Youssef Chahed nommé Premier ministre en Tunisie

le , mis à jour à 18:51
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 (Actualisé avec citations, détails, contexte) 
    TUNIS, 3 août (Reuters) - Le président tunisien Beji Caïd 
Essebsi a nommé mercredi Youssef Chahed, un membre de sa famille 
élargie, au poste de Premier ministre à l'issue d'une nouvelle 
séance de consultations au palais présidentiel.  
    Youssef Chahed, un ingénieur agronome de 41 ans qui a été 
formé et a enseigné en France, va succéder à Habib Essid, qui a 
perdu le week-end dernier la confiance du Parlement. 
    Ministre des Affaires locales dans le gouvernement sortant, 
Youssef Chahed est aussi le neveu du beau-fils de Beji Caïd 
Essebsi, selon les médias tunisiens et des sources au sein de 
Nidaa Tounes, le parti du chef de l'Etat. 
    Cette nomination devrait relancer les accusations de 
népotisme visant Beji Caïd Essebsi, déjà soupçonné par 
l'opposition et des membres de son propre parti de vouloir 
favoriser l'accession au pouvoir de son fils, Hafed. 
    Avant même qu'il ne soit confirmé, le choix de Youssef 
Chahed avait été dénoncé par des opposants, certains disant y 
voir un retour aux pratiques de l'autocrate Zine el Abidine Ben 
Ali, renversé en 2011.   
    "Le président m'a confié un gouvernement d'union nationale. 
Cela est également un message de confiance pour la jeunesse", a 
commenté Chahed devant la presse. "Dans cette période délicate, 
nous avons besoin de beaucoup de décisions audacieuses", a-t-il 
ajouté. 
    "Nos priorités seront la lutte contre la corruption, gagner 
la guerre contre le terrorisme, favoriser la croissance et 
l'équilibre des finances publiques", a-t-il précisé. 
    Chahed a démenti les informations selon lesquelles il 
entretenait des liens familiaux avec Essebsi, affirmant être 
seulement un parent éloigné du chef de l'Etat. 
    Le parti islamiste Ennahda et la formation Nidaa Tounes, qui 
soutient le président Essebsi, possèdent ensemble la majorité 
des sièges au Parlement et composent la coalition 
gouvernementale.  
    La nomination de Youssef Chahed devrait être entérinée par 
les députés et le nouveau Premier ministre a 30 jours pour 
constituer son cabinet. 
    Les rivalités au sein de la coalition, ainsi que les 
attaques terroristes, ont ralenti les progrès économiques 
nécessaires à un apaisement des tensions sociales alimentées par 
un fort chômage des jeunes. 
    Le nouveau chef du gouvernement va faire face à des 
pressions en faveur de réformes réclamées par les créanciers 
internationaux de la Tunisie tels que le FMI et la Banque 
mondiale. 
    Parmi ces réformes figurent une refonte de l'investissement 
et des règles budgétaires, une réduction des subventions 
publiques et un soutien à l'emploi. 
    De nombreux jeunes vivant dans le centre et le sud de la 
Tunisie, régions encore fortement structurées autour d'une 
économie rurale, se sentent abandonnés par les autorités de 
Tunis. 
     
     
     
 
 (Tarek Amara; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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