Yuwa, pour réécrire l'histoire

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Yuwa, pour réécrire l'histoire
Yuwa, pour réécrire l'histoire

Depuis plus de six ans, Yuwa, une association non gouvernementale, œuvre dans une des régions les plus pauvres d'Inde pour offrir aux filles et aux femmes un avenir différent de celui qui leur est habituellement réservé. Un combat immense contre des adversaires aussi coriaces que le trafic d'humains et le mariage forcé.

Ces petites filles n'ont pas grand chose. Un ballon, dont les patchs sont pour la plupart décollés depuis longtemps. Des chaussures à crampons, pour les plus chanceuses. Mais les crampons sont partis à force de jouer sur de la terre. Les maillots, eux, sont souvent trop grands, poussiéreux, abimés. Comme les shorts, qui ressemblent tantôt à des jupes longues, tantôt à des cyclistes. Les chaussettes sont dépareillés et apportent une touche de couleur supplémentaire à un uniforme déjà très proche de celui d'Arlequin. Bref, l'équipement n'est pas optimal. Les infrastructures non plus. Et c'est normal. Dans le Jharkhand, l'un des États les plus pauvres de toute l'Inde, la priorité du gouvernement n'est pas vraiment le football. Pourtant, pour ces jeunes filles, avoir si peu, c'est déjà avoir énormément. Grâce à Yuwa, et grâce au football, elles ont une chance de réécrire l'histoire, de modifier le destin qui leur est promis, et qui n'est pas des plus plaisants. A l'autre bout du monde, le football, c'est aussi ça.

Slumdog footballers


Le Jharkhand est un État tout récent de l'est de l'Inde. Il a été détaché du Bihar, un autre État, en l'an 2000. Là bas règnent misère et risques sanitaires élevés. Des bidonvilles de Ranchi, la capitale, aux régions rurales ponctuées de mines de fer et de charbon, les jeunes filles partagent toutes un avenir commun. Là bas, six filles sur dix ne vont pas à l'école et se marient dès le plus jeune âge. Des centaines d'entre elles sont échangées, comme de la marchandise, à travers le pays. C'est ici qu'intervient Yuwa. Fondée en 2009, cette organisation non gouvernementale promet aux jeunes filles de la région de "placer leur futur dans leurs mains." Leurs mains, et pas celles des hommes qui décident pour eux. Pour ce faire, le programme de l'organisation se décline de la sorte : football, école, infirmerie et rencontres avec les parents. Un vaste programme, donc, mais dont l'organisation promet qu'il porte déjà ses fruits. Parce que le football couplé à une éducation de qualité, peut-on lire sur le site officiel, permet aux filles de prendre conscience que leur avenir leur appartient.

"Avant de rejoindre Yuwa, j'allais à l'école, mais pas tous les jours. Je ne m'investissais pas beaucoup à l'école parce que je ne savais pas que c'était important. Je ne pensais pas que je pouvais étudier pour changer mon destin. Je ne pensais pas au…




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