne, France ...), nul doute que cela serait de nature à bousculer l'équilibre de la planète finance, comme si la Terre se mettait à dériver de son orbite autour du Soleil, et allait se balader autour de Jupiter ...

    Alors ensuite, vous avez une solution qui aura déjà été expérimentée avec la Grèce, en disant, je veux bien vous prêter pour vous aider à passer un moment difficile, mais, en contrepartie, une partie du port du Pyrhée, c'est à moi ; sur le même mode, nous pourrions avoir …. mais Versailles ou les Châteaux de la Loire, ils sont à moi …

    "- pourquoi le prix de l'immobilier serait-il affecté ?
    - les livrets B, les livrets des banques en ligne, ect... seront-ils touchés de la même manière ?"

    Tout simplement parce que l'argent, placé d'une façon ou d'une autre, reste l'instrument d'échange entre classes d'actifs tangibles, et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les acteurs se tournent vers l'immobilier (ou les voitures de collection ou les œuvres d'art, tous supports qui permettent de convertir cet argent dans d'assez forts volumes …)

    "Sinon, sont-ils des solutions à court terme en attendant que la "tempête passe" même si la rémunération proposé est faible ?"

    Non, la vraie solution à court terme, c'est d'acheter des hangars, de les remplir d'objets tangibles à forte valeur (bijoux, etc ...), de bien les assurer, et d'y entreposer tout ce qui sera susceptible de constituer une vraie valeur refuge ; mais si tout le monde fait cela, je ne voudrais pas être un employé du secteur bancaire …


  • 28 avril 2012 08:34

    "Mais si tout le monde fait cela, je ne voudrais pas être un employé du secteur bancaire ...."

    Pour le banquier, sa matière première, c'est l'argent, et lorsque la matière première se raréfie trop, alors l'entreprise (quelle qu'elle soit) s'arrête de fonctionner normalement ...


  • 28 avril 2012 13:43

    Avez vous une idée du moyen de se protéger quitte à accepter les risques d'un support en unités de compte?

    Si c'est l'assureur qui ne peut plus rembourser, le problème risque d'être insoluble ;par contre si c'est une diminution de la valeur des obligations d'états , l'assureur qui n'est pas en faillite,doit théoriquement la garantie en capital et doit prévoir le moyen de respecter ses engagements (on ne pourra pas parler de surprise).

    Faire des retraits ,cela signifie, en général, passer d'une assurance vie à un compte bancaire, est ce plus sûr?
    Y a t'il à ce niveau de risque des différences de fiabilité entre les banques?

    Le blocage des retraits sous certaine conditions ,déjà évoqué sur ce forum permettrait à l'assureur de respecter ses engagements en attendant (combien de temps ?)que le temps fasse son effet.

    Les conséquences seraient de toutes façons considérables sur la consommation et sur l'économie ,donc sur les entreprises...

    Je n'ai pas de compétences en ce domaine, pose beaucoup de questions mais n'apporte malheureusement aucune réponse et ne donne aucun conseil; d'autres pourront sans doute faire avancer le débat.

    Merci

    Bonne après-midi.


  • 28 avril 2012 15:45

    Faire des retraits, cela signifie, en général, passer d'une assurance vie à un compte bancaire, est ce plus sûr?"

    Pour moi, le compte bancaire n'est qu'une situation transitoire, dans l'attente de procéder à une réorientaion du placement ...

    Si je fais un retrait, ce n'est pas pour la placer sur un compte, mais pour l'utiliser à l'acquisition d'une autre classe d'actif (or, mobilier, oeuvres d'art, pierres précieuses, etc ...

    "Y a t'il à ce niveau de risque des différences de fiabilité entre les banques ?"

    Oui, et cela se perçoit en terme de rémunération offerte ; certaines banques vous proposent des livrets ou des placements avec une promotion de plus ou moins longue durée ...

    Certaines autres, bien moin nombreuses, ne vous offrent pas une telle rémunération, et certaines vous diront qu'elles n'ont pas besoin de l'argent que vous envisagez de lui confier ...

