Yingluck Shinawatra doit démissionner, dit la Cour thaïlandaise

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LA COUR CONSTITUTIONNELLE THAÏLANDAISE JUGE QUE LE PREMIER MINISTRE DOIT DÉMISSIONNER
LA COUR CONSTITUTIONNELLE THAÏLANDAISE JUGE QUE LE PREMIER MINISTRE DOIT DÉMISSIONNER

par Amy Sawitta Lefevre

BANGKOK (Reuters) - La Cour constitutionnelle thaïlandaise a estimé mercredi que la Première ministre Yingluck Shinawatra avait violé la Constitution et devait de ce fait démissionner, tout comme les ministres liés à la mutation d'un haut responsable découlant, selon cette instance, d'un abus de fonction.

Yingluck Shinawatra serait remplacée à la tête du gouvernement par l'actuel ministre du Commerce, Niwatthamrong Boonsongphaisan, a déclaré le gouvernement, qui a dit maintenir son projet d'élections législatives pour le 20 juillet. Cette date n'a toutefois pas encore été officiellement entérinée et l'opposition devrait de nouveau s'opposer à la tenue de ce scrutin.

"Le gouvernement a décidé que Niwatthamrong Boonsongphaisan assumerait la fonction en remplacement de la chef du gouvernement Yingluck", a déclaré le ministre de la Justice, Pongthep Thepkanjana, lors d'une conférence de presse.

Les juges de la cour ont déclaré que Yingluck Shinawatra avait abusé de ses pouvoirs en transférant le chef du Conseil national de sécurité, Thawil Pliensri, à une autre fonction en 2011, afin qu'un de ses proches puisse bénéficier de ce jeu de mutations.

"L'accusée a joué un rôle dans la destitution de Thawil Pliensri de son poste de chef du Conseil national de sécurité", a dit le juge en annonçant le verdict, ajoutant que cela avait été fait "afin de Priewpan Damapong, un proche de l'accusée, soit élevé à une nouvelle fonction".

"L'accusée a agi pour son propre profit politique(...). Le transfert n'a pas été effectué pour le profit de la nation", a ajouté le magistrat.

VERDICT SANS SURPRISE, SELON LES "CHEMISES ROUGES"

La chef du gouvernement, qui nie toute malversation dans ce dossier, s'est défendue d'avoir pris seule la décision de démettre Thawil Pliensri, expliquant que celle-ci avait été prise en conseil des ministres.

La Cour constitutionnelle a précisé que les ministres impliqués eux aussi dans la violation de la Constitution devraient démissionner, et que les autres pourraient rester en place.

Yingluck Shinawatra, soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, est confrontée depuis six mois à des manifestations dans la capitale, Bangkok. Les manifestants n'ont pas réussi dans la rue à faire chuter le gouvernement et ont engagé pour ce faire des procédures judiciaires.

Les partisans de Yingluck accusent la Cour constitutionnelle de partialité car elle a fréquemment rendu des arrêts contraires au gouvernement. En 2008, cette même cour avait contraint à la démission deux Premiers ministres liés à Thaksin.

"Nous nous attendions à ce verdict. Tout ce que nos ennemis font, c'est paralyser le processus démocratique", a déclaré Jatuporn Prompan, dirigeant des "chemises rouges" - les partisans de Yingluck Shinawatra.

"La Cour a choisi une voie médiane. Elle aurait pu limoger l'ensemble du gouvernement mais elle a préféré ne destituer qu'elle (la chef du gouvernement) et les ministres responsables du transfert", a ajouté Jatuporn Prompan.

(Eric Faye pour le service français, édité par Marc Angrand)

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