Zodiac ne croit pas à une bulle des commandes aéronautiques

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Zodiac ne croit pas à une bulle des commandes aéronautiques
Zodiac ne croit pas à une bulle des commandes aéronautiques

PARIS (Reuters) - L'avalanche de commandes d'avions récemment enregistrées par Airbus et Boeing ne traduit pas l'émergence d'une bulle mais la prise de conscience par les compagnies aériennes du fait que les capacités de production des avionneurs sont limitées, a estimé mardi le président du directoire de l'équipementier Zodiac Aerospace.

Les deux avionneurs ont engrangé des commandes record en 2011, plus de 2.500 unités à eux deux, émanant notamment des compagnies asiatiques anticipant une forte croissance de leur trafic dans les années à venir.

Des mises en garde ont été lancées contre l'apparition d'une bulle, notamment de la part du patron de la société de leasing BOC Aviation Robert Martin, qui avait dit à Reuters en février s'en inquiéter.

"Ces prises de commandes, en réalité, sont des prises de possession d'un créneau de fabrication à une date donnée. Cela pourrait être perçu comme un signe de fragilité du carnet de commandes", a expliqué Olivier Zarrouati, le patron de Zodiac, lors de la publication des résultats semestriels du groupe.

"Je pense au contraire que c'est le signe d'une bonne conscience de l'ensemble des acteurs du milieu, du fait que la capacité de production n'est pas suffisante. Les clients prennent leur place dans la file d'attente."

Sur le secteur des monocouloirs, ces avions destinés à des vols court-courriers, Airbus augmente progressivement sa cadence de production mensuelle, passée de 36 unités l'été dernier à 40 au premier trimestre 2012 pour atteindre 42 en octobre prochain.

L'avionneur, qui teste la capacité de ses sous-traitants à monter à 44 courant 2013, caresse l'idée de produire à terme 50 monocouloirs par mois, tout en s'interrogeant sur la capacité de la chaîne de production à suivre le rythme.

"Je ne pense pas que nous soyons en train de construire une bulle, au moins tant que les avionneurs gèrent leur production à un rythme régulier", a ajouté Olivier Zarrouati.

"On serait en train de gonfler une bulle si on gonflait les cadences de production au rythme des prises de commande. Là on épuiserait le marché."

Le marché des avions de ligne est évalué à 4.000 milliards de dollars pour les 20 prochaines années.

Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez

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