Zarzis, gare maritime des émigrés tunisiens

le
0
REPORTAGE - Depuis la «révolution du jasmin», ce port du Sud est le passage obligé des jeunes clandestins en partance pour l'Europe.

La place de la Jeunesse, où la «révolution du jasmin» a éclaté à Zarzis, bruisse désormais de mille conciliabules. À voix basse, les marchandages débordent de la terrasse du Relais, le grand café du centre-ville, où se croisent passeurs, pêcheurs et une foultitude de jeunes Tunisiens rêvant de partir pour la France.

Le week-end dernier, alors que s'annonçait une météo clémente enfin propice à une sortie en mer vers l'île italienne de Lampedusa, la plus proche porte d'entrée sur l'Europe, l'excitation était trop grande pour que ce trafic demeure discret. Adossés à leurs voitures de location, les passeurs, jouant avec leurs lunettes de soleil griffées, négociaient leurs derniers prix pour convaincre les retardataires de tenter l'aventure. Un pêcheur, auprès duquel on avait également été introduit, rapportait un peu de pain et de fromage aux clandestins qui se cachaient chez lui depuis deux jours, en attendant le signal du départ. Et puis il y avait ces jeun

...

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant