Yvelines : un CRS aux assises pour avoir exigé des faveurs sexuelles contre l'annulation de PV

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Un CRS en opération dans la Jungle de Calais le 25 octobre 2016 (Illustration) ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )
Un CRS en opération dans la Jungle de Calais le 25 octobre 2016 (Illustration) ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Viols, agressions sexuelles, corruption, exhibition... La liste de faits reprochés à ce CRS dont le procès s'est ouvert ce lundi après-midi 21 novembre devant les assises à Versailles, dans les Yvelines, est longue. Le policier est accusé d'avoir monnayé des faveurs sexuelles contre la promesse de ne pas verbaliser des automobilistes féminines.

L'enquête a débuté en 2013 par la plainte de l'une de ces femmes, qui accusait le fonctionnaire d'exhibition sexuelle. Les permis de conduire ou cartes grises de plusieurs femmes ainsi que des carnets recensant les noms et numéros de nombreuses autres ont été retrouvés chez lui. En tout, une dizaine de victimes a été recensées en région parisienne entre 2010 et 2013. L'accusé avait déjà écopé d'une sanction administrative - une suspension de neuf mois entre 2012 et 2013 - et d'un rappel à la loi pour avoir tenté d'obtenir les faveurs d'une jeune femme en 2011. Depuis, il a été révoqué et est en détention depuis 2013.

Au total, le policier est accusé de deux viols "par personne ayant autorité" sur l'une de ces automobilistes, d'agressions sexuelles contre celle-ci et quatre autres, de corruption passive envers dix d'entre elles et d'exhibition sexuelle devant l'une, en région parisienne. Parmi les dix victimes recensées, six femmes se sont constituées partie civile. Quatre sont venues, faire face à l'accusé.

PAS DES VIOLS, MAIS DES RELATIONS CONSENTIES SELON LUI

"Je ne reconnais pas les viols", ni les atteintes sexuelles, a déclaré cet homme de 37 ans, lunettes, cheveux poivre et sel, pull noir sur chemise blanche, devant la cour d'assises des Yvelines. L'ancien CRS "reconnaît" en revanche d'autres accusations : "la corruption passive", avoir fait des propositions sexuelles à ces femmes en échange de sa clémence, et l'"exhibition" en présence de l'une d'elles. Il concède uniquement "des relations consenties à caractère sexuel" avec certaines, selon son avocat, et assure que plusieurs des femmes l'ont aguiché pour obtenir son indulgence.

Les victimes racontent pour leur part s'être trouvées honteuses, effrayées, voire tétanisées face à l'attitude de ce représentant des forces de l'ordre. La plupart ont croisé la route du CRS à la sortie d'une boîte de nuit des Yvelines, le Pacha Club, à Louveciennes. Après lui avoir notifié l'infraction, presque toujours un taux d'alcoolémie trop élevé, le policier proposait à l'automobiliste un compromis pour s'affranchir du PV. Selon l'accusation, l'homme pouvait minorer d'emblée le taux d'alcoolémie pour paraître conciliant ou appuyer ses propositions de textos pressants. Le verdict est attendu vendredi.

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  • Cambio17 il y a une semaine

    Ils n'ont qu'à lui couper...

  • akarien il y a une semaine

    Annulation de Plus-Values, c'est un bear !

  • d.e.s.t. il y a une semaine

    Tolérance zéro et prison sans remise de peine: c'est le minimum!