Yoyo des marchés américains, rassurés d'avoir un président-élu

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LA RÉACTION DES MARCHÉS FINANCIERS S'EST RETOURNÉE AU FIL DES HEURES
LA RÉACTION DES MARCHÉS FINANCIERS S'EST RETOURNÉE AU FIL DES HEURES

(Reuters) - La réaction des marchés financiers à la victoire du candidat républicain Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, clairement négative initialement, s'est retournée au fil des heures mercredi, les investisseurs semblant soulagés de la désignation d'un locataire pour la Maison blanche et se prenant à espérer qu'il saura faire preuve de pragmatisme.

Dans un premier temps, la réaction des marchés a été vivement négative avec un recul de la plupart des marchés actions et une fuite vers les valeurs refuges : or, franc suisse et yen mais aussi obligations d'Etat.

L'indice Vix de la volatilité des options sur le S&P 500, considéré comme une mesure de l'aversion au risque des investisseurs, a bondi de plus de 10% tandis que le dollar reculait fortement.

Le mouvement s'est progressivement retourné, la devise américaine se reprenant pour évoluer en hausse au moment de la clôture des Bourses européennes qui ont terminé en progression sensible.

Wall Street évolue aussi dans le vert après une ouverture en recul mais sans panique. L'or a cédé une bonne partie de ses gains et l'indice Vix est en baisse de plus de 18%.

Les marchés obligataires ont eux aussi fait volte face, le rendement des Treasuries à 10 ans atteignant près de 2%, au-dessus des niveaux qui prévalaient avant l'élection américaine, après être tombé à un plus bas à 1,72% peu après les premières estimations donnant la victoire à Donald Trump.

"Plus que la défaite de (la candidate démocrate) Hillary Clinton, les marchés américains semblaient redouter une redite des élections de 2000, lorsque cinq semaines avaient été nécessaires pour enfin trancher les résultats de l'élection présidentielle", explique Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas.

La perspective de voir la Fed renoncer à la hausse de taux annoncée pour le mois prochain dans un climat d'incertitude accrue a pu aussi contribuer à ce yo-yo des marchés.

Certains investisseurs estiment même que l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche pourrait se révéler positif pour Wall Street.

"L'une des particularités de la campagne de Trump a été de continuellement créer la surprise. Il est tout à fait possible qu'après cette élection, il surprenne les marché dans un sens positif", écrit Stefan Kreuzkamp, directeur des investissements de Deutsche Asset Management dans une note.

"Nos espoirs reposent sur le pragmatisme de Trump, sa capacité à s'adapter et sa méfiance à l'égard des idéologies. Il existe une chance qu'il laisse les membres du Congrès les plus expérimentés mettre en oeuvre un programme républicain assez classique", poursuit-il.

Pour Florian Ielpo, économiste, et Jeremy Gatto, trader chez Unigestion, le programme de Donald Trump est même favorable au marchés actions américains.

"Ce que nous savons du programme de Trump est remarquablement favorable pour le marché des actions américaines", écrivent-ils dans une note en référence aux baisses d'impôts annoncées pendant sa campagne par le président-élu et à sa volonté de relancer fortement l'investissement.

Cette orientation expansionniste du programme de Donald Trump et ses possibles implications inflationnistes expliquent la remontée des taux longs.

"Ses ambitions en matière de politique étrangère et son opposition au libre-échange sont moins positives à l'échelle internationale, particulièrement pour le monde émergent", préviennent toutefois Florian Ielpo et Jermy Gatto.

L'indice MSCI World a lourdement chuté mercredi sans parvenir à effacer ses pertes, emmené par la Bourse de Mexico pénalisée, comme le peso, par les menaces de Donald Trump de mettre un terme à un accord de libre-échange avec le Mexique et ses demandes de financement par Mexico d'un mur qu'il se propose d'ériger entre les deux pays pour endiguer l'immigration.

"La politique qui sera appliquée demeure extrêmement incertaine", tempère toutefois Alexandra Estiot qui estime que l'attention va maintenant se porter sur la formation de l'équipe gouvernementale, pour laquelle "peu de noms circulent."

Stefan Kreuzkamp prévient d'ailleurs que "la volatilité devrait se poursuivre en raison de la hausse de l'incertitude politique."

(Marc Joanny, édité par Véronique Tison)

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