    Si, si, j'ai entendu cela, c'est surprenant, mais j'ai entendu ...

    "Le blocage des retraits sous certaine conditions, déjà évoqué sur ce forum permettrait à l'assureur de respecter ses engagements en attendant (combien de temps ?)que le temps fasse son effet"

    Tant que c'est un blocage sur une durée raisonnable, mais nul doute que lorque blocage il y a, il existe ensuite une file d'attente dès que le guichet menace de rouvrir ...

    "Les conséquences seraient de toutes façons considérables sur la consommation et sur l'économie ,donc sur les entreprises ..."

    Elles seraeient significatives sur tous les acteurs du marché, chacun d'eux en prenant leur part ...


  • 28 avril 2012 19:39

    ma question sur les unités de compte?

    Pour les banques ,des noms ,des noms ...Je n'ai pas compris,celles qui offrent des taux faibles sont elles mieux ou plus mal (par exemple ,les taux sont faibles à la poste et au crédit agricole et élevés chez fortunéo.?.).

    Bonne soirée


  • 29 avril 2012 09:40

    "Pour les banques, des noms, des noms ..."

    Alors on va prendre deux banques anglo-saxonnes ...
    Disons Barclays Health Private, par opposition à HSBC Private banking ...

    Il y en a une qui aura offert du 10% voire plus si le montant placé est croquignolet, l'autre qui vous répondra, c'est tout ce que nous pouvons offrir, car nous avons plein d'argent ....

    "Je n'ai pas compris, celles qui offrent des taux faibles sont elles mieux ou plus mal"

    Ce n'est pas une question d'être bien ou mal, mais simplement que selon la solidité dont elles pensent bénéficier, elles prennent des attitudes différentes ...

    "(par exemple ,les taux sont faibles à la poste et au crédit agricole et élevés chez fortunéo.?.)."

    Il faudrait commencer par comparer ce qui est comparable, car dans cette comparaison, seule une entité est une banque ...

    Pas les autres ...


  • 30 avril 2012 17:30

    ce n'est pas souvent que je "cite" un responsable bancaire, mais je trouve cet article intéressant :

    30/04 | 07:00 | Laura Berny et François Vidal

    "redonner du sens, de la légitimité au capitalisme"

    PHILIPPE BRASSAC SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE

    Les banques sont accusées de rationner le crédit aux entreprises. Est-ce fondé ?

    Difficile de répondre pour l'ensemble des banques mais une chose au moins est certaine : ce reproche est régulièrement fait aux banques françaises depuis la crise de 2008, et systématiquement démenti par les faits, puisque les encours de crédits accordés par les banques aux entreprises n'ont cessé de croître significativement sur la période. La réalité c'est que nous avons toujours essayé de faire au mieux notre métier : accorder des financements aux personnes ou aux entités qui nous paraissent présenter les capacités de remboursement nécessaires, et les refuser aux autres.

    La « finance sans visage » est au coeur de la campagne. Le secteur financier a-t-il été assez réformé depuis la crise de 2008 ?

    Cette expression est surtout le signe d'une confusion et d'un amalgame aussi dangereux qu'injuste. Dans les faits, il y a deux systèmes très différents de financement de l'économie : le premier où les banques assument le risque de transformation d'une épargne plutôt courte en crédits plutôt longs. C'est ce modèle qui finance 75 % de l'économie française. Il est très stable et n'a ni provoqué la crise financière de 2008 ni failli dans sa mission de financement de l'économie. Et puis il y a le modèle de « marché » qui met directement en relation emprunteurs et investisseurs. C'est ce modèle, dominant dans les économies anglo-saxonnes, qui a généré la crise de 2008, en favorisant la prolifération des crédits « subprimes » américains. Pourtant la nouvelle réglementation pénalise plutôt les banques européennes. Cette réforme n'est pas que technique, elle est clairement politique, parce qu'elle consacre explicitement le modèle de marché anglo-saxon, au détriment du modèle d'intermédiation qui était celui de l'Europe continentale.

