Zone euro : Berlin souhaiterait généraliser la retraite à 67 ans

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Le gouvernement allemand négocie le renforcement du fonds de sauvetage de l'euro avec le Bundestag.

«Travailler plus pour sauver l'euro.» Angela Merkel pourrait faire sienne cette devise. La chancelière a attaqué l'année avec une mauvaise nouvelle pour les députés de sa majorité : la crise des dettes dans les pays de la zone euro risque de coûter encore plus cher que prévu et l'Allemagne va devoir remettre la main à la poche pour augmenter la capacité du fonds de secours européen (FESF). Mais elle a trouvé une idée pour calmer la mauvaise humeur de ses troupes : obtenir en échange que tous les pays de l'eurozone acceptent de repousser l'âge de la retraite à 67 ans. La frustration monte dans les rangs de la majorité conservatrice-libérale de Merkel, alors que se profile une augmentation des garanties allemandes pour le FESF, qui devra être approuvée par le Bundestag. «Il est impensable que nous payions tout alors que les pays à problèmes continuent comme avant», s'emporte un député, cité par le Financial Times Deutschland.

Face aux responsables de la majorité parlementaire, le patron du groupe CDU du Bundestag, Volker Kauder, a lancé lundi soir un ballon d'essai au nom de la chancelière, rapporte le quotidien. «Nous voulons imposer des standards communs pour toute l'Europe», a-t-il ainsi affirmé en citant l'exemple du frein à la dette, puis celui de la retraite à 67 ans, adoptés par l'Allemagne.

Stimuler la compétitivité

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est déclaré disposé à porter la capacité de prêt effective du fonds - qui, dans la réalité, ne peut prêter que 250 milliards d'euros, le reste devant être conservé comme garanties - à 440 milliards d'euros. Mais Schäuble s'oppose à un élargissement du fonds et se montre très réticent à une augmentation des garanties.

Le ministre allemand des Finances commence à poser ses conditions. «Nous voulons proposer un paquet complet de mesures», a-t-il dit, indiquant qu'un renforcement des capacités de prêt du Fonds ne pourrait être décidé sans contrepartie. «Une des leçons à tirer de l'année dernière est que nous devons rendre plus efficace le pacte de stabilité» qui encadre les politiques budgétaires dans l'UE, a-t-il affirmé hier à son arrivée à une réunion avec ses homologues de l'UE à Bruxelles. «Par ailleurs, la coordination économique doit être améliorée afin de stimuler la compétitivité dans tous les pays», a-t-il dit, souhaitant des décisions d'ici au sommet de mars. Berlin se fait ainsi l'écho d'une frustration de plus en plus présente outre-Rhin : après dix ans de réformes et de sacrifices, la reprise de l'économie allemande risque d'être tirée vers le bas par ses voisins européens qui n'ont pas consenti les mêmes efforts.

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