"Les possesseurs de patrimoines "moyens"
s'expatrient-ils pour des raisons fiscales ?"
Jusqu'à présent, ils ne passaient pas à l'acte, mais nombre d'entre eux l'auront envisagé ...
Contrairement à ce que vous pouvez penser, nombre de patrimoines consistants ne sont pas investis dans l'immobilier, et ils ont les moyens de rester locataires ; ceci pour plusieurs raisons :
- la première c'est que l'immobilier ne présente plus un rendement satisfaisant, et le coup de semonce de la réforme des plus-values les aura convaincu de revoir leur copie ;
- ensuite, la réforme de l'ISF, les aura aussi conduits à consulter leur avocat fiscaliste, afin de revoir leur position fiscale ...
- si vous y ajoutez un renforcement de la fiscalité qui n'a absolument pas besoin de se concrétiser, nul doute que de proche en proche, des patrimoines qualifiés de moyens vont aller rejoindre ceux de leurs aînés qui auront pris le train auparavant
"Rappelons quand même que, pour prendre l'exemple de la Suisse, on peut négocier un forfait fiscal que si on n'y travaille pas, que ses revenus proviennent quasi exclusivement de la gestion de son capital. Ce forfait fiscal varie d'un canton à l'autre mais correspond grosso-modo à l'impôt payable sur un revenu annuel d'au moins 300.000 francs suisses. Peu d'épargnants "moyens" français me semblent réellement concernés."
Mais qui vous parle de la Suisse ?
N'existe-t-il pas en Europe des havres fiscaux plus intéressants que la France ?
"En Belgique, il faut aussi être plus que moyennement fortuné pour y trouver un avantage."
Vous touchez là un bon exemple, et pour cet Etat, tout dépend de quelle source vous tirez vos revenus ; pour le travailleur lambda, ce n'est pas le plus intéressant
"Et comme le dit Paal, il faut effectivement satisfaire à tous les critères de non résident en France pour échapper à la fiscalité française."
Certes, mais un vrai non résident, résidence principale quasi permanente à l'étranger, centre de ses intérêts patrimoniaux également à l'étranger, vous pouvez conserver un ou deux biens locatifs immobiliers, et en tirer des "revenus accessoires", qui resteront souvent, via les conventions internationales, imposées en France
Il est bien entendu aussi possible de les vendre (write off !)
"En 1981, j'ai entendu beaucoup de gens déclarer leur intention de quitter la France en cas d'élection de Mitterrand. Ils sont pourtant quasiment tous restés ici et ont survécu en râlant."
Ne plaisantons pas, et nombre de hauts contribuables se seront échappés, en attendant de voir comment les choses allaient tourner, une fois la surprise passée
Prenons l'exemple des banques qui étaient promises à une nationalisation assurée ; je ne parle pas de celles qui étaient déjà au moins pour une large partie, propriété de l'Etat (les 3 grandes
), mais de celles qui relevaient du secteur privé
Vous voulez un exemple ?
Alors on va le prendre et se porter vers Neuflize, Schlumberger, qui aura rejoint le groupe ABN Amro, groupe qui aura fait plus tard un accord avec Fortis
Aujourd'hui, cette structure est devenu Neuflize, après avoir été la NSM, et nul doute que s'il y avait à nouveau un risque sur ce groupe bancaire, il continuerait de se placer sous protection
Que croyez-vous que soient devenus les clients majeurs de ce groupe bancaire, et quelle structure internationale aura pris ce groupe ?
Alors, bien entendu, on ne parle pas ici du contribuable qui perçoit moins de 4 ou 5.000 Euros par part
Au fait, l'affaire Bettencourt, cela vous dit quelque chose ?