Yingluck Shinawatra arrêtée par l'armée thaïlandaise

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L'EX-PREMIER MINISTRE THAÏLANDAISE ARRÊTÉE PAR L'ARMÉE
L'EX-PREMIER MINISTRE THAÏLANDAISE ARRÊTÉE PAR L'ARMÉE

par Amy Sawitta Lefevre et Pracha Hariraksapitak

BANGKOK (Reuters) - L'ex-Premier ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra et plusieurs membres de sa famille ont été arrêtés vendredi par l'armée, un peu plus de vingt-quatre heures après le coup d'Etat militaire.

"Nous avons placé Yingluck en détention, ainsi que sa soeur et son beau-frère", a déclaré un responsable militaire à Reuters, ajoutant que l'ancienne dirigeante devrait être maintenue en détention moins d'une semaine.

"Nous devons juste organiser d'abord les choses dans le pays et nous ne pouvons pas révéler le lieu de sa détention", a-t-il ajouté. Selon la presse, Yingluck est détenue à l'intérieur d'une base militaire dans la province de Saraburi, au nord de Bangkok.

Deux jours après avoir instauré la loi martiale, l'armée a pris le pouvoir jeudi, justifiant ce nouveau coup d'Etat par la nécessité de rétablir l'ordre après six mois de contestations politiques et de procéder à des réformes institutionnelles.

Yingluck Shinawatra, contestée depuis le mois de novembre, a été évincée de son poste le 7 mai par la Cour constitutionnelle pour abus de pouvoir. Mais son remplacement par un cabinet provisoire dirigé par son ex-ministre du Commerce Niwatthamrong Boonsongphaisan n'a pas fait retomber la tension, et le gouvernement intérimaire a été déposé par les militaires.

PROMESSES DE RÉFORMES

Yingluck Shinawatra est la soeur de Thaksin Shinawatra, qui a lui-même gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être victimes d'un précédent coup d'Etat militaire en 2006 et de s'exiler.

Elle avait été convoquée vendredi par les militaires qui lui avaient déjà interdit, ainsi qu'à 154 autres responsables politiques et militants, de quitter le pays.

Le chef de l'armée, le général Prayuth Chan-ocha, a également réuni autour de lui vendredi des centaines de fonctionnaires pour leur demander leur aide.

"Avant les élections, il nous faut des réformes économiques, sociales et politiques", leur a-t-il dit. "Dès que la situation sera pacifiée, nous sommes prêts à rendre le pouvoir au peuple", a-t-il ajouté.

La censure a été imposée aux médias et un couvre-feu nocturne, de dix heures du soir à cinq heures du matin, a été imposé dans tout le pays.

Bangkok était en garde partie calme vendredi et la vie semblait suivre son cours normal. Seules quelques centaines de personnes, notamment des étudiants, se sont rassemblées malgré l'interdiction dans un quartier commerçant du centre-ville pour demander le départ des "dictateurs". Ils ont été dispersés par 200 soldats.

A Chiang Mai, le fief de Thaksin dans le nord du pays, 80 manifestants ont dénoncé le coup d'Etat et réclamé des élections.

(Avec Panarat Thepgumpanat; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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