Zone euro-La baisse du crédit plaide pour une action de la BCE

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FRANCFORT, 30 décembre (Reuters) - Les crédits octroyés aux ménages et aux entreprises de la zone euro ont encore diminué en novembre, ce qui pourrait plaider en faveur d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) pour relancer l'économie. Les données publiées mardi par la BCE montrent un recul de 0,9% du crédit au secteur privé le mois dernier par rapport à novembre 2013, après une contraction de 1,1% en octobre. ID:nF9N0RK02Q Cette baisse continue suggère que l'assainissement des bilans des banques imposé par la BCE, les financements à quatre ans à taux quasi-nul qu'elle a accordés au secteur et ses achats de dette privée n'ont pour l'instant eu que peu d'impact sur l'offre de crédit, notamment dans les pays les plus touchés par la crise. Les prêts aux entreprises ont chuté de 11,4% en Irlande, de 8,5% en Espagne, de 6,5% au Portugal et de 3,2% en Grèce. L'aversion au risque pourrait en outre s'accentuer jusqu'aux élections législatives anticipées en Grèce, les sondages donnant le parti de gauche anti-austérité Syriza vainqueur du scrutin. L'inflation dans la zone euro ne dépasse pas 0,3% en rythme annuel, loin de l'objectif d'un taux inférieur à mais proche de 2% que s'est fixé la BCE, et les appels en faveur d'un assouplissement accru de la politique monétaire se sont multipliés ces dernières semaines, à la faveur entre autres de la chute des cours du pétrole, qui risque de se traduire par une baisse générale des prix. Une telle évolution et la dégradation des anticipations d'inflation pourraient peser sur les salaires et l'investissement, donc compromettre des perspectives de croissance déjà timides. LA GRÈCE PEUT JOUER En Espagne, le recul des prix est déjà une réalité et il s'est même accentué en décembre selon la première estimation officielle publiée mardi, atteignant son rythme le plus élevé depuis juillet 2009. ID:nL6N0UE0O9 Les taux d'intérêt de la BCE étant déjà pratiquement nuls, la seule option nouvelle dont dispose la banque centrale est celle d'achats massifs d'emprunts d'Etat, mais plusieurs membres du Conseil des gouverneurs y sont hostiles, jugeant que les inconvénients d'une telle stratégie dépassent ses avantages. La BCE a commencé à se préparer à l'éventualité de nouvelles mesures, y compris des achats d'actifs, si elles se révélaient nécessaires. Dans une récente enquête de Reuters auprès d'économistes, 25 participants sur 27 ont dit s'attendre à ce que la banque centrale entame des achats d'obligations souveraines au cours des prochains mois. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs est prévue le 22 janvier. "Même si les chiffres de la masse monétaire et du crédit bancaire évoluent dans la bonne direction, ils restent faibles, donc la BCE ne peut y trouver que peu de réconfort", estime Howard Archer, économiste d'IHS Global Insight. Il ajoute que l'incertitude politique en Grèce pourrait hâter le processus de décision sur de nouvelles mesures s'il pèse sur les marchés financiers de la zone euro, même si "la situation grecque peut durcir l'opposition allemande à l'achat d'obligations souveraines". (Eva Taylor, Marc Angrand pour le service français)

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