Ziad Takieddine demande des garanties à la justice

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ZIAD TAKIEDDINE DEMANDE DES GARANTIES À LA JUSTICE
ZIAD TAKIEDDINE DEMANDE DES GARANTIES À LA JUSTICE

PARIS (Reuters) - L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, dont le domicile a été perquisitionné jeudi dans le cadre de l'enquête sur d'éventuels financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a demandé vendredi des garanties à la justice avant de fournir "des preuves".

L'intermédiaire en contrats d'armements a également annoncé qu'il avait écrit au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour réclamer des sanctions à l'encontre du parquet et du juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke pour l'acharnement judiciaire dont il se dit victime.

La perquisition menée pendant "douze heures" par des policiers de la division nationale des investigations financières et fiscales (DNIFF) à son domicile parisien n'a abouti à rien, a déclaré Ziad Takieddine.

"Pour la cinquième fois consécutive, ma maison a fait l'objet d'études approfondies pour ne rien trouver comme d'habitude parce que ce qu'ils cherchent n'est pas là", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

"Je vous confirme qu'il n'ont rien trouvé" permettant de prouver un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté.

Ziad Takieddine avait annoncé en décembre avoir des preuves du financement par la Libye de cette campagne. Il avait notamment évoqué des rencontres entre Bachir Saleh, secrétaire particulier de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, pour discuter des modalités de ce financement présumé, qui porterait sur un montant total supérieur à 50 millions d'euros.

Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, dont le domicile et le cabinet parisiens ont été perquisitionnés fin février, ont toujours nié ces accusations.

"Les documents existent, j'en ai pris connaissance, ils ne sont pas chez moi mais je peux dire où ils se trouvent à la justice qui viendra me le demander", a déclaré Ziad Takieddine vendredi.

"Ce n'est pas un deal mais il faut que je puisse avoir confiance. Qui me dit que le parquet, quand vous remettez ces documents là, ne va pas emprisonner ceux qui les donnent et les mettre en taule?", a-t-il ajouté.

Selon lui, quatre personnes attendent son feu vert pour recevoir les enquêteurs et leur remettre les documents.

Ziad Takieddine a par ailleurs indiqué qu'il avait déposé une requête auprès du Conseil suprême de la magistrature et du tribunal correctionnel pour demander des sanctions contre le parquet et le juge Van Ruymbeke qu'il accuse de "faire déshonneur à la justice".

Marine Pennetier, édité par Patrick Vignal

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