Zida promet un gouvernement de transition au Burkina Faso

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(Actualisé avec réactions américaine et Union africaine §12-14) par Mathieu Bonkougou et Nadoun Coulibaly OUAGADOUGOU, 3 novembre (Reuters) - Le président par intérim burkinabé, Isaac Zida, a annoncé lundi que l'armée céderait le pouvoir à un gouvernement de transition qui aura à sa tête un dirigeant de consensus. Le président Blaise Compaoré, qui était au pouvoir depuis 1987, a démissionné vendredi après deux journées de grandes manifestations contre son projet d'amender la Constitution pour lui permettre de se représenter à la présidentielle. Il est arrivé samedi en Côte d'Ivoire, a déclaré le gouvernement de ce pays voisin du Burkina Faso. Samedi, l'armée a porté à la tête du pays le lieutenant-colonel Zida, décision critiquée par l'opposition et les pays occidentaux qui aspirent à un retour des civils au pouvoir. Isaac Zida a fait son annonce devant des diplomates et des journalistes dans la capitale Ouagadougou et n'a pas donné de calendrier pour la mise en place du gouvernement de transition. "Les pouvoirs exécutifs seront assumés par un organisme de transition, dans un cadre constitutionnel auquel nous veillerons scrupuleusement", a-t-il dit. "Nous ne sommes pas là pour usurper le pouvoir et diriger le pays mais pour l'aider à se tirer de cette situation", a-t-il ajouté. Son annonce a fait suite à des réunions de crise dimanche soir entre lui-même et les dirigeants de l'opposition, alors que des milliers de personnes avaient manifesté Place de la Nation, dans le centre de la capitale, pour dénoncer sa nomination. RETOUR AU CALME A OUAGADOUGOU En fin de journée, dimanche, l'armée a ouvert le feu alors que la foule marchait en direction des locaux de la radio-télévision nationale (RTB). Un manifestant a été tué. Le calme est revenu dans la capitale burkinabé lundi. Les banques ont rouvert et la circulation a repris dans les artères poussiéreuses de la ville, où le couvre-feu nocturne demeure en vigueur. Avec la nomination d'Isaac Zida, c'est la septième fois depuis l'indépendance de l'ancienne colonie française en 1960 qu'un officier de l'armée devient chef de l'Etat. Bénéwendé Stanislas Sankara, membre du parti d'opposition UNIR/MS, a fait part de son inquiétude face au rôle joué par l'armée. "Nul ne peut accorder sa confiance à l'armée", a-t-il dit. Les Etats-Unis ont fait savoir lundi qu'ils n'étaient, pour l'instant, en mesure de dire si les événements se déroulant dans le pays constituaient un coup d'Etat militaire. "Pour le moment, la constitution exacte du gouvernement de transition au Burkina Faso est une question en suspens", a déclaré Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat. "Nous continuons de réunir des éléments. Nous n'allons pas déterminer une politique ou prendre une position légale à ce stade", a-t-elle ajouté. De son côté, l'Union africaine s'est montrée plus ferme et a annoncé qu'elle donnait 15 jours aux militaires pour restituer le pouvoir à un gouvernement civil, à défaut de quoi elle adopterait des sanctions. ID:nL6N0ST4DJ La constitution du Burkina Faso prévoit qu'en cas de vacance à la tête de l'Etat, l'intérim est confié au président de l'Assemblée nationale et une élection est organisée dans un délai de 90 jours. Mais la chambre a été dissoute par l'armée au soir des violentes manifestations de jeudi dans le cadre de l'état d'urgence brièvement décrété par Compaoré. Et le président de l'Assemblée nationale aurait fui le pays, tout comme d'autres caciques du régime Compaoré. (Mathieu Bonkougou avec Aaron Maasho à Addis-Abbeba et Lesley Wroughton à Washington; Eric Faye pour le service français)

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