Yemen-Les Houthis vont mettre en place une forme de gouvernement

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    DUBAI, 28 juillet (Reuters) - Les Houthis, principale 
communauté, chiite, du Yemen, et le parti de l'ancien président 
Ali Abdallah Saleh ont annoncé jeudi leur intention de mettre 
sur pied un conseil gouvernemental pour diriger le pays, signe 
de leur impatience face au peu d'avancées d'un processus de paix 
piloté par les Nations Unies à Koweït. 
    Des responsables du gouvernement du président Abd-Rabbou 
Mansour Hadi ont estimé que cette initiative sapait les efforts 
diplomatiques pour mettre fin à une violente guerre civile, qui 
a notamment entraîné une entrée dans le conflit d'une coalition 
emmenée par l'Arabie saoudite et provoqué une crise humanitaire. 
    "La déclaration des Houthis et de Saleh faite aujourd'hui 
est un message adressé au monde disant qu'ils ne sont prêts ni à 
faire la paix ni à épargner au Yemen de nouvelles destructions", 
a déclaré Abdel Aziz al Djoubari, vice-Premier ministre du 
président Hadi, à la chaîne de télévision al Hadath, basée à 
Dubai. 
    L'annonce des Houthis, qui bénéficient du soutien de l'Iran, 
et du Congrès général du peuple, le parti d'Ali Abadallah Saleh, 
pourrait remettre en péril un fragile cessez-le-feu entré en 
vigueur en avril, entraînant une certaine réduction de 
l'intensité du conflit. 
    Vers la mi-juillet, à en croire des délégués, les 
négociations parrainées par les Nations unies visant à mettre un 
terme à près de 16 mois de conflit au Yémen semblaient avoir 
repris au Koweït, malgré les menaces des représentants du 
gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite de ne pas y 
participer. 
    Depuis le cessez-le-feu du mois d'avril, instauré au début 
de ces négociations, des affrontements se sont toutefois 
poursuivis dans plusieurs zones du pays où les islamistes ont 
tiré parti du vide en matière de sécurité pour commettre une 
série d'attentats. 
    Les négociations au Koweït réunissent les Houthis et le 
gouvernement reconnu par la communauté internationale. Peu de 
progrès ont été enregistrés en plus de deux mois de discussions. 
    Selon un communiqué publié par l'agence de presse des 
Houthis, sabanews.net, le nouvel conseil gouvernemental 
fonctionnera sur le principe d'une direction tournante, avec un 
président et un vice-président de chacun des alliés participant 
à cette instance. 
    L'accord annonçant la mise en place d'une telle structure 
évoque, selon sabanews.net, l'incapacité de la communauté 
internationale à "contenir l'arrogance de l'Arabie saoudite" 
comme un facteur important ayant pesé dans la décision de 
délaisser les négociations de paix. 
    Les Houthis se sont emparés de Sanaa en septembre 2014 et 
ont étendu par la suite leur emprise vers le sud et Aden, 
précipitant le départ en exil du gouvernement du président Hadi 
avant l'intervention, en mars 2015, d'une coalition constituée 
par l'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe. 
    Les forces houthis associés aux fidèles d'Ali Abadallah 
Saleh détiennent aujourd'hui l'essentiel de la partie Nord du 
pays tandis que les forces du président Abd-Rabbou Mansour Hadi, 
alliées à des séparatistes du sud et plusieurs tribus, en 
contrôlent le reste. 
    Le conflit a déjà fait plus de 6.400 victimes, des civils 
pour près de la moitié, et entraîné le déplacement de plus de 
2,5 millions de personnes. 
 
 (Mohammad Ghobari, avec la contribution d'Ahmed Tolba au Caire, 
Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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