Yémen: Embargo de l'Onu sur les armes à destination des Houthis

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par Michelle Nichols et Louis Charbonneau NATIONS UNIES, 14 avril (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé mardi un embargo ciblé sur les armes à destination des rebelles chiites Houthis qui tiennent la majeure partie du Yémen et de leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh. La Russie, qui dispose d'un droit de veto et entretenait le doute sur l'attitude qu'elle adopterait, a finalement opté pour l'abstention. Les 14 autres membres du Conseil ont voté pour. Le texte, rédigé par la Jordanie et plusieurs pays du Golfe, sanctionne en outre le chef de la milice chiite, Abdoulmalik al Houthi, et Ahmed Saleh, ex-chef de la Garde républicaine et fils de l'ancien président Saleh, d'un gel de leurs avoirs à l'étranger et d'une interdiction de visas. L'ex-chef de l'Etat, dont les fidèles au sein de l'armée ont pris fait et cause pour les Houthis, a déjà été sanctionné en novembre par le Conseil de sécurité, tout comme Abd al Khaliq et Abdallah Yahya al Hakim, deux chefs de la milice que la coalition sunnite formée par l'Arabie saoudite bombarde depuis le 26 mars. L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a regretté à l'issue du vote que les pays à l'origine de la résolution n'aient pas retenu plusieurs observations présentées par Moscou, dont un appel au cessez-le-feu immédiat lancé à toutes les parties impliquées dans le conflit et à l'ouverture de pourparlers de paix. "Nous avons insisté sur le fait que l'embargo sur les armes devait être global", a déploré le diplomate russe. "La résolution adoptée ne doit pas servir à une nouvelle escalade du conflit armé", a-t-il ajouté. Le Yémen est devenu le dernier terrain d'affrontements en date entre les deux grandes puissances régionales, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. Ryad et ses alliés sunnites ont déclenché le 26 mars une offensive aérienne pour tenter d'enrayer la progression des Houthis, qui s'appuient sur Téhéran. (voir ID:nL5N0XB3GZ ) LE RÔLE DE SALEH La résolution 2216 interdit "la fourniture, la vente et le transfert directs ou indirects" d'armes à Abdoulmalik al Houthi, Ali Abdallah Saleh, Ahmed Saleh, Abd al Khaliq et Abdallah Yahya al Hakim ainsi qu'"à ceux qui agissent en leur nom ou sous leur direction au Yémen", c'est-à-dire aux Houthis et aux membres de l'armée yéménite restés fidèles à Saleh. Elle exige également que les Houthis se retirent de toutes les zones dont ils ont pris le contrôle, y compris de la capitale Sanaa qu'ils tiennent depuis le mois de septembre, et s'abstiennent de "toute nouvelle action unilatérale". Le Conseil de sécurité se dit par ailleurs préoccupé par "l'action déstabilisatrice menée par l'ancien président Ali Abdallah Saleh, notamment son soutien à l'action des Houthis, qui continue de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité au Yémen". Ecarté du pouvoir en 2012 en vertu d'un plan de transition négocié par les pays du Golfe, l'ex-président Saleh est soupçonné d'orchestrer en coulisses la crise actuelle. (voir ID:nL6N0WS5UY ) Dans son propre projet de résolution, la Russie réclamait des "pauses humanitaires régulières et obligatoires dans les frappes aériennes" pour permettre l'évacuation de ressortissants étrangers. Le texte adopté mardi "prie le secrétaire général (de l'Onu Ban Ki-moon) de redoubler d'efforts en vue de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation, y compris au besoin par l'instauration de pauses humanitaires". (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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