Yellen parle de hausse de taux en 2015 mais souligne les risques

le , mis à jour à 20:08
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(Actualisé avec précisions, nouvelles citations, réaction des marchés) CLEVELAND, 10 juillet (Reuters) - La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, a déclaré vendredi s'attendre à ce que la banque centrale entame d'ici la fin de l'année le relèvement de ses taux d'intérêt mais elle a souligné à la fois le risque de faiblesse persistante de l'emploi et celui d'un retour croissant de la main d'oeuvre sur le marché du travail. Dans un discours prononcé à Cleveland (Ohio), elle n'a donné aucun indice sur la possibilité que la Fed relève ses taux plus d'une fois au cours des quatre réunions de politique monétaire prévues d'ici la fin décembre. Elle a expliqué que l'économie américaine devrait connaître une croissance régulière d'ici la fin de l'année, ce qui permettrait à la Fed de relever ses taux pour la première fois depuis près de dix ans. "Je m'attends à ce qu'il soit approprié, à un moment donné d'ici la fin de l'année, de franchir la première étape du relèvement du taux des fonds fédéraux et d'entamer ainsi la normalisation de la politique monétaire", a-t-elle dit lors d'un événement organisé par le City Club de Cleveland. "Mais je veux souligner que l'évolution de l'économie et de l'inflation reste très incertaine (...) Nous serons vigilants afin de voir si la situation du marché du travail continue de s'améliorer et nous devrons être raisonnablement confiants dans le retour de l'inflation à 2% au cours des prochaines années", a-t-elle ajouté. Les rendements des obligations d'Etat américaines et le dollar étaient en hausse après ces déclarations, tandis que Wall Street réduisait légèrement sa progression. LA PREMIÈRE HAUSSE DE TAUX AURAIT UN IMPACT FAIBLE Pour la présidente de la banque centrale, en dépit de l'amélioration observée depuis plusieurs années sur le front de l'emploi, le marché américain du travail reste caractérisé par une proportion élevée de postes à temps partiel et par la faiblesse persistante du taux de participation (la part de la main d'oeuvre qui occupe ou recherche activement un emploi). La faiblesse du taux de chômage "ne traduit pas totalement l'étendue des capacités inemployées", a-t-elle poursuivi. "Je crois qu'un nombre important d'individus ne sont toujours pas en train de chercher du travail parce qu'ils ont le sentiment de manquer d'opportunités d'emploi intéressantes et qu'une amélioration de la situation économique conduirait certains d'entre eux à revenir sur le marché du travail." Les responsables de la Fed ont laissé entendre ces dernières semaines qu'ils se préparaient à l'éventualité d'une première hausse de taux en septembre. Mais certains événements récents, en particulier la chute des marchés financiers chinois et la confusion en Grèce, susceptibles d'avoir un impact sur la conjoncture aux Etats-Unis, ont suscité des interrogations sur ce scénario. Certains investisseurs estiment désormais que la première hausse des taux pourrait donc attendre 2016. Janet Yellen a précisé que le premier relèvement du taux des "fed funds" devrait avoir un impact faible sur le caractère accommodant de la politique monétaire et que le mouvement de hausse des taux ne serait que graduel par la suite. (Howard Schneider, Marc Angrand pour le service français)

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