Zep : « J'ai failli arrêter la bande dessinée »

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Le dessinateur ZEP.
Le dessinateur ZEP.

Le père suisse de Titeuf, Philippe Chappuis, grand prix de la ville d’Angoulême en 2004, délaisse parfois le gamin à mèche auquel il doit son succès pour des œuvres plus réalistes. La dernière, « Un bruit étrange et beau », vient de sortir en librairie.

Je ne serais pas arrivé là si…

… s’il n’y avait pas eu la peur. Par un hasard de calendrier, je suis né à la mi-décembre, donc je suis entré directement en deuxième année de maternelle et j’avais presque un an de moins que les tous les autres élèves. Le premier jour où mon père m’a traîné à l’école, un peu de force, j’ai fichu le camp ! J’avais l’impression qu’il m’avait lâché chez les géants.

C’est parce que le vrai monde me flanquait la trouille que je me suis inventé un monde imaginaire, rigolo. L’humour me rassurait, il me donnait une place auprès des autres, moi le timide, le pas bon en sport. C’est inconscient mais j’ai gardé ce mécanisme : pendant longtemps, je n’ai fait que de la BD d’humour.

C’est donc à l’école que vous avez commencé à dessiner ?

Non, à la maison, je recopiais déjà mes « Astérix », mes « Blueberry », mes « Tintin ». J’avais gravé la cavalerie des « Tuniques bleues » sur le bois du lit des mes parents avec la pointe d’une ceinture. Je me suis fait engueuler, mon père a scié la partie vandalisée.

A l’école, je me suis rendu compte que mon crayon me donnait le pouvoir de désamorcer la violence. Quand j’avais 9 ans, deux copains avaient annoncé qu’ils allaient se taper à la récré. Je les ai dessinés sur un ring, ils ont rigolé, ils ne se sont pas battus.

Je dessinais sur mes cahiers et sur les pupitres. Le grand jeu, avec mon voisin, c’était de gribouiller des trucs obscènes sur le bureau et de les transformer en quelque chose d’acceptable en tr...

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