    Des erreurs ont aussi été commises par les banques européennes et françaises...

    Oui, bien sûr, et les dérives sont évidentes. On ne peut pas faire comme si les banques françaises n'avaient aucune responsabilité dans ces dérives. Mais il faut, me semble-t-il, porter le diagnostic au bon niveau. Et s'attaquer à cette dérive qui a placé la maximisation du profit comme seule stratégie pertinente au détriment de la notion d'utilité. Lorsque vous posez la question à des étudiants : « Quelle est pour vous la finalité d'une entreprise ? », la réponse est unanime : « Faire du profit. » Pas un ne répond : « Fabriquer des avions, des ordinateurs, apporter du service... » Bref, fabriquer de l'utilité. Dans le domaine financier, la dérive est d'autant plus forte en apparence, que l'utilité est immatérielle... ce qui ne signifie pas inexistante !

    Comment mettre fin à cette dérive ?

    Il faut redonner du sens, de la légitimité au capitalisme, en le recadrant à la fois techniquement et culturellement. S'agissant des banques, il faut valoriser, voire favoriser dans les réglementations, les modèles économiques les plus sûrs du fait de leurs statuts. Et notamment celui des banques coopératives et mutualistes, parce qu'il attache statutairement les banques concernées au service de leurs territoires, confie la gouvernance à des sociétaires qui ne sont pas directement intéressés aux résultats financiers, et enfin les résultats dégagés ne sont pas distribués. Au Crédit Agricole, ils se transforment à 85 % directement en réserves qui n'appartiennent à personne et qui sont donc automatiquement dédiées à l'utilité économique de l'établissement au service de ses territoires.

    Estimez-vous que les banques mutualistes ont été maltraitées dans la nouvelle réglementation ?

    Maltraitées non, sous-considérées oui. Le dogme central des régulateurs de Bâle III, c'est un ratio de fonds propres durs composés uniquement d'actions ordinaires. C'est donc le modèle de société anonyme de capital qui est au centre du raisonnement. Le modèle coopératif et mutualiste est plutôt considéré comme un modèle périphérique, traité marginalement dans la réglementation technique. Le paradoxe, c'est que ce sont les banques coopératives et mutualistes qui financent une grande partie de l'économie européenne, et l'essentiel de l'économie française.

    Finalement, la cotation du Crédit Agricole il y a dix ans a-t-elle été une bonne décision ? N'entre-t-elle pas justement dans cette quête du profit ?

    Franchement non : nous avons fondamentalement ouvert le capital de Casa sur les marchés pour permettre au groupe de lever des capitaux supplémentaires pour poursuivre sa croissance à l'international. Et nous pensons toujours qu'il y a une vraie place à nos côtés pour des investisseurs longs, en accompagnement de notre stratégie de développement.

    Le désendettement des banques est-il nécessaire ?

    Oui, mais seulement s'il réduit la dépendance excessive de certains établissements aux liquidités levées sur les marchés. Or, il y a aujourd'hui un risque de dérapage très important et dangereux. Sont considérés comme trop endettés des établissements ayant un bilan trop important ramené à leurs fonds propres. Ainsi, les banques européennes seraient beaucoup trop endettées parce que leur « levier » serait de 30, alors que celui des banques américaines, par exemple, ne serait que de 15. Mais on compare des choses qui ne sont pas comparables ! D'un côté, en Europe, des banques qui portent les crédits à l'économie dans leur bilan et, de l'autre, des banques qui ne les portent quasiment pas parce que ce sont les marchés qui assument l'essentiel des financements. Avec ce type de raisonnement, nous entrons dans un cercle vicieux qui pousse les banques européennes à se débarrasser d'activités pourtant très rentables, avec la suppression des emplois correspondants. Ce mouvement de désendettement peut très vite se transformer en alignement du modèle d'intermédiation européen sur le modèle de marché américain.

    Comment casser ce cercle vicieux ?

