"Je vous parle d'hégémonie de grandes régions géographiques et vous me répondez abondance de biens matériels qui augmente au cours des ans."
Oh, vous parliez d'hégémonie de grandes régions géographiques, mais encore aurait-il fallu que cela apparaisse comme une évidence
; vous me sembliez davantage parler d'évolution au cours de l'humanité, ce qui est loin d'être la même chose
"Une génération, ou deux ou 2,2278549625 si vous voulez..."
Une génération, c'est une notion mal définie, même si la précision du nombre Py, l'est un poil davantage
"Et je regrette la perte de vitesse phénoménale de notre vieille Europe par rapport à d'autres régions du monde sur ces sujets."
Nous devons être plus qu'un certain nombre à le regretter, mais pour moi qui vit très régulièrement avec des représentants asiatiques (car nous sommes amenés à en héberger un certain nombre en forte autonomie hors de leur pays et coupés de leur environnement d'origine - et pour des périodes variables), je peux vous assurer qu'ils regardent cette vieille Europe avec certains points d'interrogations ; une des choses qui les heurte fortement, ce sont les grèves de tous ordres (les trains, les avions, les manifs, etc
)
"Vous citez Coréens et Japonais et on pourrait en rajouter bien d'autres, comme les Indiens (qui excellent en informatique) et les Chinois qui ne sont plus les simples copieurs que l'on a connu il y a encore quelques années (on avait d'ailleurs dit la même chose pour les Japonais dans les années 70)"
Vous citez là trois peuples qui ont des caractéristiques fort différentes, et on pourrait aussi y adjoindre les ressortissants indiens, mais pour ce qui concerne le phénomène de la copie, notre vielle Europe avec son habitude protectionniste, n'aura pas toujours compris la finalité de ce processus dit de copie
Si l'on prend l'exemple du Japon des années 70, leur première approche de base, et si l'on excepte la Chine, c'était non l'intention de capter les innovations, mais simplement l'intention d'améliorer les produits existants, et ils auront commencé par améliorer les appareils permettant la saisie du savoir et sa diffusion (appareils photo, vidéo-enregistreurs, caméscopes, et écrans de visualisation
), et ce fut le premier pas de cette amélioration
C'est ainsi que l'on aura vu de nombreux asiatiques prendre des clichés et autres prises de vues avec des appareils novateurs, ceci afin de se tenir informés de ce qui existait, puis vint la seconde étape consistant à améliorer les produits existants, puis ensuite à en créer de nouveaux
La réaction de la vieille Europe fut alors de tenter de résister à cette phase (au lieu de lancer des programmes de coopération avec ces peuples), et ils se sont mis à commander des exemplaires de produits, pour les démonter, les disséquer, puis apporter (à la japonaise) toutes formes d'améliorations
Il se trouve que la prise de décision "à la japonaise", n'a rien à voir avec la prise de décision occidentale, ou si ce n'est pas décidé et concocté "par le grand chef", cela ne vaut pas grand-chose
Or dans la décision japonaise (qui s'initie avec un long délai de maturation avant la mise en uvre), le décideur (celui qui dira : on y va !), détermine quel sera le plus bas niveau d'exécution d'un processus, puis "insuffle" le projet à ce niveau élémentaire ; comme la hiérarchie japonaise est à la fois multiple et complémentaire, le décideur se donne un délai maximal au bout duquel l'initiative doit lui revenir, et il suit ce cheminement toujours avec des délais à des étapes qu'il considère déterminantes (c'est en fait de la vraie planification).
Par contre, dans ce processus, chacun des paliers de progression peut et DOIT proposer des proposer des voies d'amélioration, et ensuite à chaque étape déterminante, le décideur va s'informer de l'évolution du projet, et cela jusqu'à temps que ce dernier lui revienne (parfois fortement modifié) à son niveau
L'avantage de cette approche, c'est qu'une fois le processus achevé, le décideur peut, à tout instant, appuyer sur le bouton GO, et le processus se met alors immédiatement en ordre de marche, et c'est vrai à la fois au niveau du prototype, mais aussi lors de la production en série
Si l'on y ajoute que ces gens, ils ne raisonnement sur ce qu'ils vont devoir faire la semaine prochaine voire le trimestre prochain, mais ce qu'ils feront dans 15 ou 20 ans, on peut discerner le fossé qui nous sépare aujourd'hui