Youri Djorkaeff : "Mes grands-parents ont vu des atrocités"

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On retrouve Youri Djorkaeff dans un café chicos de Midtown Manhattan, où il a ses habitudes. Il arrive avec le portable à l'oreille. Son fils Oan, en centre de formation à Évian Thonon Gaillard, est au téléphone. "Les occasions de parler sont trop rares", dit-il. Youri est comme on l'imagine : souriant, décontracté. Il s'installe sur la banquette et commande un thé vert. Retraité du foot depuis 2006, quand il a raccroché les crampons de son dernier club, les New York Metrostars, le champion du monde a refait sa vie aux États-Unis. Les heures exaltantes de l'Inter, du PSG, de Monaco et de l'équipe de France sont derrière lui, mais l'appel de la pelouse reste fort pour "The Snake", qui pourrait bien y succomber à nouveau.

Ton truc, quand tu étais gamin, ce n'était pas le foot, mais le judo et la natation. Le foot était dans ma famille par mon père et mon grand frère. Pour moi, le foot est venu petit à petit, grâce à mon grand frère qui jouait en Division 3. On jouait souvent ensemble dans le jardin. J'allais taper le ballon avec lui. Comme tous les grands frères, il me mettait dans le but et frappait. J'ai commencé à jouer avec les plus grands à l'UGA Décines (club d'Arméniens en banlieue lyonnaise, ndlr), le club où j'ai eu ma première licence. Mon père était entraîneur. Il y avait tous les gars du quartier. On jouait dans la rue et puis, à 17h, on allait à l'entraînement. Il faut remettre tout ça dans son contexte : aujourd'hui, il y a des jeux vidéo, internet. Nous, quand on a commencé, il y avait les vélos et le foot. On faisait des buts avec les plots. On aimait bien "chiller" tous ensemble. Après l'école, on faisait les devoirs à l'arrache et on sortait jouer. J'aimais jouer au foot, mais j'aimais surtout être avec les grands. Le foot m'a pris petit à petit. Je n'ai jamais eu la révélation du foot. Certes, j'allais regarder les matchs, je soutenais une équipe comme tous les gosses, j'accompagnais mon frère qui était un vrai mordu, mais je faisais plus du foot par plaisir. Mon truc, c'était plutôt les sports perso.
À quel moment est-ce que le foot est devenu une ambition pour toi ? Quand j'ai commencé à faire des essais pour entrer dans les centres de formation. J'étais en moins de 15 ans à Villeurbanne, un club très regardé par les recruteurs. J'étais un très bon joueur là-bas. J'ai eu beaucoup de propositions. J'ai compris que le foot pouvait devenir important.
Ton père t'a encouragé à te lancer ? C'était une ambition individuelle. Et c'est pour ça que ça a marché. J'espère que ça sera comme ça pour mon fils, qui est en formation à Philadelphie. Dans ce sport, quand tu es jeune, tu as beaucoup de désillusions. J'en ai eu tout au long de ma carrière. Il faut vraiment vouloir réussir pour s'accrocher. Mais mon père m'a conseillé pendant toute ma carrière. C'était un privilège de l'avoir à mes côtés. Il assistait à quasiment tous les matchs. Il regardait, critiquait, rectifiait, me donnait sa vision du terrain. J'ai beaucoup appris en écoutant mon...


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