    De la façon la plus simple. Aujourd'hui, les banques françaises doivent se refinancer sur les marchés, car elles prêtent plus à l'économie qu'elles ne collectent de dépôts. Non parce que les Français épargnent moins que d'autres, mais parce qu'une partie de cette épargne ne peut être comptabilisée au bilan des banques. En premier lieu, l'assurance-vie, une part très importante de l'épargne des Français, ne peut être utilisée par les banques pour faire des crédits. Sans modifier la fiscalité de l'assurance-vie, il suffirait d'autoriser les banques à la réemployer plus directement pour prêter. Ce n'est qu'une question de réglementation. Ensuite, les banques sont sollicitées pour financer les collectivités locales, mais celles-ci ne peuvent faire des dépôts dans ces mêmes banques. C'est totalement incohérent ! Enfin, la part de la collecte du Livret A qui remonte à la Caisse des Dépôts est beaucoup trop importante. Si l'on veut que les banques assument plus encore le financement de leurs territoires, il faut qu'elles puissent garder davantage d'épargne collectée dans ces mêmes territoires. Ce n'est pas un piège : 100 % des dépôts confiés aux banques en France sont transformés en crédits à l'économie.

    Estimez-vous souhaitable une séparation des activités de banque de détail et de marché ?

    L'intention est louable et non contestable : protéger l'épargne confiée par les ménages ou les entreprises aux banques, afin que celles-ci, je cite, « ne la risquent pas sur les marchés dans des activités spéculatives ». Si la solution d'une séparation juridique des activités paraît de bon sens, le diagnostic est tout simplement faux. Car les banques ne spéculent pas avec l'épargne des particuliers. Au contraire, elles doivent aller chercher de l'argent sur les marchés pour continuer de prêter ! Ma caisse régionale Provence-Côte d'Azur accorde par exemple plus de 12 milliards d'euros de crédits et ne dispose dans son bilan que de 10 milliards d'euros de dépôts clientèle : il lui faut donc aller chercher 2 milliards sur les marchés. Et ce grâce notamment à notre banque de marché Cacib.

    Mais est-ce normal que la banque d'investissement bénéficie de la garantie implicite de l'Etat destinée à protéger les particuliers ?

    Franchement oui, si ces activités sont effectivement au service ultime du financement des territoires et de façon plus générale de l'économie. Il me semble légitime de durcir autant que nécessaire les réglementations pour dissuader, voire interdire, des activités dites purement spéculatives plutôt que de les marginaliser ou ne pas leur fournir la viabilité nécessaire en France. Car la nature a horreur du vide : si les banques d'investissement françaises sont fragilisées, leurs concurrentes américaines prendront leur place.

    Pensez-vous que la BCE doive avoir un rôle de prêteur en dernier ressort ?

    Difficile d'être catégorique, car l'indépendance voulue de la BCE, dans ses statuts, correspond à un raisonnement et un objectif sains : responsabiliser les Etats dans leur gestion budgétaire, pas de secours automatique pour des politiques laxistes, voire irresponsables. Mais nous sommes quasiment la seule zone économique au monde qui ne bénéficie pas de facto de ce filet de sauvegarde implicite. Partout ailleurs, le risque de défaut souverain est apprécié comme quasiment nul, parce que l'intervention de l'institut d'émission est toujours possible, quitte à dégrader la parité de la monnaie. Ce n'est pas fondamentalement vertueux, mais c'est infiniment plus rassurant pour les marchés. La zone euro a décidé de faire sans : du coup, les crises de défiance des marchés en zone euro sont beaucoup plus difficiles à maîtriser.

    Propos recueillis par Laura Berny et FranCois Vidal


  • 30 avril 2012 20:53

    Si une telle situation devait arriver, la défiance des épargnants et des investisseurs institutionnels français ou étrangers serait telle que l état ne pourrait plus se financer sur les marchés ou alors qu a des taux insoutenables dans la durée.
    La France n ayant pas fait ses réformes structurelles la suppression complète de la dette ne suffirait pas a équilibrer le budget qui resterait encore déficitaire de 60 milliard si je compte bien.


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