Yohann Diniz : " C'est la fatalité "

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Yohann Diniz : " C'est la fatalité "
Yohann Diniz : " C'est la fatalité "

Victime d'une pubalgie et opéré ce jeudi, Yohann Diniz a dû renoncer aux Mondiaux de Pékin (22-30 août), mais le marcheur prend la situation avec philosophie. Cette blessure, qui le gênait depuis des mois, lui permettra d'arriver plus frais en 2016, année olympique.

Yohann Diniz, on imagine que c’est une immense déception de renoncer aux Mondiaux de Pékin après un très bon début de saison...
Oui, bien sûr. C’est une déception car j’étais sur une bonne dynamique depuis la fin de saison dernière. Malheureusement, depuis le mois d’avril, je ressentais cette douleur, qu’on a essayé de soigner. Elle n’a pas voulu guérir donc j’ai été obligé de mettre un terme à ma saison. Je vais subir une opération chirurgicale pour être sur pied le plus vite possible et préparer les Jeux Olympiques. Je n’y arrivais plus, j’avais vraiment mal. Je n’arrivais pas à faire plus de 10km, donc pour faire 50km, c’était un peu juste.

Il n’avait pas d’autres moyens que de passer par l’opération ?
Non. Il n’y a pas d’autres moyens, puisque j’ai une pubalgie et un problème au niveau du ligament inguinal. Il n’y a que l’opération qui peut soigner ça. Il faut la faire rapidement, car les délais de récupération sont de trois mois. Il faut ensuite partir sur une phase de réathlétisation début septembre, dans un centre de rééducation, pour remarcher normalement.

Le forfait, presqu’un soulagement

A 37 ans, pensez-vous pouvoir récupérer facilement de cette opération ?
Je pense qu’il n’y a aucun problème là-dessus. L’année dernière, je m’étais fracturé le calcanéum (os du pied, ndlr) et j’ai été champion d’Europe en battant le record du monde. Le psychologique prend une grande part sur la récupération. Je ne me pose pas plus de questions que ça, car j’ai fait une bonne saison jusqu’à mon forfait, je récupérais bien à toutes les séances, j’ai battu le record du monde du 20km. Tous les voyants étaient au vert. Il faudra que je sois vigilant sur cette phase de récupération, ne pas essayer de brûler les étapes, mais revenir progressivement, afin d’être à 100% aux Jeux Olympiques.

On ne ressent pas trop d’abattement chez vous, alors que ce forfait est un vrai coup d’arrêt...
Non, parce que je m’y attendais. Quand on a une douleur depuis le mois d’avril, qu’on a beau tout faire d’un point de vue médical (osthéo, kiné, soins...), et qu’on voit que ça ne passe pas, on se dit qu’il y a un problème. A la limite, c’est plus un soulagement de se dire qu’il y avait bien quelque chose et qu’il faut prendre le taureau par les cornes pour éradiquer ce mal rapidement. A force, c’était psychologiquement usant. Maintenant, on est relâché, on sait ce qu’on a, on sait qu’il y a des choses à faire derrière.

Finir une bonne note aux Mondiaux de Londres

C’est finalement mieux que ça arrive cette année, et pas en 2016, année olympique...
Oui. C’est sûr que j’aurais aimé briller aux championnats du monde, car je n’y ai eu qu’une médaille, en 2007 (en argent, ndlr). Cette année, je faisais figure de favori sur le 50km et je me sentais vraiment en bonne forme, c’était plutôt encourageant. Tant pis, c’est la fatalité, mais je préfère que ça tombe là que l’année des Jeux Olympiques. Et puis, ça va me permettre de repousser ma carrière un an plus tard, aux championnats du monde 2017 de Londres. Je ne peux pas finir sur la note de Moscou (10eme lors des derniers Mondiaux, en 2013, ndlr), et même si les JO de Rio se passent bien, il faut que je termine à Londres, car ça ne s’était pas bien passé pour moi en 2012 (disqualifié, ndlr). Ce sera une belle fin, comme ça.

Comment expliquez-vous cette hécatombe chez les athlètes français (Tamgho, Mekhissi, Lesueur...) ?
Il y a beaucoup de fatalité. Après, les performances sont de plus en plus élevées. On s’impose des quantités d’entraînement. Ca passe, mais à un moment, ça peut casser. Cette année, ça a cassé pour pas mal de personnes, en plus ce sont de potentiels médaillables. On doit être tout le temps au top, et comme on fait un sport assez traumatisant, que ce soit sur la route ou le tartan, ce sont nos muscles et nos tendons qui amortissent. Il faut mieux que ça tombe là que l’année prochaine. Ce n’est pas un mal pour un bien, mais ça nous permettra à tous de repartir avec une bonne fraicheur, on aura tous les dents longues, et on espère briller aux Jeux.

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