Zone euro- L'inflation bondit et la croissance s'accélère

le , mis à jour à 13:12
0
    * Inflation de 1,8% en janvier, la plus haute depuis février 
2013 
    * Inflation "core" stable à 0,9% 
    * La BCE devrait s'en tenir au statu quo 
    * PIB +0,5% au T4, comme prévu 
    * Chômage de 9,6% en décembre, au plus bas depuis plus de 7 
ans 
    * Graphique sur l'économie de la zone euro: 
    * http://tmsnrt.rs/2bkCt7Q 
 
 (Actualisé avec des citations, détails) 
    par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 31 janvier (Reuters) - L'inflation en zone euro a 
bondi en janvier, tandis que la croissance s'est accélérée et 
que le chômage est tombé à son plus bas niveau en plus de sept 
ans, sans que cela doive a priori pousser la Banque centrale 
européenne (BCE) à réfléchir par anticipation à une révision de 
son programme d'assouplissement quantitatif (QE). 
    La raison en est que la hausse de l'inflation dépouillée de 
ses éléments les plus instables reste modeste.     
    Les prix à la consommation dans les 19 pays ayant opté pour 
la monnaie unique ont augmenté de 1,8% sur un an en janvier, en 
nette accélération par rapport à la hausse de 1,1% constatée en 
décembre, suivant une première estimation livrée mardi par 
Eurostat.  
    L'inflation se rapproche ainsi sensiblement de l'objectif 
que s'est fixé de la Banque centrale européenne (BCE) d'une 
inflation inférieure à mais proche de 2% à moyen terme. 
    Le rythme d'inflation du mois de janvier est le plus soutenu 
depuis février 2013. 
    En France, l'inflation a également fait un bond en avant en 
janvier, tout comme en Allemagne, ce qui ne devrait pas manquer, 
malgré tout, d'alimenter le débat récurrent sur la nécessité de 
modifier la politique monétaire de la BCE, que certains jugent 
trop accommodante.     
    L'inflation annuelle a été de 1,4% en France, au plus haut 
depuis novembre 2012, après 0,6% en décembre, selon une première 
estimation publiée mardi par l'Insee.   
    En Allemagne, le rythme d'inflation, dont la première 
estimation a été publiée lundi, ressort à 1,9% sur un an, du 
jamais vu depuis trois ans et demi.       
    Toutefois, l'inflation "core" en zone euro, c'est-à-dire 
hors éléments volatils que sont l'énergie et les produits 
alimentaires non transformés, est restée stable à 0,9% ce 
mois-ci en variation annuelle. 
    C'est cette forme particulière de l'inflation qui tient lieu 
de référence pour la BCE, qui rachète chaque mois pour 60 
milliards d'euros d'actifs mois dans le cadre de sa politique de 
relance de l'inflation et soutien à la croissance et le 
président Mario Draghi n'a pas l'intention de s'en tenir aux 
seules fluctuations des prix de l'énergie pour décider si la 
trajectoire d'inflation se redresse de manière convaincante. 
    "Dans la mesure où l'inflation 'core' reste faible il est 
peu probable que la BCE changera de cap" sur le QE, a dit Bert 
Colijn, économiste d'ING.  
    Hormis une "surprise de taille" pour cette inflation, la BCE 
ne commencera pas à dénouer son programme QE avant l'an 
prochain, ajoute-t-il. 
    Les prix de l'énergie dans les 19 pays de la zone euro ont 
augmenté de 8,1% en taux annuel, après un gain de 2,6% en 
décembre, tandis que les prix des produits alimentaires non 
transformés ont progressé de 3,3%. 
    Parallèlement, Eurostat a annoncé une légère accélération de 
la croissance en zone euro, à 0,5% au quatrième trimestre, 
contre 0,4% au troisième, ce qui était prévu par les 
économistes.  
    En variation annuelle, la croissance de la zone euro au 
quatrième trimestre est restée stable, à 1,8%, et sur l'ensemble 
de l'année 2016, elle ressort à 1,7%, après un pic de cinq ans 
de 2,0% en 2015. 
    "Nous pensons que la zone euro aura peut-être du mal à tenir 
le rythme en raison de solides incertitudes politiques en 2017 
et d'une probable réduction du pouvoir d'achat du consommateur 
du fait d'une inflation plus haute", observe Howard Archer, 
économiste d'IHS Global Insight. 
    Ce dernier anticipe pour la zone euro une croissance de 1,6% 
en 2017 et en 2018. 
    L'amélioration de la croissance a également contribué à 
faire légèrement reculer le chômage en zone euro, ramenant son 
taux de 9,7% à 9,6% en décembre, au plus bas depuis mai 2009, 
soit avant que ne se déclenche la crise de la dette grecque.   
    "On se rapproche de chiffres qui justifieraient plus de 
pressions salariales mais cela n'arrivera sans doute pas de 
manière sensible au premier semestre 2017", poursuit Colijn.  
    "Néanmoins, la BCE examinera ce paquet de données avec des 
sentiments mitigés car cela montre bien que l'économie évolue 
dans le bon sens mais il est probable aussi que les 'faucons' ne 
vont par rater le coche".       
     
    Tableaux    L5N1FL2IM  
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel  ECONEZ  
 
 (Avec Philip Blenkinsop, Juliette Rouillon et Claude Chendjou 
pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant