Zone euro et FMI peinent toujours à s'accorder sur la Grèce

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ZONE EURO ET FMI PEINENT À S'ACCORDER SUR LES RÉFORMES À DEMANDER À ATHÈNES
ZONE EURO ET FMI PEINENT À S'ACCORDER SUR LES RÉFORMES À DEMANDER À ATHÈNES

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les représentants de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) en charge du dossier grec peinent à s'accorder sur les réformes qu'Athènes doit encore mettre en oeuvre, au risque de reporter le déblocage d'argent frais et le début des négociations sur l'allègement de la dette du pays, ont dit des responsables au fait du dossier.

Le Grèce est maintenue à flot depuis 2010 par une succession de plans de renflouement de la zone euro et du FMI qui ont déjà été en désaccord dans le passé sur les mesures à réclamer aux autorités grecques mais sont parvenus à aplanir leurs différends jusqu'à présent.

La perspective d'un troisième plan de sauvetage pour la Grèce a suscité des réserves au sein du FMI qui souhaite qu'il soit l'occasion de remettre le pays sur pied.

"Le principal problème maintenant est le désaccord entre les institutions (créancières), parce que cela va nuire à la crédibilité de toute solution", a dit un haut responsable. "Il faut qu'ils s'entendent et s'accordent sur un scénario et des mesures de politique" économique.

Les représentants de la zone euro et du FMI espèrent parvenir à un compromis sur la Grèce dans la semaine en vue de la réunion de l'Eurogroupe de lundi prochain. Des représentants de l'un et l'autre partie doivent se retrouver lors d'un dîner à Bruxelles mercredi pour débattre du sujet.

Tant qu'un accord n'est pas trouvé, il n'est pas possible de décider si Athènes a respecté les exigences initiales pour le déblocage de nouveaux prêts et la zone euro ne peut pas lancer les discussions sur un allègement de la dette qui permettrait de la rendre soutenable.

AUCUN REMBOURSEMENT MAJEUR AVANT JUILLET

La Grèce n'est confrontée à aucun remboursement majeur sur sa dette avant le mois de juillet, ce qui laisse amplement le temps à ses créanciers de trouver un compromis. Mais les discussions, qui traînent en longueur, risquent de miner la confiance des investisseurs.

"Si nous entrons maintenant dans un cycle pour savoir si cet examen (de la situation de la Grèce) sera mené à bien ou pas, cela entraînera le même genre d'incertitudes que celles que nous avons plus ou moins connues il y a un an... avec la perte de confiance et la fuite des capitaux", a dit un troisième responsable proche des créanciers.

Le différend porte principalement sur la nécessité pour Athènes de dégager un excédent budgétaire primaire, soit un excédent budgétaire hors charges de la dette, de 3,5% du produit intérieur brut en 2018 et de le maintenir à ce niveau afin de ne plus avoir à emprunter auprès des autres pays membres de la zone euro pour assurer sa solvabilité.

Les représentants du FMI ont une vision plus conservatrice que ceux de la zone euro des perspectives de croissance de l'économie grecque, sachant que l'expérience montre qu'Athènes a plutôt été en dessous des objectifs en la matière au cours des dernières années.

Le FMI considère que l'excédent primaire devrait être de l'ordre de 2% en 2018 avec les réformes actuellement proposées par Athènes sur la base d'une hypothèse de croissance d'environ un point de pourcentage inférieure aux prévisions de la zone euro. Pour le FMI, Athènes devrait en conséquence avoir un programme de réformes plus ambitieux, notamment dans le domaine le plus politiquement sensible, celui des retraites.

(avec Paul Taylor à Bruxelles et Gernot Heller à Berlin, Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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