un point sur les commodities qui sont a surveiller ama pour inflation chinoise et donc politique chinoise
La flambée du beurre inquiète les biscuitiersTHIÉBAULT DROMARD. Publié le 31 mai 2007Actualisé le 31 mai 2007 : 08h23 Les fabricants de palets ou de galettes bretonnes, qui emploient 4 000 salariés, craignent pour leurs marges.
A. Olszak/Le Figaro
Les fabricants de palets ou de galettes bretonnes, qui emploient 4 000 salariés, craignent pour leurs marges.
A. Olszak/Le Figaro
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LA FRANCE va-t-elle manquer de beurre ? L'idée d'une pénurie de beurre industriel en France, deuxième producteur européen de lait, pourrait faire sourire. Pourtant, la menace est prise très au sérieux par les professionnels. À 4 euros le kilo, le beurre pâtissier enregistre une hausse d'environ 40 % en un an. « Le marché du beurre n'a jamais été aussi tendu, s'inquiète le Syndicat de la biscuiterie française (SBF), très dépendant de cette matière première. La flambée des prix devrait perdurer, voire s'accentuer au deuxième semestre. »
Plusieurs facteurs expliquent cette envolée. La production laitière française et européenne est en net recul, alors que la demande des pays émergents reste soutenue. « Pour la deuxième année consécutive, indique la porte-parole de l'Association des transformateurs laitiers, la France comme l'Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni ou encore la Finlande sont en sous-production. Cela se traduit par une baisse de la collecte d'environ 3 à 4 %. » En cause, la baisse du cheptel, vendu pour profiter de la hausse des cours de la viande. En outre, l'Australie, grand producteur, touchée par une sécheresse importante, a vu sa production s'effondrer l'été dernier. Surtout, l'arrêt, cette année, des aides européennes à cette filière a libéralisé un marché jusqu'à présent très encadré.
L'Union européenne vient de déstocker 6 000 tonnes sur le marché, mettant fin à 43 ans d'un stockage parfois dantesque. Six mille tonnes, c'est une goutte d'eau, cela ne suffit pas à peser sur les cours. En 1986, le record de stockage avait été atteint avec 1,28 million de tonnes en réserve. Les quotas laitiers mis en place en 1986 avaient permis de résorber en partie les effets de la surproduction.
Les agriculteurs se frottent les mains
Pour l'heure, l'industrie biscuitière française craint pour ses marges. « Ce sont les PME, qui ne parviennent pas à peser dans les négociations avec la grande distribution, qui souffrent actuellement de ce phénomène », explique Gérard Lebaudy, président du Syndicat de la biscuiterie française. À commencer par les fabricants de palets ou de galettes bretonnes qui emploient 4 000 salariés.
Pour Lu, propriété de Danone et fabricant du Petit-Beurre, cette hausse des coûts n'a pas encore été répercutée sur les prix. Le véritable Petit-Beurre enregistre une baisse de 1,8 % de son prix de vente en avril 2007 par rapport à avril 2006, à la faveur de la loi Dutreil. « Pour l'instant, indique-t-on chez Lu, nous ne répercutons pas encore cette charge supplémentaire, mais il faut s'attendre à une probable hausse des prix d'ici à la fin de l'année. » Le bras de fer avec la grande distribution ne fait que commencer. Cette flambée du beurre s'ajoute à celle des prix des principales matières premières depuis un an : 40 % pour le blé, 35 % pour le maïs, 17 % pour le cacao, 24 à 46 % pour les huiles. Le lait devrait augmenter de 10 euros pour 1 000 litres cette année. Les agriculteurs se frottent les mains, car ces hausses des prix compensent quelques années de vaches maigres ; pour l'industrie agroalimentaire, les ennuis pourraient commencer.