Zinédine Zidane, l'inéluctable ascension du nouvel entraîneur du Real Madrid

le , mis à jour à 20:10
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Zinédine Zidane, l'inéluctable ascension du nouvel entraîneur du Real Madrid
Zinédine Zidane, l'inéluctable ascension du nouvel entraîneur du Real Madrid

Florentino Perez a tranché. Après avoir écarté Rafael Benitez, il a décidé de nommer Zinédine Zidane, 43 ans, entraîneur du Real Madrid. Une intronisation anticipée qui met un quasi novice à la tête du plus grand club du monde...

L’heure Z a sonné… Zinédine Zidane a été nommé entraîneur du Real Madrid ce lundi. Logique, quand on connaît l’envie de Florentino Perez de faire de son ancien joueur étoile, symbole de sa présidence, le nouveau coach de la Casa Blanca. Inéluctable quand on sait que Zinédine Zidane avait refusé, après avoir passé ses diplômes de prendre une équipe française désargentée, s’ancrant un peu plus dans cette vie madrilène qui lui convient bien. Surprenant quand on se dit que la veille, Zidane était sur le banc à La Roda, dans un stade de campagne en troisième division espagnole. Pourtant, l’envie le taraudait de prendre les rênes d’une équipe pro depuis plusieurs mois. Mais les discussions décevantes sur les contours de l’effectif l’avaient éloigné de Bordeaux. Pourtant, les dirigeants des Girondins y avaient cru. La presse aussi. Le public français également. Mais Zizou, fidèle à lui-même, avait réussi à dribbler les pronostics et était resté chez lui, à Madrid, en famille, à la tête du Castilla, ce club de troisième division qui sert à façonner les jeunes de la Cantera du Real Madrid.

Pas assez mûr l’été dernier

Après une saison décevante avec les minots, Zidane, qui a toujours détesté la défaite, avait décidé de rempiler. L’ancien adjoint de Carlo Ancelotti n’avait pas été jugé assez mûr pour succéder à l’Italien quand celui-ci a été chassé sans ménagement par le comité directeur du club pour ne pas avoir su contrer le grand Barça. Tant pis s’il avait été le héros de la conquête de la Decima à Lisbonne en 2014. Le Madridisme ne fait pas de sentiment. Sauf quand cela concerne Zidane, le chouchou, qui avait reçu l’un des plus beaux hommages à une star du sport en 2006 lors de son dernier match à Bernabeu après avoir annoncé ses adieux en… espagnol, refusant de répondre en français en ce jour particulier, pour montrer son respect au club qui l’a acheté si cher à la Juventus et qui l’a protégé quand ses débuts espagnols furent difficiles. Face à la contestation populaire de ces derniers jours, Florentino Perez, chahuté comme rarement, devait faire un choix fort. Après avoir pensé à Victor Fernandez, plus expérimenté, il a donc sorti son joker, Zinédine Zidane, pour calmer l’enceinte du Paseo de la Castellana qui gronde et un vestiaire qui boude, allergique aux méthodes de Benitez.

Zidane aurait aimé finir la saison avec le Castilla

Restait à savoir si Zinédine Zidane avait vraiment l’envie de succéder ainsi à Benitez en cours de saison ? Officiellement non. Officicieusement non plus. A chaque sortie médiatique, le Français avait été fidèle au coach en place. En privé aussi, Zidane, gagneur, espérait atteindre l’objectif fixé à la tête du Castilla, à savoir la montée. Deuxième de son groupe et bien parti pour participer comme espéré aux barrages, Zidane est parvenu à mettre en place son système avec les jeunes. Pas de surprise : une équipe offensive mais bâtie sur une solide assise défensive. Il espérait aller au bout avec ses « gamins » qu’il jugeait pourtant un peu jeunes en début de saison pour affronter des joueurs beaucoup plus expérimentés et souvent plus solides physiquement. Mais devant le fait accompli, ZZ ne pouvait rien refuser, surtout à l’homme qui l’a amené à vivre à Madrid après une rencontre à Monaco lors d’un gala quelques mois avant la signature historique du Français à Madrid.

Une pression énorme

A 43 ans, Zidane devra désormais vivre avec une pression énorme. Celle de l’entraîneur du Real Madrid. Celle d’un coach du Real Madrid sans autre expérience qu’une équipe de troisième division. Celle d’un « Mister » qui devra à la fois obtenir des résultats avec la manière dans un championnat où l’adversité est immense avec le grand Barça et un Atlético Madrid qui s’impose de plus en plus. Lui qui ne se voyait catégoriquement pas devenir entraîneur au terme d’une carrière de joueur terminée en 2006 va devoir vivre avec ce poids sur les épaules. Il puisera dans ses souvenirs pour prendre le meilleur de chacun des coachs qui l’ont dirigé de Jacquet à Ancelotti en passant par Del Bosque (« j’aurais dû tout noter dans des carnets, nous confia-t-il un jour, mais je ne pensais pas à l’époque que ça me servirait »). Il s’appuiera aussi sur sa formation de manager et celle d’entraîneur pour marcher dans les pas de Didier Deschamps et Laurent Blanc, ses acolytes de France 98.

Un élève attentif

A chaque fois, lors de ses formations, à Limoges ou Clairefontaine, c’est un Zidane attentif qui a surpris ses professeurs, « Le joueur et l’homme sont indissociables et il a toujours été très à l’écoute des gens, des instructeurs, des entraîneurs... Là, c’était la même chose. C’est quelqu’un de très respectueux dans ce domaine-là. A Cannes, pour avoir vu pas mal de joueurs, il est dans les caractéristiques assez étonnantes qui font de lui un auditif. Il écoute et enregistre beaucoup. Il a ses qualités et ses défauts que tout un chacun a mais il a ce don-là qui lui a servi comme joueur qui va lui servir énormément comme entraîneur », confiait récemment son ancien formateur à Cannes, comme joueur, et à la FFF comme entraîneur, Guy Lacombe. Pour l’ancien coach du PSG, ce Zidane-là a la carrure pour briller dans sa nouvelle carrière. Reste maintenant à Zizou à briller et démontrer, comme Johan Cruyff, que si un grand joueur ne devient pas forcément un grand entraîneur, l’inverse est également possible...

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