Zone euro-La BCE s'inquiète des risques de déstabilisation

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 (Actualisé en associant Draghi et Coeuré) 
    FRANCFORT, 26 septembre (Reuters) - Les déséquilibres 
économiques au sein de la zone euro risquent de la déstabiliser, 
ont prévenu lundi deux dirigeants de la Banque centrale 
européenne (BCE) en soulignant la responsabilité des 
gouvernement pour soutenir la croissance dans le respect des 
règles en vigueur de l'union monétaire.  
    Le président de la BCE Mario Draghi et Benoît Coeuré, qui 
siège au directoire de l'instution, ont reconnu que la politique 
monétaire ultra-accommodante de taux d'intérêt très bas et 
d'achats massifs d'actifs présentait des limites.  
    "Dans notre Union économique et monétaire, en particulier, 
le cadre de gouvernance économique est essentiel pour éviter des 
déséquilibres qui pourraient éventuellement risquer de 
déstabiliser la zone euro", a déclaré Draghi devant la 
commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement 
européen à Bruxelles.  
    "Et pour que la zone euro prospère, des actions des 
gouvernements nationaux sont nécessaires pour libérer la 
croissance, réduire le chômage et responsabiliser les individus 
tout en offrant les protections indispensables pour les plus 
vulnérables." 
    Draghi a appelé à de nombreuses reprises les pays qui 
disposent de marges de manoeuvre budgétaire à les utiliser, sans 
grand succès toutefois auprès de l'Allemagne qui présente les 
excédents budgétaires les plus importants au sein de la zone 
euro mais n'entend pas renoncer à sa politique de rigueur. 
    De son côté, Benoît Coeuré a prévenu lors d'une intervention 
à Rome, que si les gouvernements ne jouaient pas leur rôle dans 
le soutien à la reprise, la zone euro risquait de connaître une 
longue période de croissance et de taux d'intérêt faibles.       
    "Passer d'une situation où les taux d'intérêt sont 'bas pour 
longtemps' à une situation où ils seraient 'bas pour toujours' 
limiterait drastiquement la marge de manoeuvre des instruments 
de politique monétaire conventionnelle, mais de manière plus 
inquiétante encore, cela menacerait le contrat entre les 
générations et fracturerait notre modèle social", a-t-il dit. 
    Confrontée à une inflation toujours proche de zéro et à une 
croissance sans ressort, la BCE étudie ses options pour 
prolonger son programme de rachats d'actifs qui doit s'arrêter 
en mars 2017 en principe.  
    Sa politique de taux d'intérêt négatif et les conséquences 
sur le niveau des rendements à long terme de ses achats d'actifs 
ont suscité des critiques, notamment en Allemagne et aux 
Pays-Bas, en raison de leurs conséquences sur la rentabilité des 
banques et les placements des compagnies d'assurances et des 
fonds de pension. 
    Si Draghi et Coeuré ont défendu les mesures adoptées, ils 
ont reconnu qu'elles avaient des effets secondaires. 
    "Si aucune autre politique n'est en place, le délai pour que 
notre politique monétaire soit efficace sera plus long", a dit 
Draghi.  
    "Maintenant, cela n'est pas sans coût, il est assez clair 
que des taux d'intérêt très bas pour une période très longue ont 
des effets secondaires, qui en particulier affectent la 
stabilité financière", a-t-il dit.   
 
 (Francesco Canepa et Balazs Koranyi à Francfort, Gavin jones à 
Rome et Francesco Guarascio à Bruxelles, Marc Joanny, édité par 
Juliette Rouillon) 
 
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