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ART : Les prix sont au sommet mais la confian

04 août 2008 20:30

Les prix sont au sommet mais la confiance décline

Article de l'AGEFI sur le MARCHÉ DE L'ART (1)
le 25/07/2008

"Les œuvres l’art apparaissent à ce jour l’un des rares actifs encore porteurs. Elles semblent ne pas subir les effets de la crise financière grâce au soutien de quelques milliardaires Les récentes ventes londoniennes de juin ont encore permis d’établir de nouveaux records. Mais alors que les prix sont au plus haut, le moral des collectionneurs tend à s’effriter

Le baril de pétrole atteint les 140 dollars, la note de la crise du subprime ne cesse de s’alourdir, l’immobilier plie un peu partout dans le monde, les marchés financiers plongent inlassablement, l’inflation devient préoccupante, les prévisions de croissance sont de plus en plus ternes… Dans un tel contexte, les résultats des ventes les plus prestigieuses enregistrés chez Christie’s et Sotheby’s à coups de millions de livres semblent hors norme.

Des ventes londoniennes spectaculaires. A Londres, capitale européenne du marché de l’art, Sotheby’s et Christie’s ont confirmé la solide tenue des enchères disputées à coups de millions de livres. Ces ventes étaient très attendues compte tenu du climat économique général. Pourtant, la vacation « Impressionist and Modern Art Evening Sale » du 24 juin a rapporté 144 millions de livres à Christie’s, un volume d’affaires jamais atteint jusqu’à présent en Europe. Le lendemain, sa concurrente a réalisé un produit de vente de 102 millions de livres, soit 7 millions au-delà de ses prévisions hautes.

La multitude de prix records est à l’origine de ces succès : huit ont été enregistrés sous le marteau de Christie’s. Le plus médiatisé revient à Claude Monet : « Le bassin aux nymphéas », un immense format de 1919, a été adjugé 36,5 millions de livres (73,1 millions de dollars) à Arts and Management International, enchérissant pour le compte d’un client anonyme. Ce nouveau record de Claude Monet est aussi celui de l’impressionnisme, devant les 71 millions de dollars pour le fameux « Au Moulin de la Galette » d’Auguste Renoir, atteints en mai 1990. A ce jour, l’indice des prix de l’impressionnisme est supérieur de 13 % au niveau atteint en 1990, au pic de la bulle spéculative.

Acheteurs européens. Au total, 20 lots sur les 136 présentés n’ont pas trouvé preneur, soit un taux d’invendus inférieur à 15 %, une proportion particulièrement faible même pour des ventes aussi prestigieuses. A New York, en mai, lors des sessions « Impressionist and Modern Art Evening Sale », le pourcentage d’œuvres ravalées était proche de 23 %. En grande majorité, les lots ont été adjugés à des acheteurs européens. Chez Sotheby’s, ils se sont emparés de 70 % des lots. Chez Christie’s, pour répondre à la demande des nouvelles niches de collectionneurs, plusieurs œuvres majeures d’artistes russes avaient été présentées. Celles de Vladimir Baranoof-Rossiné, Vera Rockline et de Natalia Goncharova ont toutes battu des records d’enchères. Avec une adjudication de 4,6 millions de livres (9,2 millions de dollars) pour « Les fleurs », Natalia Goncharova est sacrée femme peintre la plus cotée du marché.

Même l’art contemporain, plus spéculatif et volatil, dispersé une semaine plus tard, a été l’objet de résultats exceptionnels. Le plus important est sans conteste celui décroché par Jeff Koons, en date du 30 juin 2008 pour « Ballon flower (Magenta) ». La pièce, issue de la collection de Howard et Cindy Rachofsky, aurait été acquise pour 1,1 million de dollars en 2001. Chez Christie’s London, elle s’est arrachée 11,5 millions de livres (23 millions de dollars), établissant un nouveau record pour un artiste de moins de 60 ans.

Hausse des prix généralisée en juin. Les œuvres de Claude Monet, Francis Bacon ou Lucian Freud dispersées ces derniers mois sont autant de trophées enlevés par Tania Buckrell Pos ou le milliardaire russe Roman Abramovich, qui servent de baromètres à l’ensemble du marché, tout comme le furent les œuvres d’Auguste Renoir et de Vincent Van Gogh lors de la bulle spéculative de 1990. Une fois de plus, les plus médiatiques ventes de Christie’s et Sotheby’s, qui représentent à peine 1/1.000e des transactions mondiales, semblent donner le « la » pour le secteur dans son ensemble.

L’euphorie s’est étendue à l’ensemble du marché de l’art. A l’international, sur une base 100 en juillet 1990, l’Artprice Global Index au 1er juillet 2008 a atteint 128 points en euros et 175 points en dollars. Toutes gammes et toutes époques de production confondues, l’art n’a jamais été aussi cher.

Perte de confiance progressive des acteurs. En parallèle de ces ventes d’exception, voilà près d’un mois que l’indicateur sur la confiance des acteurs du marché de l’art (Art Market Confidence Index d’Artprice - AMCI) ne cesse de baisser. Cet indicateur d’anticipation du marché, à horizon de trois mois, est de même nature que l’indice de sentiment du consommateur du Survey Research Center de l’université du Michigan.

Après avoir atteint un pic de +31 points à la fin mai, à l’issue des excellents résultats des ventes new-yorkaises de mai, il s’est infléchi progressivement, suivant le spectre d’une récession économique mondiale. Malgré les bons résultats de Londres, l’inquiétude des acteurs du marché de l’art ne cesse de grandir.

En janvier, l’indice en temps réel de la confiance des acteurs du marché de l'art avait atteint -14,4 points sur une échelle de -100 à +100, révélant alors une nette inquiétude. Cette perte de confiance soudaine s’était alors matérialisée par une baisse de plus de 7 % de l’indice des prix du marché de l’art européen, corrigé des variations saisonnières. Jamais une telle variation à la baisse n’avait été enregistrée depuis 1991-1992.

Ce climat morose a été de courte durée. Dès mars, l’AMCI s’est élevé à un niveau supérieur à +20 points. Le nombre de personnes interrogées estimant que les prix de l’art augmenteraient dans les trois mois était alors deux fois supérieur à ceux qui anticipaient une baisse. Cet optimisme fut immédiatement suivi d’effets concrets… En mai et juin, les prix des œuvres ont encore augmenté.

Mais voilà près d’un mois que l’indicateur prévisionnel tend à se retourner : de +24,3 au 9 juin, il est passé sous 0 le 15 juillet 2008. Devant l’enlisement des marchés dans la crise, le moral des acteurs du secteur s’effrite. Leurs intentions d’achat ne cessent de chuter et leur opinion sur leur situation financière semble chaque jour plus pessimiste, tout comme leur vision sur l’évolution des prix."

(1)lien:
http://www.agefi.fr/articles/Les-prix-sont-au-sommet-mais-la-confiance-decline-1048413.html

1 réponse

  • 21 août 2008 11:13

    il y a quelques jours ont été un grand succés avec de nouveaux acheteurs venus des marchés émergeants et/ou pétroliers.
    Sujet qui n'est pas sans rapport avec le marché de l'art.
    Mais le marché de l'art contemporain est très nationaliste (Sauf en France) et préfère ses artistes nationaux.


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